
11. Frá Sól ok Mána.
Þá mælti Gangleri: « Hversu stýrir hann gang sólar eða tungls? »
Hárr segir: « Sá maðr er nefndr Mundilfari, er átti tvau börn. Þau váru svá fögr ok fríð, at hann kallaði son sinn Mána, en dóttur sína Sól ok gifti hana þeim manni, er Glenr hét. En goðin reiddust þessu ofdrambi ok tóku þau systkin ok settu upp á himin, létu Sól keyra þá hesta, er drógu kerru sólarinnar, þeirar er goðin höfðu skapat til at lýsa heimana af þeiri síu, er flaug ór Múspellsheimi. Þeir hestar heita svá, Árvakr ok Alsviðr, en undir bógum hestanna settu goðin tvá vindbelgi at kæla þá, en í sumum fræðum er þat kallat ísarnkol. Máni stýrir göngu tungls ok ræðr nýjum ok niðum. Hann tók tvau börn af jörðunni, er svá heita, Bil ok Hjúki, er þau gengu frá brunni þeim er, Byrgir heitir, ok báru á öxlum sér sá, er heitir Sægr, en stöngin Simul. Viðfinnr er nefndr faðir þeira. Þessi börn fylgja Mána, svá sem sjá má af jörðu. »
11. À propos de Sól et Máni
Gangleri demanda : « Comment dirige-t-il le cours du soleil et de la lune ? »
Hárr répondit : « Il y avait un homme nommé Mundilfari, qui avait deux enfants si beaux et gracieux qu’il nomma son fils Máni et sa fille Sól, et donna Sól en mariage à un homme nommé Glenr. Mais les dieux, irrités par cet orgueil, prirent les frères et sœurs et les placèrent dans le ciel. Ils firent de Sól la conductrice des chevaux qui tirent le chariot du soleil, créé par les dieux à partir d’une étincelle de Múspellheim pour éclairer les mondes. Ces chevaux s’appellent Árvakr et Alsviðr. Sous leurs épaules, les dieux placèrent deux soufflets pour les refroidir, parfois appelés ísarnkol dans certains écrits. Máni dirige le mouvement de la lune et contrôle ses phases. Il prit deux enfants de la Terre nommés Bil et Hjúki, qu’il avait trouvés près du puits Byrgir, portant sur leurs épaules le seau Sægr et le bâton Simul. Leur père est nommé Viðfinnr. Ces enfants suivent Máni, comme on peut le voir depuis la Terre. »
Chapitre 11
Gangleri demanda alors : « Comment [Alfadr] dirige-t-il le cours du soleil et de la lune? »
Le Très-Haut répondit : « Il y avait un homme qui s’appelait Mundilfoeri et qui avait deux enfants. Ils étaient si beaux et si splendides qu’il donna à son fils le nom de Mani (“lune”) et à sa fille celui de Sol (“soleil”), et il la maria à un homme appelé Glen. Mais les dieux se courroucèrent de cette présomption [à utiliser de tels noms], aussi se saisirent-ils du frère et de la sœur: ils les placèrent en haut dans le ciel et firent conduire par Sol les chevaux qui tiraient le char du soleil, lequel avait été créé par les dieux — afin d’éclairer les mondes — à l’aide d’une flammèche projetée hors de Muspell. Sous les épaules de ces chevaux, qui sont appelés Arvak et Alsvid, les dieux placèrent deux soufflets afin de les refroidir; dans certains poèmes anciens, on appelle cela l’ísarnkol (le “froid de fer”). Mani dirige [quant à lui] le mouvement de la lune et préside à sa croissance et à son déclin. Il enleva à la terre les deux enfants appelés Bil et Hjuki alors qu’ils revenaient de la source appelée Byrgir et qu’ils portaient sur leurs épaules la cuve appelée Sæg, à l’aide de la perche appelée Simul. Ces enfants, dont le père est appelé Vidfinn, accompagnent Mani, comme on peut le voir depuis la terre.»
Sturluson, Snorri. L’Edda. [Paris]: Gallimard, 1991, p. 40, 41.
Mundilfari : « le voyageur sous protection » ou « celui qui se déplace avec soin »
Máni : « Lune »
Sól : « Soleil »
Glenr : « ouverture dans les nuages »
Árvakr : « celui qui est vigilant tôt le matin », « le matinal », « Très Éveillé » ou « Précoce »
Alsviðr : « Très Rapide » ou « Extrêmement Vite »
Isarnkol : « Refroidisseur de fer » ou « Froid de fer »
Bil : « Moment » ou « Instant »
Hjúki : « Monticule » ou « Tas »
Byrgir : « le porteur » ou « celui qui porte »
Sægr : « le récipient pour l’eau »
Simul : « éternel » ou « continu »
Viðfinnr : « Celui aux larges ailes » ou « Le grand voyageur »
Grímnismál, 37
Ces superbes chevaux, que l’on nomme Arvak et Alsvid, tirent le Soleil dans le ciel; sous leurs jambes les Ases ont dissimulé des soufflets pour les rafraîchir. https://www.sesheta-publications.fr/product/11445438/edda-poetique-vieux-norrois-francais-par-romain-panchevre Arvak: « celui qui est vigilant tôt le matin » ou « le matinal » Alsvid : « très rapide » ou « extrêmement rapide » Árvakr et Alsviðr,Ils doivent, d’ici-haut,Tirer le soleil affamé ;Mais…
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