Skáldskaparmál, 75

75. Hrafnsheiti ok arnar.

Tveir eru fuglar þeir, er eigi þarf at kenna annan veg en kalla blóð eða hræ drykk þeira eða verð. Þat er hrafn ok örn. Alla aðra fugla karlkennda má kenna við blóð eða hræ, ok er þat þá nafn örn eða hrafn, sem Þjóðólfr kvað:

267.
Blóðorra lætr barri
bragningr ara fagna.
Gauts berr sigð á sveita
svans örð konungr Hörða.
Geirs oddum lætr greddir
grunn hvert stika sunnar
hirð, þat er hann skal varða,
hrægamms ara sævar.

Þessi eru nöfn hrafns: krákr, Huginn, Muninn, borginmóði, árflognir, ártali, holdboði. Svá kvað Einarr skálaglamm:

268.
Fjallvönðum gaf fylli,
fullr varð, en spjör gullu,
herstefnandi hröfnum,
hrafn á ylgjar tafni.

Svá kvað Einarr Skúlason:

269.
Dolgskára kná dýrum
dýrr magnandi stýra,
Hugins fermu bregðr harmi
harmr, bliksólar garmi.

Ok enn sem hann kvað:

270.
En við hjaldr, þar er hölðar,
hugþrútit svellr, lúta,
Muninn drekkr blóð ór benjum
blásvartr, konungs hjarta.

Sem kvað Víga-Glúmr:

271.
Þá er dynfúsir dísar
dreyra mens á eyri,
bráð fekk borginmóði
blóðs, skjaldaðir stóðum.

Sem Skúli kvað Þorsteinsson:

272.
Myndit efst, þar er undir
árflogni gaf ek sárar,
Hlökk í hundraðs flokki
Hvítinga mik líta.

Örn heitir svá: ari, gemlir, hreggskornir, eggðir, ginnarr, undskornir, gallópnir. Sem Einarr kvað:

273.
Sámleitum rauð sveita,
sleit örn gera beitu,
fekksk arnar matr járnum,
Járnsöxu grön faxa.

Sem Óttarr kvað:

274.
Örn drekkr, undarn
ylgr fær, af hræum sylg,
oft rýðr ulfr köft,
ari getr verð þar.

Sem Þjóðólfr kvað:

275.
Segjöndum fló sagna
snótar ulfr at móti
í gemlis ham gömlum
glamma ó fyr skömmu.

Ok sem hér er:

276.
Hreggskornis vil ek handa
háleitan mjöð vanda.

Ok enn sem Skúli kvað:

277.
Vaki ek þat er val heltk ekka
víðis áðr ok síðan,
greppr hlýðir þá góðu,
gallópnis vel, spjalli.


75. Les heiti du corbeau et de l’aigle.

Deux sont ces oiseaux, dont il n’est pas nécessaire d’enseigner autrement que d’appeler le sang ou les cadavres leur breuvage ou leur nourriture. Ce sont le corbeau et l’aigle. Tous les autres oiseaux masculins (karlkennda1) peuvent être désignés par le sang ou les cadavres et dans ce cas leurs noms sont alors des noms d’aigle ou de corbeau, comme Þjóðólfr l’a chanté :

267.
Au sanglant-coq-de-bruyère-noir2 laissa les aiguilles3
réjouissantes de l’aigle[,] le Hoir-de-Bragi4.
La faucille de Gautr est portée contre les troupes
sur le blé des cygnes5 par le konungr des Hörðar [Haraldr].
Est fait en sorte de laisser avide des pointes de Geir
chacun des bas-fonds enjambés au Sud
sa suite [royale]6, qu’il se doit de couver,
[tel] le nourrisseur-du-vautour-de-cadavres de la mer de l’aigle7.

Ceux-ci sont les noms du corbeau (hrafn) : krákr8 (Croassant/Corbeau), Huginn9 (Pensée/Esprit), Muninn10 (Mémoire), borginmóði11 (Forteresse-de-Móði), árflognir12 (Celui-qui-a-volé-tôt), ártali13 (le compteur-des-jours), holdboði14 (Héraut-de-chair). Ainsi chanta Einarr skálaglamm :

268.
Aux errants-des-montagnes15 la nourriture fut donnée,
rassasiés, tandis que les lances retentirent,
par le rassembleur-d’armée16 aux corbeaux,
fut le corbeau sur le butin17 de la louve (ylgr).

Ainsi chanta Einarr Skúlason :

269.
Aux nobles18 mouettes-de-la-bataille19 sait
le noble magnifiant diriger,
des puissants d’Huginn détourne la peine20
endeuillée21, le soleil-étincelant (bliksólar) de Garmr22.

Et encore comme il chanta :

270.23
Et pendant l’affrontement, en ce lieu où les hölðar24,
enflé-[est-il]-de-courage25 [et se] gonfle2627…, s’inclinent (les hölðar),
depuis les blessures est bu le sang par Muninn
le bleu-noir28,… le cœur du konungr.

Comme le chanta Víga-Glúmr :

271.
Alors que les avides-du-tumulte29 des dísar
du joyau de sang [étaient] sur le rivage,
borginmóði30 [lui] [fut en mesure] de s’emplir d’un repas
du sang, [tandis] que nous nous tenions boucliers levés
[sous la pluie de flèches].

Comme l’a chanté Skúli Þorsteinsson :

272.
J’aurais pu [être] au plus haut, là où [pourtant c’est] dessous
celui-qui-vole-sur-les-rames31que je donnai les blessures,
La Hlǫkk32 de la troupe des cents
des cornes-blanches-à-boire33 me regarda…

L’aigle34 (örn : volatile de haut vol) est ainsi nommé : ari (volant), gemlir35 (criard), hreggskornir36 (taillé-par-la-tempête), eggðir37 (aiguillonneur), ginnarr38 (l’ensorceleur), undskornir39 (taillé-en-dessous), gallópnir40 (du crieur-strident).

273.
Rougies les troupes à l’apparence-semblable41,
l’aigle (örn) qui déchira l’appât42 de Geri,
l’aigle qui eu sa pitance de fer,
[et] les moustaches du destrier43 de Járnsaxa.

Comme le chanta Óttarr :

274.
L’aigle (örn) boit, [et] scène-étrange44
la louve (ylgr) reçoit, de la chaire-morte45 une gorgée,
souvent [où] le loup (ulfr) ensanglante ses babines,
là le volant (ari) obtient son repas.

Comme Þjóðólfr le chanta :

275.
Des conteurs de sagas fila
le loup46 (ulfr) des Dames47 à leur rencontre
sous la forme d’un vieux gemlir
non sans fracas48 tout récemment.

Et comme c’est ici :

276.
Au fendeur-de-tempête49 je veux pour [lui]
un hydromel50 de haute-parole51 [particulièrement]-soigné.

Et encore comme Skúli chanta :

277.
J’éveille ce qui pour élection52 j’ai tenue moi-même
au Saule53 autrefois et maintenant encore,
l’empoigné54 écoute ceux-là55 avec soin,
[ceux] de l’harmonieux crieur-strident56, l’ami-du-récit57 [de la bataille].


LIX. « Two are those birds which there is no need to periphrase otherwise than by calling blood and corpses their Drink and Meat: these are the raven and the eagle. All other male birds may be periphrased in metaphors of blood or corpses; and then their names are terms of the eagle or the raven. As Thjódólfr sang:

The Prince with Eagle’s Barley
Doth feed the bloody moor-fowl:
The Hörd-King bears the sickle
Of Odin to the gory Swan’s crop;
The Sater of the Vulture
Of the Eagle’s Sea of corpses
Stakes each shoal to the southward
Which he wards, with the spear-point.

These are names of the raven: Crow, Huginn,[1] Muninn,[1] Bold of Mood, Yearly Flier, Year-Teller, Flesh-Boder.

  1. For the meaning of these names (which are those of Odin’s Ravens), see Gylfag., ch. xxxviii.

Thus sang Einarr Tinkling-Scale:

With flesh the Host-Convoker
Filled the feathered ravens:
The raven, when spears were screaming,
With the she-wolf’s prey was sated.

Thus sang Einarr Skúlason:

He who gluts the Gull of Hatred,
Our precious lord, could govern
The sword; the hurtful raven
Of Huginn’s corpse-load eateth.

And as he sang further:

But the King’s heart swelleth,
His spirit flushed with battle,

Where heroes shrink; dark Muninn
Drinks blood from out the wounds.

As Víga-Glúmr sang:

When stood the shielded Maidens
Of the gory sword, strife-eager,
On the isle; the Bold of Mood then
Received the meat of wound-blood.

As Skúli Thorsteinsson sang:

Not the hindmost in the hundred
Might Hlökk of horns have seen me,
Where to the Yearly Flier
I fed the wounds full grievous.

The erne is called Eagle, Old One, Storm-Shearer, Inciter, Soarer, Wound-Shearer, Cock. As Einarr sang:

With blood the lips he reddened
Of the black steed of Járnsaxa;
With steel Erne’s meat was furnished:
The Eagle slit the Wolf’s Bait.

As Ottarr sang:

The Erne swills corpse-drink,
The She-wolf is sated,
The Eagle there feedeth,
Oft the wolf his fangs reddens.

As Thjódólfr sang:

The Spoiler of the Lady
Swiftly flew with tumult
To meet the high God-Rulers,
Long hence, in Old One’s plumage.[1]

  1. See Page 130, where it is translated slightly differently.

And as stands here:

With skill will I rehearse
Of the Storm-Shearer my verse.

And again as Skúli sang:

Early and late with sobbing
I wake, where well is sated
The hawk of the Cock’s blood-ocean:
Then the bard heareth good tidings.

—–

Aigle.

Tous les autres oiseaux mâles peuvent être paraphrasés à travers des métaphores de sang ou de cadavres, et leurs noms deviennent alors des termes pour l’aigle ou le corbeau.
Comme le chanta Þjóðólfr :

Le prince, avec l’orge de l’aigle,
Nourrit la gélinotte sanglante ;
Le roi des Hǫrðar brandit la faucille
D’Óðinn vers le jabot du cygne sanglant ;

Le rassasiateur du vautour
De la mer d’aigle aux cadavres
Clôt chaque banc au sud
Qu’il défend avec la pointe de sa lance.

Voici les noms du corbeau :

Corneille, Huginn,[1] Muninn,[1] Téméraire, Voyageur Annuel, Compteur d’Années, Annonceur de Chair.

(Pour la signification de ces noms — qui sont ceux des corbeaux d’Óðinn — voir Gylfaginning, chapitre XXXVIII.)

Comme le chanta Einarr Tinkling-Scale (Skálaglamm) :

De chair, l’Appelant de l’Armée
Rassasia les corbeaux à plumes ;
Le corbeau, lorsque les lances criaient,
Fut comblé de la proie de la louve.

Et Einarr Skúlason chanta :

Celui qui gave la mouette de la Haine,
Notre seigneur précieux, savait manier
L’épée ; le corbeau nuisible
Mangeait le fardeau de cadavres de Huginn.

Et encore :

Mais le cœur du roi enfle,
Son esprit est embrasé de bataille,

Là où les héros faiblissent ;
Le sombre Muninn boit le sang des blessures.

Comme chanta Víga-Glúmr :

Quand se tenaient les vierges cuirassées
De l’épée sanglante, avides de combat,
Sur l’île ; le Téméraire alors
Reçut la viande du sang des blessures.

Comme chanta Skúli Þorsteinsson :

Pas le dernier de la centaine
Pouvait Hlökk aux cornes me voir,
Là où, au Voyageur Annuel,
Je servis les blessures fort pénibles.

L’aigle est appelé :

Erne (aigle royal), Vieux, Fendeur d’Orage, Incitateur, Planeur, Fendeur de Blessures, Coq.

Comme le chanta Einarr :

Du sang, il rougit les lèvres
Du noir destrier de Járnsaxa ;
Par l’acier, la viande de l’aigle fut fournie :
L’aigle déchira l’Appât du Loup.

Comme le chanta Óttarr :

L’aigle boit la boisson des cadavres,
La louve est rassasiée,
L’aigle se nourrit là,
Souvent le loup rougit ses crocs.

Comme le chanta Þjóðólfr :

Le Voleur de la Dame
Vola vivement dans le tumulte
Pour rencontrer les Hauts Dieux Souverains,
Jadis, sous le plumage du Vieux.[1]

(Voir la page 130, où cette strophe est traduite un peu différemment.)

Et encore, on trouve :

Avec art, je dirai
Mes vers pour le Fendeur d’Orage.

Et enfin, comme chanta Skúli :

Tôt et tard, en sanglots,
Je m’éveille, là où est comblé
Le faucon de l’océan du sang du Coq :
Alors le barde entend de bonnes nouvelles.


  1. karl = homme, mâle
    kenndur (du verbe kenna) = attribué, désigné ↩︎
  2. ([LE CORBEAU])
    Blóðorra : du sang rouge, gén. composé : blóð (sang) + orri (rougeâtre, « rouget » – parfois utilisé pour les oiseaux ou la couleur du sang)
    lætr : (il) laisse, fait en sorte que, forme du verbe láta
    barri : pin, conifère, ici métonymie pour épée ou guerrier (fréquent en poésie)
    blóðorra, ara
    « la gélinotte du sang » ([CORBEAU]) ; « de l’aigle » :
    Ces deux expressions désignant des oiseaux sont grammaticalement ambiguës.
    Dans l’interprétation adoptée ici, blóðorra est à l’accusatif singulier, agissant comme objet de læt(r) (« laisse ») et sujet de fagna (« se réjouir »), tandis que ara (« de l’aigle ») est au génitif singulier et sert de déterminant dans le kenning dont le mot de base est barri (« orge »), apparaissant au vers 1, et qui désigne donc ici des cadavres ou charognes.
    Cependant, l’interprétation inverse est également possible (c’est celle adoptée dans Skj B).
    Il est également possible que les deux soient au pluriel, et non au singulier.
    Le mot orri est généralement interprété comme désignant le coq de bruyère noir, Lyrurus tetrix (cf. CVC : Tetrao tetrix = « coq des landes », ou « coq de bruyère »). ↩︎
  3. barri : pin, conifère, ici métonymie pour épée ou guerrier (fréquent en poésie), certains traduisent par orge… ↩︎
  4. Le prince
    Le mot est généralement compris comme dérivé de :
    bragr
    signifie :
    le plus noble, le meilleur
    poésie ou poème dans un autre contexte (cf. bragr karlanna — l’art poétique des hommes)
    étymologie :
    probablement du proto-germanique bragô = ce qui est éminent, premier, noble
    apparenté à l’idée de prestige ou de supériorité
    Suffixe -ningr
    suffixe ancien utilisé pour former des noms indiquant un descendant, un digne représentant ou une figure caractérisée par la racine
    exemple :
    goðningr = homme divin / déifié
    hersingr = chef militaire
    🔁 Donc : brag-ningr = celui qui incarne la noblesse, l’éminent homme, le prince.
    Le souverain laisse la gélinotte du sang ([corbeau])
    se réjouir de l’orge de l’aigle ([cadavres]) ; ↩︎
  5. svans örð : terrain du cygne, kenning pour mer ↩︎
  6. les corbeaux ↩︎
  7. hrægamms sævar ara
    le pourvoyeur-du-vautour-de-cadavres de la mer de l’aigle
    « du vautour de cadavres de la mer de l’aigle » ([SANG > CORBEAU]) :
    Le mot principal greddir (« nourrisseur » ; cf. LP et les références associées) constitue manifestement un kenning désignant un guerrier, avec un terme d’animal du champ de bataille au génitif comme déterminant.
    Plusieurs interprétations de cette construction ont été proposées :
    (a) La construction retenue ici est surchargée — c’est aussi l’avis de Finnur Jónsson dans le Skj B, qui considère hrægamms ara comme inexpliqué. En effet, -gamms sævar ara (« du vautour de la mer de l’aigle » = du corbeau du sang) suffirait comme déterminant, et hræ- (« cadavre ») serait alors superflu (à comparer avec val- « massacre » dans la strophe 28/4).
    (b) De manière plus complexe, sur le plan de l’ordre des mots (w. o. = word order), le déterminant évoquant un oiseau du champ de bataille pourrait se construire à partir de hræ- et sævar (« mer de cadavres » = sang), combinés soit à gamms (« vautour ») soit à ara (« aigle »), mais l’un des deux termes non utilisé dans la construction deviendrait alors redondant.
    (c) Kock interprète le génitif singulier ara sævar (« de la mer de l’aigle » = du sang) comme un adjectif signifiant « sanglant ». Ainsi, il propose la lecture suivante :
    ara sævar hrægamms greddir :
    « celui qui nourrit les oiseaux qui se nourrissent de cadavres sanglants »
    (voir NN §864).
    (d) Envisager de rattacher sævar à stika grunn hvert (« jalonner chaque haut-fond de la mer ») n’apporte rien, car ara (ou gamms) resterait inutile dans la construction.
    « du vautour de cadavres de la mer de l’aigle »
    🪶 Kenning :
    hrægammr = « vautour de cadavres » → oiseau charognard, ici : corbeau
    sævar ara = « mer de l’aigle » → l’endroit où l’aigle survole les morts, donc : sang
    « Le nourrisseur du vautour de cadavres de la mer de l’aigle » ↩︎
  8. Onomatopée mimant le cri du corbeau
    Vieux norrois : krákr = corbeau ↩︎
  9. De hugr (pensée, esprit, intention) ↩︎
  10. De minni / muna = mémoire, souvenance ↩︎
  11. Celui qui fut sauvé par son courage
    borgin = forme de borg : ville fortifiée, mais aussi refuge / protection
    ici probablement le datif de « borgin » = « dans la ville / forteresse »
    móði = apparenté à móðr = courage, fureur, émotion intense ↩︎
  12. ár = tôt / au matin / précoce
    flognir = participe passé de fljúga = voler
    → flognir = « qui a volé » ↩︎
  13. ár = tôt / ancien / jour
    tali = compte, récit, narration (de tala = parler, compter)
    “Compté parmi les années” ou “Chroniqueur du temps” ↩︎
  14. hold = chair
    boði = annonciateur, messager, héraut (de boð = message / appel)
    « Héraut de chair »
    « Messager de la chair » ↩︎
  15. Fjallvönðum
    aux errants des montagnes ↩︎
  16. le souverain
    herstefnandi
    nom masc. sing. nom. = « meneur de guerre », de herr (armée) + stefnandi (celui qui dirige)
    le meneur d’armée / chef de guerre
    herr
    vieux norrois : herr = armée, troupe
    proto-germanique : harjaz (cf. gotique harjis, vieil anglais here)
    souvent associé à Óðinn, maître des armées et des morts
    stefnandi
    participe substantivé du verbe stefna = diriger, se tourner vers, mener une direction
    stefnandi = « celui qui mène vers » → capitaine, chef, conducteur
    → herstefnandi = celui qui dirige les armées, capitaine de guerre, parfois utilisé poétiquement pour désigner un roi ou seigneur de guerre ↩︎
  17. le cadavre ↩︎
  18. 📘 Forme :
    dýrum

    🧩 IDENTIFICATION GRAMMATICALE
    Forme
    Cas
    Nombre
    Genre
    dýrum
    datif
    pluriel
    neutre ou masculin
    Deux possibilités de racine existent en vieux norrois, avec des sens très différents :

    🔹 1. dýr (neutre) — « animal, bête »
    🧬 Étymologie :
    Vieux norrois : dýr
    Proto-germanique : deuzą
    Proto-indo-européen : dʰews- (bête sauvage)
    Cognats :
    anglais : deer (originellement « animal », pas juste « cerf »)
    gothique : dius
    vieil haut allemand : tior
    🗝️ Sens principal :
    animal, bête (générique)
    parfois : bête féroce, sauvage, chasseresse
    📚 Traductions possibles de dýrum (datif pluriel) dans ce sens :
    Contexte
    Traduction
    Zoologique
    aux animaux, aux bêtes
    Poétique / guerrier
    aux bêtes de guerre (guerriers comparés à des bêtes)
    Métaphorique / mythique
    aux forces sauvages, aux entités bestiales

    🔹 2. dýrr (masculin) — « cher, noble, valeureux »
    🧬 Étymologie :
    Vieux norrois : dýrr
    Proto-germanique : diurjaz
    Proto-indo-européen : dʰews- (valeur, gloire, honneur)
    Cognats :
    anglais : dear
    allemand : teuer
    🗝️ Sens principal :
    cher, précieux, noble
    utilisé comme épithète poétique pour les guerriers, héros, rois
    📌 La forme dýrum (datif pluriel) peut donc signifier :
    aux nobles, aux vaillants, aux héros ↩︎
  19. les corbeaux ↩︎
  20. « à qui le chagrin est infligé »
    harmr / harmi
    Racine commune à plusieurs langues germaniques : douleur, peine, affliction
    Le mot revient deux fois dans cette ligne (répétition stylistique) :
    nominatif : sujet
    datif : complément → « à qui le chagrin est infligé » ↩︎
  21. le deuil
    leur apporter de la nourriture, des cadavres.
    leur apporter le deuil ↩︎
  22. le soleil-étincelant (bliksólar) de Garmr
    l’épée qui fait briller le sang des morts?
    bliksól (composé poétique)
    blik : éclat, lumière vive, miroitement
    → cf. blikja (scintiller), blikna (pâlir)
    sól : soleil (fém.)
    bliksól = le soleil éclatant, littéralement : « l’astre de l’éclat » ↩︎
  23. Et le cœur enflé de courage du roi
    palpite au combat,
    là où les hommes libres s’effondrent ;
    Muninn, bleu-noir,
    boit le sang des blessures. ↩︎
  24. homme libre avec un siège au thing ↩︎
  25. hugþrútit
    participe passé neutre sg. de hugþrútinn (« gonflé d’émotion, tourmenté d’esprit »)
    gonflé d’âme, enflé de passion
    hugþrútit « enflé de courage » :
    Ce mot composé, qui n’est pas attesté ailleurs en vieux norrois, est formé du nom masculin hugr signifiant « esprit, pensée, courage », et de l’adjectif þrútinn, signifiant « enflé, gonflé, dilaté ».
    hugþrútit
    hugr : esprit, pensée, cœur (au sens intérieur, émotionnel)
    racine commune au gotique hugs, vieil anglais hyge
    þrútinn : participe passé de þrjóta / þrútna — être gonflé, tendu, rempli
    connotation d’intensité, de tension intérieure
    hugþrútit = litt. « gonflé d’émotion / d’esprit / d’angoisse » ↩︎
  26. comme des cadavres morts gonflés ↩︎
  27. le cœur du roi ↩︎
  28. blásvartr
    adjectif composé : blár (bleu/noir) + svartr (noir)
    noir bleuté, bleu-noir ↩︎
  29. dynfúsir
    pluriel de dynfús (adj.)
    avides de tumulte / désireux de fracas ↩︎
  30. le corbeau
    borginmóði fekk brôð blóðs
    = « celui qui est sauvé par le courage <corbeau> obtint un repas de sang ».
    La leçon de Skm a du sens et elle est métriquement acceptable, tandis que la leçon de M, absurde — breið óx brognum mæða — exigerait une forte correction en :
    brôð blóðs óx borginmóða
    « un repas de sang augmenta pour celui qui est sauvé par le courage » <corbeau>
    même si le prétérit singulier óx (« grandit / augmenta ») suivi d’un datif est possible, mais peu probable, car vaxa + datif signifie normalement : « être envahi / couvert par quelque chose ».
    La ligne peut avoir été influencée par le seul autre exemple de borginmóði dans une strophe scaldiques, Hróm Lv 1/3IV (datée avant 955) :
    brôð vekr borginmóða
    « un repas de chair réveille celui qui est sauvé par le courage » <corbeau>.
    Borginmóði apparaît aussi dans Þul Hrafns 1/4III (voir la note correspondante). ↩︎
  31. le corbeau
    árflogni
    datif de árflognir (nom composé) : ár (rame / mer / guerre) + floginn (envolé, rapide)
    à celui qui vole sur la mer = oiseau ou corbeau / vautour (kenning pour oiseau charognard)
    la mer est le chant de bataille
    à l’« envolé des rames » → kenning pour oiseau de guerre (corbeau, vautour)
    árflogni
    ár : rame / mer / guerre (polyvalent selon contexte)
    flognir : participe passé de fljúga (voler) → « celui qui vole »
    → kenning poétique typique pour un corbeau ou vautour :
    « celui qui vole au-dessus des rames » = oiseau de guerre
    🔹 undir
    Placé avant árflogni, crée un renversement poétique.
    Peut indiquer soit un lieu concret (« en dessous de l’oiseau » = champ de bataille),
    soit une position symbolique (« être sous l’œil du charognard », donc combattre).
    oiseau-de-guerre ↩︎
  32. Hlökk
    Valkyrie attestée dans les listes des Nafnaþulur
    Nom signifiant : “Tumulte”, “Fracas”
    Peut désigner une personne (la valkyrie), mais parfois aussi la bataille elle-même (métonymie poétique). ↩︎
  33. Hlǫkk hvítinga
    « La Hlǫkk des cornes blanches à boire [FEMME] »
    hvítinga = génitif pluriel ou accusatif pluriel (selon le contexte)
    De la racine : hvítingr ou hvítingi
    Le suffixe -ingr/-ingi est fréquent pour former des noms d’agent ou ethnonymes :
    Víkingr → « pirate »
    Skǫldungar → « la lignée des poètes »
    Hǫrðingar → « les gens du Hǫrðaland »
    Donc hvítingar pourrait désigner :
    un peuple ou groupe caractérisé par le blanc
    une lignée
    un objet personnifié ↩︎
  34. Örn
    Sens principal : aigle
    Vieux norrois : örn
    Lié à la racine proto-germanique arnuz, proto-indo-européenne h₃érōn-
    Symbolisme : force céleste, rapace royal, associé à la mort sur le champ de bataille (voit les morts, dévore les cadavres)
    📘 Traductions : aigle (classique), rapace, volatile de haut vol ↩︎
  35. Gemlir
    Dérivation obscure, probablement issue d’une racine germanique gam- / gem- signifiant : crier, appeler, ou une imitation du cri du rapace
    Forme rare, attestée uniquement dans les listes de heiti
    Criard
    Hurleur
    Aigle criant (poétique) ↩︎
  36. Hreggskornir
    hregg : tempête, rafale violente
    skornir : participe passé de skera = « tranché », « découpé »
    → littéralement : « taillé par la tempête » ou « battu par l’orage »
    📘 Traductions :
    L’éventré de la tempête
    Frappé par l’ouragan
    Tranché par les rafales
    💬 Image d’un aigle volant dans le vent violent ↩︎
  37. Eggðir
    De eggja (« inciter, stimuler ») ou egg (« tranchant », « pointe »)
    Peut évoquer :
    Celui qui aiguillonne (incite à la guerre)
    Celui des lames / tranchants (lié aux armes, kenning de guerre)
    📘 Traductions :
    Incitateur / Aiguillonneur
    Tranchant ailé
    Le meneur de bataille (poétiquement)
    💬 Suggère l’aigle comme présage de mort ↩︎
  38. Ginnarr
    Racine : ginna = tromper, séduire, enchanter
    Lié à ginnheilagr (très sacré, magique) ou ginnungar (puissances mystiques)
    📘 Traductions possibles :
    Le mystique / l’ensorceleur
    Le rusé, le trompeur
    💬 Peut suggérer un aigle surnaturel, messager divin ↩︎
  39. Undskornir
    und : en dessous / sous
    skornir : taillé, coupé (de skera)
    → litt. « coupé par dessous » ou « fendu en-dessous »
    📘 Traductions possibles :
    Celui que l’on tranche par dessous
    Le déchiqueté inférieur
    💬 Peut évoquer les ailes fendues ou la vitesse du vol plongeant ↩︎
  40. Gallópnir
    gal- : préfixe lié au chant, cri, ou sorcellerie (cf. galdr)
    lópnir : probable dérivé de hlaupa (sauter, bondir, voler) ou lopt (air)
    → Forme complexe, poétique
    📘 Traductions proposées :
    Le bondissant criard
    Le hurleur magique
    Celui qui chante en bondissant (poétique pour un aigle dans le vent)
    💬 Évoque le cri sauvage de l’aigle dans le ciel
    Littéralement : « du crieur strident » (gallr = son clair, retentissant ; ópnis = crieur).
    Il s’agit d’un heiti (nom poétique) pour « aigle », dérivé de gallr (« son éclatant, résonant », une variante de gjallr) et ópnir (« crieur »). ↩︎
  41. Sámleitum
    datif pluriel de sámleitr
    au teint semblable, à l’apparence uniforme (souvent : « sombres » ou « ternes »)
    🔹 1. sám-
    Variante de sam-, du proto-germanique samaz
    Signifie : semblable, pareil, identique, égal
    Apparaît dans :
    samr (adj.) = même, identique
    sams konar = de même genre
    samlíkr = ressemblant

    🔹 2. -leitr
    De litr = teint, couleur, aspect, apparence
    leitr est une forme adjectivale : « ayant l’aspect de », « -visage », « -teinté »
    Apparaît dans des composés comme :
    bleikleitr = à la mine pâle
    kolleitr = à l’aspect de charbon / noir ↩︎
  42. CADAVRES ↩︎
  43. LOUP ↩︎
  44. undarn
    accusatif ou forme poétique
    nourriture, chair (poétique)
    Forme :
    undarn : nom féminin (ou neutre), accusatif singulier ici
    Classé dans certaines sources comme poétique ou archaïque
    Parfois interprété comme un synonyme poétique de « matr » (nourriture, repas)

    🧬 Étymologie (possible et spéculative) :
    Il n’existe pas de forme bien attestée dans le Vieux norrois standard, mais plusieurs hypothèses sont avancées :

    1. Racine : und- = « sous », « nourrir », « approvisionnement »
    du proto-germanique unda- (cf. gothique und, vieil anglais under, signifiant aussi ressort, soutien, base)
    peut évoquer une chose fondamentale ou donnée en contrebas → la chair tombée à terre, offerte aux bêtes
    📘 Exemple parallèle :
    undirfœða : nourrir, soutenir
    undirgjöf : offrande, provision

    2. Suffixe : -arn (ou -an)
    peut être un ancien suffixe substantivant (-arn, -rn, -an)
    ou une variation poétique (forme analogique)

    🐺 Sens contextuel scaldique :
    Dans les poèmes scaldiques de bataille, undarn est pratiquement synonyme de :
    nourriture charnelle, c’est-à-dire chair humaine pour les bêtes de guerre (aigles, loups)
    pitance sanglante, obtenue par les armes
    proie, dans un sens poétiquement sacralisé (comme offrande aux dieux de la guerre ou à la mort)

    ✅ Traductions possibles selon le contexte :
    Traduction possible
    Justification
    nourriture
    sens général, neutre
    pitance
    plus poétique, évoque la faim charognarde
    chair
    si en contexte guerrier / cadavérique
    proie
    dans un kenning animal (loup, aigle)
    butin sanglant
    interprétation élargie dans les batailles
    🧬 Étymologie alternative de undarn :
    undir : préfixe ancien signifiant sous, intensité, au-delà → parfois utilisé pour marquer l’intensité ou l’inhabituel
    -arn / -rn : suffixe de formation nominale, utilisé pour créer des substantifs à partir de bases verbales ou adjectivales
    Donc :
    undir + -arn → « chose prodigieuse, étonnante, étrangeté »
    Comme undur (neutre), attesté avec le sens de « miracle, merveille, chose surprenante ».

    📚 Comparaison avec des formes attestées :
    undur (neutre) → « prodige, merveille, miracle » (cf. undirverk, undurverk = œuvre merveilleuse)
    undr (masculin / neutre) → même sens, très fréquent en poésie religieuse et héroïque

    ✅ Traductions possibles de undarn dans ce sens :
    Contexte
    Traduction de undarn
    Langue poétique
    prodige, chose étrange
    Langue religieuse
    miracle, merveille
    Langue scaldique
    spectacle étrange, scène étrange
    Lecture symbolique
    apparition, événement singulier

    🧾 Reprise de ta proposition :
    „étrange spectacle que celui-là”
    ✔️ Oui, ce serait une traduction stylistiquement juste si undarn est lu dans le sens de prodigium, comme en latin.
    Elle fonctionnerait très bien dans une strophe poétique ou une glose interprétative :
    Örn drekkr undarn
    → « L’aigle boit [un] prodige »
    → « Étrange spectacle que celui que boit l’aigle »
    → « L’aigle boit — chose étrange ! » ↩︎
  45. Forme de base : hræ (neutre)
    Signification : cadavre, corps mort, dépouille
    Souvent utilisé dans un contexte guerrier, funéraire ou charognard

    🧬 Étymologie de hræ
    Vieux norrois : hræ
    Proto-germanique : _hrēwą
    Proto-indo-européen : racine hypothétique *_kreu̯- / kreH₂-
    → signifiant : « tomber en morceaux », « pourrir », « chair morte »

    📚 Cognats (mots apparentés) dans d’autres langues germaniques :
    Langue
    Forme
    Signification
    Vieil anglais
    hræw
    cadavre
    Vieil haut allemand
    hrēo / hreo
    dépouille
    Allemand moderne
    Reh (non lié étymologiquement)
    [=chevreuil] — à ne pas confondre
    Anglais moderne
    raw (≠ mais influencé phonétiquement)
    cru, non cuit (par extension) ↩︎
  46. Þjazi ↩︎
  47. snótar
    sages, savants
    nom fém. pl. de snót : femme sage, noble femme (peut aussi être un nom poétique ou kenning ambigu)
    snót (fém.) : femme noble, sage, souvent utilisé poétiquement pour désigner des femmes de haut rang, des déesses (ásynjur), ou des dísir (esprits féminins ancestraux).
    Dérive probablement d’un vieux mot signifiant « sagesse », apparenté à snjallr (brillant, habile). ↩︎
  48. glamma
    verbe ou nom (forme ambiguë)
    verbe à l’infinitif ou nom au génitif pluriel
    « faire du bruit », « vacarme », ou « tumulte »
    potentiellement le loup Glammi ↩︎
  49. Hreggskornis
    génitif sing. (hreggskornir)
    « du fendeur de tempête » – un heiti pour aigle
    hreggskornis — « du fendeur d’orage » (<aigle>)
    Donné comme un heiti (nom poétique) pour « aigle » dans le Skáldskaparmál et dans la Þula des Aigles, vers 4.
    Dans le contexte présent, il doit faire partie d’un kenning dont le mot de base, aujourd’hui perdu, était probablement régis par la préposition handa ↩︎
  50. la poésie ↩︎
  51. Háleitan
    accusatif sing. masc. (de háleitr)
    « haut-parlé », « à la parole élevée » → kenning pour poème noble ↩︎
  52. élection : élu : mort aux combats : élu pour le Valhalla
    val (choix, élection, fatalité) ↩︎
  53. au guerrier ↩︎
  54. greppr
    Dérive du proto-germanique *grapôz
    « homme, saisi, étreint »

    Possiblement lié au verbe grípa (vieux norrois)
    « saisir, empoigner »
    🔎 Le radical grap- / grip- est très productif dans les langues germaniques :
    vieux norrois grípa → « saisir, prendre »
    vieux haut allemand grefen → « saisir »
    vieil anglais grīpan → « saisir »
    ➡ Le mot greppr désignerait donc celui qui saisit ou celui qui empoigne, i.e. un homme d’action, un combattant. ↩︎
  55. Sous-entendu : les mots le récit ↩︎
  56. Gallópnir (aigle criard) ↩︎
  57. (l’aigle)
    spjall
    vieux norrois neutre
    « discours », « conversation », « propos »
    ← verbe spyrja
    « interroger, parler, dire » (fort verbe irrégulier)
    « questionner », « parler »
    Proto-germanique
    spurjaną
    « interroger, chercher à savoir »
    Proto-indo-européen
    *prekʷ- (parler, demander)
    → cf. latin precor (je prie), grec πυνθάνομαι (je demande)

    🔁 Apparentés dans d’autres langues germaniques
    Langue
    Mot apparenté
    Sens
    Vieil anglais
    spell
    discours, histoire
    Vieil haut allemand
    sprahhan / spellen
    parler, raconter
    Anglais moderne
    spell (archaïque, « récit »)
    (dans gospel : good-spell = bonne nouvelle)

    🧠 Sens en contexte
    Dans gallópnis vel, spjalli, le mot spjalli est probablement un datif d’adresse :
    « à l’interlocuteur »
    « au compagnon de conversation »
    « au destinataire du chant »
    → c’est donc peut-être une adresse au public du poème, ou à un allié / ami du poète. ↩︎


krákr : corbeau, croassant, le criard
Huginn : Pensée, esprit ailé, messager d’Óðinn
Muninn : Mémoire, souvenance ailée
borginmóði : furieux des remparts, héraut de la citadelle
árflognir : l’ailé du matin, éclaireur matinal
ártali : conteur de l’aube, celui qui annonce les jours
holdboði : héraut de chair, annonciateur de cadavres
Örn : Aigle, rapace royal
Ari : Aigle, le volant
Gemlir : Le hurleur, le criard, le clameur
Hreggskornir : Frappé par la tempête, éventré de rafales
Eggðir : L’incitateur, l’aiguisé, celui des lames
Ginnarr : Le mystique, l’ensorceleur, l’être sacré
Undskornir : Tranché par dessous, le fendu, le rapide
Gallópnir : Le bondissant hurlant, le magicien du ciel, cri de bataille

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