Commentaire sur Asgard et le Puit d’Urd

Ce texte propose une exploration captivante et détaillée de deux des plus énigmatiques éléments de la mythologie nordique : Asgard et le Puits d’Urðarbrunnr (le Puits d’Urd). Au cœur de notre enquête se trouve une question fondamentale : où se situent réellement Asgard et le Puits d’Urd ? Sont-ils ancrés dans le monde terrestre, ou sont-ils dans les cieux ? Nous plongerons dans les anciens récits de l’Edda poétique et les interprétations de Snorri Sturluson pour jeter un œil à cette énigme.

À travers ce commentaire, nous examinerons les différentes théories qui positionnent Asgard, la demeure des dieux, soit comme un lieu physique sur la Terre, soit comme un royaume élevé dans les cieux. De même, nous explorerons l’emplacement du Puits d’Urd, un site sacré de grande importance dans la mythologie nordique, qui est décrit comme étant sous une des racines d’Yggdrasil, l’arbre monde. Nous analyserons comment ces interprétations affectent notre compréhension de la cosmologie nordique et leur impact sur la perception moderne de ces mythes.

Cette étude ne se limite pas à une simple analyse des textes anciens ; elle vise à offrir une perspective nouvelle et enrichissante sur ces questions séculaires, en mettant en lumière les diverses couches de significations et d’interprétations qui entourent Asgard et le Puits d’Urd. Notre voyage à travers ces mythes ancestraux promet de révéler des aspects surprenants et profonds de la mythologie nordique, permettant de concilier l’Edda poétique et l’Edda en prose.


Selon les strophes 29 et 30 du Grímnismál et le chapitre 15 de la Gylfaginning, dénommée « L’Arbre, le Puits d’Urðr et les Nornes » dans la version originale, il est rapporté que les divinités se rassemblent quotidiennement aux abords du Puits d’Urd pour y tenir des assemblées délibératives, tel que le texte le décrit :

Gylfaginning 15
Þriðja rót asksins stendr á himni, ok undir þeiri rót er brunnr sá, er mjök er heilagr, er heitir Urðarbrunnr. Þar eiga goðin dómstað sinn. Hvern dag ríða æsir þangat upp um Bifröst. Hon heitir ok ásbrú.
Gylfaginning 15
La troisième racine de l’arbre s’étend jusqu’au ciel, et sous cette racine se trouve un puits/source très sacré appelé le puits/source d’Urd. C’est là que les dieux ont leur lieu de jugement. Chaque jour, les Æsir y montent en empruntant Bifröst. Ce pont est également appelé le pont des Ases.

Thor, contrairement aux autres dieux, ne monte pas à cheval. Il conduit plutôt son char enflammé de tonnerre tiré par des chèvres. De ce fait, il ne peut pas emprunter Ás-brú, le Pont des Æsir (Bifröst). Si Thor tentait de le traverser, le pont s’enflammerait et les eaux sacrées du puits d’Urd entreraient en ébullition. Par conséquent, Thor est contraint de franchir quatre rivières distinctes pour arriver à sa destination.

Dans une perspective moderne, ces rivières sont souvent perçues comme des rivières célestes. Comme le souligne Carolyne Larrington dans son article « Vafþrúðnismál et Grímnismál : Histoire cosmique, Géographie cosmique », publié dans « The Poetic Edda; Essays on Old Norse Mythology » en 2002 :

« Les rivières sont des voies de transport majeures dans le monde humain, mais ici elles semblent fonctionner comme des barrières, séparant le monde connu du monde inconnu (sain). La rivière Þund (Grímnismál st. 21, un vers difficile à interpréter) est difficile à traverser pour ceux qui sont rendus joyeux par le carnage (les Einherjar), tandis que Thor semble devoir traverser des rivières dans le monde divin pour se rendre à un siège de jugement sous Yggdrasill. »

L’Edda poétique évoque trois sources/puits distincts, chacun soutenant une des racines d’Yggdrasil. Il s’agit de Hvergelmir, du puits de Mimir et du puits d’Urd. Selon une interprétation contemporaine de ces textes, s’appuyant sur les affirmations de Snorri dans Gylfaginning 15, Hvergelmir serait localisé dans le monde souterrain de Niflheim ; le puits de Mimir serait à Jötunheim, adjacent à Midgard ; et le puits ou la source d’Urd serait positionné dans les cieux, en parallèle avec Asgard.

Cependant, certains commentateurs soutiennent que Snorri Sturluson lui-même ne situe pas Asgard dans le ciel ou sur un sommet montagneux, mais plutôt à la surface de Midgard. Dans le prologue de la Gylfaginning et au chapitre 14, il placerait explicitement Asgard au centre du monde l’associant à la ville antique de Troie, qu’en est-il vraiment ?

Prologue Gylfaginning
Nær miðri veröldinni var gert þat hús ok herbergi, er ágætast hefir verit, er kallat Trjóa, þar sem vér köllum Tyrkland. Þessi staðr var miklu meiri gerr en aðrir ok með meira hagleik á marga lund með kostnaði ok föngum, en þar váru til. Þar váru tólf konungdómar ok einn yfirkonungr, ok lágu mörg þjóðlönd til hvers konungdómsins. Þar váru í borginni tólf höfðingjar. Þessir höfðingjar hafa verit um fram aðra menn, þá er verit hafa í veröldu, um alla manndómliga hluti. Einn konungr í Trjóu er nefndr Múnón eða Mennón. Hann átti dóttur höfuðkonungsins Príamí. Sú hét Tróan. Þau áttu son. Hann hét Trór, er vér köllum Þór.

Près du centre du monde, une maison et une demeure ont été construites, qui ont été les plus remarquables, appelées Troie, là où nous appelons la Turquie. Cet endroit a été beaucoup plus grand que les autres et avec plus de compétence en de nombreux domaines avec des coûts et des moyens, mais il y en avait. Il y avait douze royaumes et un roi suprême, et de nombreux pays étaient liés à chaque royaume. Il y avait douze chefs dans la ville. Ces chefs étaient supérieurs à d’autres hommes qui ont existé dans le monde, en toutes choses humaines. Un roi à Troie était appelé Múnón ou Mennón. Il était le gendre du roi suprême Priam. Il s’appelait Troan. Ils avaient un fils. Il s’appelait Trór, que nous appelons Thor.
.. Þeira sonr var Lóriði, er líkr var feðr sínum. Hans sonr var Einriði, hans sonr Vingeþórr, hans sonr Vingener, hans sonr Móda, hans sonr Magi, hans sonr Seskef, hans sonr Beðvig, hans sonr Athra, er vér köllum Annan, hans sonr Ítrmann, hans sonr Heremóð, hans sonr Skjaldun, er vér köllum Skjöld, hans Bjáf, er köllum Bjár, hans sonr Ját, hans sonr Guðólfr, hans sonr Finn, hans sonr Fríallaf, er vér köllum Friðleif. Hann átti þann son, er nefndr er Vóden. Þann köllum vér Óðin. Hann var ágætr maðr af speki ok allri atgervi. Kona hans hét Frígíða, er vér köllum Frigg.
…Óðinn hafði spádóm ok svá kona hans, ok af þeim vísendum fann hann þat, at nafn hans myndi uppi vera haft í norðrhálfu heims ok tignat um fram alla konunga. Fyrir þá sök fýstist hann at byrja ferð sína af Tyrklandi ok hafði með sér mikinn fjölða liðs, unga menn ok gamla, karla ok konur, ok höfðu með sér marga gersamliga hluti. En hvar sem þeir fóru yfir lönd, þá var ágæti mikit frá þeim sagt, svá at þeir þóttu líkari goðum en mönnum.
….Eftir þat fór hann norðr, þar sem nú heitir Svíþjóð.
…Þar þótti Óðni fagrir vellir ok landskostir góðir ok kaus sér þar borgstað, er nú heita Sigtún. Skipaði hann þar höfðingjum ok í þá líking, sem verit hafði í Trója, setti tólf höfuðmenn í staðinum at dæma landslög, ok svá skipaði hann réttum öllum sem fyrr hafði verit í Trója ok Tyrkir váru vanir.

… Son fils était Lóridi, qui ressemblait à son père ; son fils était Einridi, son fils Vingethor, son fils Vingener, son fils Móda, son fils Magi, son fils Seskef, son fils Bedvig, son fils Athra (que nous appelons Annarr), son fils Ítermann, son fils Heremód, son fils Skjaldun (que nous appelons Skjöld), son fils Bjáf (que nous appelons Bjárr), son fils Ját, son fils Gudólfr, son fils Finn, son fils Fríallaf (que nous appelons Fridleifr) ; son fils était celui qui est nommé Vóden, que nous appelons Odin : c’était un homme très célèbre pour sa sagesse et toutes ses réalisations. Sa femme était Frígídá, que nous appelons Frigg.
… Odin avait le don de prophétie, tout comme sa femme, et grâce à ces talents, il découvrit que son nom serait honoré dans la moitié nord du monde et respecté plus que tous les rois. Pour cette raison, il était désireux de commencer son voyage à partir de la Turquie et avait avec lui un grand nombre de personnes, jeunes et vieux, hommes et femmes, et ils avaient avec eux de nombreux objets précieux. Et partout où ils allaient à travers les terres, une grande renommée était dite à leur sujet, de sorte qu’ils semblaient plus semblables à des dieux qu’à des hommes.
… Après cela, il se dirigea vers le nord, là où se trouve maintenant la Suède.
… Odin trouva les plaines belles et les terres bonnes, et il choisit un emplacement pour une forteresse, qui est maintenant appelée Sigtuna. Il y nomma des chefs et, à l’image de ce qui avait été fait à Troie, il établit douze chefs pour juger les lois du pays, et il organisa tous les autres aspects juridiques comme cela avait été le cas à Troie et comme les Turcs en avaient l’habitude.

Snorri continue d’explorer cette idée dans la Gylfaginning, revenant une fois de plus à l’époque précédant la migration de Wotan en Suède :

Þar næst gerðu þeir sér borg í miðjum heimi er kölluð er Ásgarðr. Þat köllum vér Trója. Þar byggðu goðin ok ættir þeira, ok gerðust þaðan af mörg tíðendi ok greinir bæði á jörðu ok í lofti. Þar er einn staðr, er Hliðskjálf heitir, ok þá er Óðinn settist þar í hásæti, þá sá hann of alla heima ok hvers manns athæfi ok vissi alla hluti þá er hann sá. Kona hans hét Frigg Fjörgynsdóttir, ok af þeira ætt er sú kynslóð komin, er vér köllum ása ættir er byggt hafa Ásgarð inn forna ok þau ríki, er þar liggja til, ok er þat allt goðkunnug ætt.

Ensuite, ils construisirent une forteresse au milieu du monde, appelée Ásgard. Nous l’appelons Troie. Là, les dieux et leurs familles s’installèrent, et de là sont nés de nombreux événements et histoires, à la fois sur la terre et dans les cieux. Il y a un endroit appelé Hliðskjálf, et quand Odin s’assit là sur le trône élevé, il pouvait voir tous les mondes et les actions de chaque homme, et il savait toutes les choses qu’il voyait. Sa femme s’appelait Frigg, fille de Fjörgynn, et de leur lignée est venue cette race que nous appelons la famille des Ases, qui ont habité l’ancienne Ásgard et les royaumes qui en dépendent, et c’est toute une famille divine.
Í upphafi setti hann stjórnarmenn í sæti ok beiddi þá at dæma með sér örlög manna ok ráða um skipun borgarinnar. Þat var þar, sem heitir Iðavöllur í miðri borginni. Var þat hið fyrsta þeira verk at gera hof þat, er sæti þeira tólf standa í önnur en hásætit, þat er Alföðr á. Þat hús er bezt gert á jörðu ok mest.

Au début, il plaça des gouverneurs sur des sièges et leur demanda de juger avec lui les destins des hommes et de décider de l’organisation de la cité. C’était là, dans ce qui est appelé Iðavöllur, au centre de la cité. Leur première tâche fut de construire un temple dans lequel se trouvent douze sièges, en plus du trône élevé que possède le Père de Tout (Alföðr). Cette maison est la mieux construite sur terre et la plus grande.

Voyage de Wotan parmi les hommes
L’idée que les Æsir soient venus d’Asie, et plus précisément de la ville de Troie, est une thématique récurrente dans les textes de Snorri, réapparaissant dans les chapitres 54 de la Gylfaginning et 58 du Skáldskaparmál. Snorri reste constant dans ses affirmations, soutenant que les anciennes villes d’Asgard, où résidaient Wotan et les Æsir durant leurs voyages parmi les hommes, étaient bel et bien des lieux terrestres ou en partie.


L’Edda en Prose débute par le récit de l’émigration de Wotan vers la Suède depuis la mythique cité de Troie. Ce prologue de la Gylfaginning doit être tenu pour authentique ; il représente le souvenir le plus ancien qu’ont conservé les hommes d’un voyage de Wotan sur terre. Cette narration trouve également un écho dans les découvertes récentes de la génétique et de l’archéologie, qui suggèrent que les ancêtres des peuples parlant des langues indo-européennes se sont d’abord établis soit en Anatolie, soit dans les steppes ukrainiennes, avant de se disperser progressivement vers le nord de l’Europe. Ils y ont introduit une nouvelle forme de spiritualité tout en conservant une grande partie de l’ancien culte.

Suivant la chronologie de la Völuspá, cette migration eut lieu après l’arrivé des trois puissante Thurses et aussi après la destruction des remparts de l’ancienne Asgard par les Vanes lors de la première guerre.


Dans ses œuvres, Snorri décrit l’ancienne Asgard comme une ville tangible située sur Terre. Selon lui, c’est durant son périple parmi les humains que Wotan s’est incarné en tant que fils du roi de Troie, une cité située en Anatolie qui à l’époque de l’Empire romain, fera partie de la province connue sous le nom d’Asie. Par la suite, Wotan et les siens migrèreront vers Sigtuna en Suède (également connue sous le nom de Vieil Uppsala, identifiée comme la seconde Asgard). Snorri y détaille avec précision les différentes étapes de l’établissement d’une cité wotaniste.

Plus précisément, il est dit que le chef des Ases, quitta la région de la mer Caspienne et du Caucase pour s’établir en Europe du Nord. Il prit alors la route du nord-ouest depuis la mer Noire vers la Russie, où, selon la tradition, il nomma l’un de ses fils comme dirigeant, tout comme il le fit pour les Saxons et les Francs. Poursuivant son chemin à travers la Cimbrie, il atteignit le Danemark, où son cinquième fils, Skiold, fut reconnu comme souverain. Il traversa ensuite vers la Suède, où régnait Gylfi, qui rendit hommage à cet étranger remarquable et fut initié à ses mystères. Le chef des Ases s’imposa rapidement, établissant Sigtuna comme capitale de son empire, promulgua de nouvelles lois et instaura les mystères sacrés. Il adopta le nom de Wotan, créa le sacerdoce des douze Drottars qui dirigeaient le culte secret et l’administration de la justice, et, en tant que prophètes, il révélait l’avenir. Les rites secrets de ces mystères célébraient la mort de Balder, le beau et aimable, et dépeignaient le deuil des dieux et des hommes à sa mort, ainsi que sa résurrection.


Comme écrit plus haut, l’Edda poétique mentionne trois puits associés à Yggdrasil : Hvergelmir, le puits de Mimir et le puits d’Urd. Une lecture moderne, basée sur les écrits de Snorri dans la Gylfaginning, situe Hvergelmir dans le royaume souterrain de Niflheim, le puits de Mimir à la frontière de Jötunheim parallèle à Midgard, et le puits d’Urd dans les hauteurs célestes, aligné avec Asgard. Cette disposition offre une répartition équilibrée des trois puits et des racines d’Yggdrasil qu’ils maintiennent, répartis sur trois strates distinctes de l’axe VERTICAL.

Cependant, il est proposé par certains que, dans un vers scaldique écrit par Eilif Guðrúnarson, un poète récemment converti au christianisme et dont le travail est conservé dans le Skáldskaparmál 65, le Christ est décrit comme ayant son trône « au sud, près du puits d’Urd ». Dans la croyance païenne, le puits d’Urd est l’endroit où les dieux tiennent leur assemblée quotidienne. Par conséquent, un nouveau converti, encore incertain des enseignements de sa nouvelle foi, pourrait instinctivement situer sa nouvelle divinité dans l’espace sacré de son ancienne religion, que ce soit par méconnaissance ou intentionnellement. De cette manière, le Christ est placé à l’endroit de rassemblement des Æsir, « au sud près du puits d’Urd ».

Selon Gylfaginning 4, le puits Hvergelmir est situé au nord, au centre de Niflheim, le monde primordial de la gelée et de la glace. Au sud, Gylfaginning parle d’un monde primordial de chaleur et de feu. Un grand gouffre appelé Ginnungagap se trouve entre eux. Dans Gylfaginning 15, Snorri nous informe que le puits de Mimir est situé là où « Ginnungagap était autrefois ». Comme le scald Eilif a placé le puits d’Urd dans le « sud », l’emplacement des trois puits correspond ainsi aux conditions contemporaines de la création décrites dans Gylfaginning 5 : l’un est situé à Niflheim, un monde de glace au nord ; un second est situé là où se trouvait autrefois l’abîme vide, Ginnungagap, et un troisième (le puits d’Urd) est situé « au sud » à l’intérieur ou près du monde de chaleur et de feu, habité par Surt, qui arrive à la bataille de Ragnarök, également « du sud » selon Völuspá 52.

Cette cartographie des trois puits, dérivée de sources poétique, nous donne une répartition uniforme des trois puits et des racines d’Yggdrasil qu’ils soutiennent, le long d’un axe HORIZONTAL du nord au sud.

Comment alors réconcilier ces deux perspectives ? Devons-nous, à l’instar du monde anglo-saxon, considérer Snorri comme un paria influencé par le christianisme, ou simplement comme un scribe qui n’a pas saisi la profondeur de la sagesse poétique ? Ou bien Yggdrasil cache-t-il une sagesse encore plus ancienne, que nous avons négligée ou que l’on nous a persuadés d’ignorer au cours des huit derniers siècles, en nous faisant croire que cette connaissance ne nous appartenait pas ?

Mais poursuivons.

Étant donné que les dieux y montent « chaque jour » au puits d’Urd, comme le mentionnent les strophes 29 et 30 du Grímnismál, il est logique que le Bifröst, le pont arc-en-ciel, leur offre un passage vers ce lieu sacré, peu importe leur point de départ. Le trajet semble être de grande envergure, car les dieux se déplacent à cheval pour l’atteindre, et Thor, qui ne peut chevaucher le pont, doit franchir au moins quatre fleuves pour y parvenir. L’importance de cette distance est d’autant plus marquée que les montures divines ont la capacité de voler.


Les chevaux volants

Dans le chapitre 35 de la Gylfaginning, il est mentionné que Gna, la messagère de Frigg, possède un cheval nommé Hófvarpnir capable de galoper à travers l’air et l’océan (er renn loft ok lög). De la même façon, quand le géant Hrungnir aperçoit Odin sur Sleipnir pour la première fois dans le Skáldskaparmál 17, il s’interroge sur cet homme qui peut « chevaucher à travers l’air et l’océan » (er ríðr loft ok lög). Dans le Fáfnismál 15, l’air est assimilé à un fleuve où les chevaux des dieux « nageront » une fois le pont Bifröst rompu. Ce dernier s’effondre sous le poids des cavaliers, quand Surt et ses troupes, venant du sud (la direction du puits d’Urd), tentent de monter vers Asgard durant le Ragnarök. Tout comme un pont terrestre traverse un cours d’eau, le Bifröst s’étend au-dessus de l’atmosphère, envisagée comme un vaste océan aux courants tumultueux (voir Grímnismál 21). Traverser un pont est plus aisé que de nager à travers un fleuve, d’où l’utilité du Bifröst pour franchir de grandes distances dans l’atmosphère. Bien que les chevaux des dieux puissent voler, ils se déplacent avec plus d’efficacité sur un chemin ferme, à l’image d’un cheval préférant courir sur un sol stable.

De la même façon, les guerriers tombés au combat et choisis pour le Valhalla rejoignent la demeure des braves en chevauchant sur le pont Bifröst. Le poème scaldique Eiríksmál, rapporté dans le Fagrskinna au chapitre 8, offre une description particulièrement détaillée de l’arrivée d’un roi et de sa suite au Valhalla (voir aussi Grímnismál 21). Dans ce récit, le roi Eirík précède une imposante troupe de cavaliers, incluant six rois, lui-même y compris, ainsi que leurs armées. Il est évident, dans ce contexte, qu’ils parviennent au Valhalla en empruntant Bifröst. Un autre exemple est donné dans Helgakviða Hundingsbana II, strophe 49, où après avoir conversé avec Sigrun en pleurs qui l’a invoqué depuis sa tombe, le héros défunt Helgi déclare :

Mál er mér at ríða
roðnar brautir,
láta fölvan jó
flugstíg troða;
skal ek fyr vestan
vindhjalms brúar,
áðr Salgófnir
sigrþjóð veki.
Je dois maintenant monter
les routes rougies,
laisser mon cheval pâle
piétiner le chemin du vol ;
je dois aller à l’ouest
au-delà du pont de Vindhjalm,
avant que Salgófnir
ne réveille l’armée victorieuse.

La majorité des exégètes s’accordent sur l’interprétation du verset évoquant Bifröst [vindhjalms brú] comme une voie céleste menant à Asgard. Carolyne Larrington, par exemple, le décrit comme « le pont Ás-brú… que Helgi doit emprunter pour regagner Valhöll » ; alors que Finnur Jónsson, dans le Kommentar zu den Liedern der Edda, Bd. 4 (2004), le désigne comme « Bifröst/Bilröst, ‘l’arc-en-ciel’ ». Suite à son invocation par Sigrun pour revenir à Midgard, le défunt Helgi doit repartir pour Valhöll à Asgard, en traversant Bifröst, avant que le chant du coq ne marque l’arrivée de l’aube. Ainsi, les héros mortels s’élèvent sur Bifröst, franchissant le firmament, pour parvenir à Asgard.

Þat mank enn,
es upp of hóf
í Goðheim
Gauta spjalli
ættar ask,
þanns óx af mér,
ok kynvið
kvánar minnar
Je me souviens encore,
quand j’ai élevé vers le haut
dans la demeure des dieux,
l’ami des Gauts (Odin),
l’arbre de la lignée,
qui a grandi de moi,
et du bois de parenté
de ma femme.

D’autres poèmes scaldiques, comme Eíriksmál (vers 954), confirment que les guerriers tombés au combat arrivent à la Valhöll en passant par Bifröst. Là-bas, le bruit qu’ils font est si grand que le dieu Bragi se demande si ce pourrait être Baldur qui revient de chez Hel. De tout cela, nous pouvons conclure que la conception authentique de la cosmologie nordique place Asgard au ciel, c’est-à-dire en haut de son axe vertical.


Urðarbrunnr – Le puits d’Urd

Pourrait-on situer le puits d’Urd à l’une des extrémités de Bifröst ou se trouve-t-il dans les cieux ? Cette interrogation sera examinée à travers l’analyse de des vers du Grímnismál et de la Gylfaginnig.

Le puits d’Urd est l’un des trois puits situés sous les racines de l’arbre du monde, Yggdrasil. Selon la tradition, ce puits est associé à la destinée et est gardé par les Nornes, les divinités du destin. Les dieux se rendent chaque jour à ce puits pour tenir conseil.

Dans le chapitre 15 de Gylfaginning, l’Égal du Très-Haut, assis et s’adressant à Gangleri (qui est en réalité le roi Gylfi déguisé), parle d’Yggdrasil et de ses racines. L’Égal du Très-Haut décrit trois racines qui soutiennent Yggdrasil, chacune s’étendant sur une grande distance. La troisième racine se trouve « parmi les Æsir », « s’étend jusqu’au ciel » et, en dessous, se trouve le « très saint » Urðarbrunnr. L’Égal du Très-Haut explique que chaque jour, les dieux empruntent le pont Bifröst pour se rassembler près du puits.

Le Très-Haut fournit des informations supplémentaires sur le puits dans le chapitre 16. Il mentionne qu’il existe de nombreux lieux magnifiques dans le ciel, et que « partout, ils sont entourés d’une protection divine ». Sous le frêne Yggdrasil, près du puits Urðarbrunnr, se trouve une belle salle d’où émergent « trois jeunes filles » nommées Urðr, Verðandi et Skuld. Ces jeunes filles déterminent le destin des hommes, et « nous les appelons les Nornes ». Le Très-Haut poursuit en expliquant qu’il existe d’autres Nornes, et décrit leur nature.

Plus loin dans le chapitre 16, le Très-Haut révèle que les Nornes résidant près d’Urðarbrunnr puisent de l’eau du puits et de la boue qui l’entoure, et les répandent sur Yggdrasil afin que ses branches ne se décomposent ni ne pourrissent. L’eau est si sacrée que tout ce qui y entre devient « aussi blanc que la membrane appelée la peau qui se trouve à l’intérieur de la coquille d’un œuf ». Le Très-Haut cite ensuite la strophe 19 de la Völuspá, et mentionne que deux cygnes se nourrissent à ce puits, d’où proviennent tous les autres cygnes. Au début du chapitre 17, Gangleri interroge sur les autres « centres principaux » existant en dehors d’Urðarbrunnr.

Þriðja rót asksins stendr á himni, ok undir þeiri rót er brunnr sá, er mjök er heilagr, er heitir Urðarbrunnr. Þar eiga goðin dómstað sinn. Hvern dag ríða æsir þangat upp um Bifröst. Hon heitir ok ásbrú. Hestar ásanna heita svá: Sleipnir er baztr, hann á Óðinn. Hann hefir átta fætr. Annar er Glaðr, þriði Gyllir, fjórði Glenr, fimmti Skeiðbrimir, sétti Silfrintoppr, sjaundi Sinir, átti Gísl, níundi Falhófnir, tíundi Gulltoppr, ellifti Léttfeti. Baldrs hestr var brenndr með honum, en Þórr gengr til dómsins.
La troisième racine de l’arbre s’étend jusqu’au ciel, et sous cette racine se trouve un puits qui est très sacré, appelé Urðarbrunnr. Les dieux y ont leur lieu de jugement. Chaque jour, les Æsir y montent en empruntant Bifröst. Ce pont est également appelé Ásbrú. Les noms des chevaux des Æsir sont les suivants : Sleipnir est le meilleur, il appartient à Odin et a huit jambes. Le deuxième est Glaðr, le troisième Gyllir, le quatrième Glenr, le cinquième Skeiðbrimir, le sixième Silfrintoppr, le septième Sinir, le huitième Gísl, le neuvième Falhófnir, le dixième Gulltoppr, le onzième Léttfeti. Le cheval de Baldr a été brûlé avec lui, mais Thor marche jusqu’au lieu du jugement.

Snorri élargit la liste des dix chevaux mentionnés dans Grímnismál 30 en y ajoutant deux autres : Sleipnir, le cheval d’Odin, et le cheval de Baldr, qui a été incinéré avec lui. Thor, comme mentionné dans Grímnismál 29, se rend à pied au puits d’Urd. Parmi ces chevaux, l’identité du cavalier n’est certaine que pour l’un d’entre eux : il s’agit de Heimdall, qui chevauche Gulltopp.

Heimdallr heitir einn. Hann er kallaðr hvíti áss. Hann er mikill ok heilagr. Hann báru at syni meyjar níu ok allar systr. Hann heitir ok Hallinskíði ok Gullintanni. Tennr hans váru af gulli. Hestr hans heitir Gulltoppr. Hann býr þar, er heita Himinbjörg við Bifröst. Hann er vörðr goða ok sitr þar við himins enda at gæta brúarinnar fyrir bergrisum.
Heimdallr est son nom. Il est appelé l’As blanc. Il est grand et sacré. Neuf vierges, toutes sœurs, l’ont donné naissance. Il est également appelé Hallinskíði et Gullintanni. Ses dents sont en or. Son cheval s’appelle Gulltoppr. Il réside là où se trouvent les Himinbjörg près de Bifröst. Il est le gardien des dieux et siège à l’extrémité du ciel pour protéger le pont contre les géants de la montagne.

Snorri confirme dans le Skáldskaparmál 15 que Heimdallr est le maître de Gulltoppr. Dans la Gylfaginning 49, Heimdall chevauche ce même cheval pour assister aux funérailles de Baldr (il est mentionné que Heimdallr a chevauché le cheval nommé Gulltoppr).

Par conséquent, parmi les cavaliers se rendant quotidiennement au puits d’Urd, nous pouvons identifier Heimdall, qui monte Gulltop. Étant donné qu’il s’y rend chaque jour, on peut en déduire qu’il part de sa demeure à Himinbjörg (voir Grímnismál 13), située près de l’une des extrémités du pont Bifröst et qu’en conséquence, le pont arc-en-ciel n’a pas besoin de descendre jusqu’à raz le sol pour faire voyager les dieux jusqu’au puit. Ils peuvent voyager sur le pont peut importe l’endroit où ils se trouvent.

Il est intéressant de noter qu’un puits est généralement une excavation verticale permettant l’accès à une source d’eau souterraine. Par ailleurs, le terme « brunnr » en vieux norrois prête à confusion, car il peut signifier à la fois « puits » et « source ». Ainsi se pose la question : est-ce le puits ou la source qui est sacré ? Est-ce le puits ou sa source qui se trouve dans le ciel ? Certains traducteurs interprètent littéralement « Urðarbrunnr » comme la source d’Urd ou la source du destin, tandis que d’autres utilisent « brunnr » dans son sens habituel de puits ou de fontaine. Si le puits est physiquement situé dans le ciel, il se pourrait que la racine ait poussé depuis la source souterraine et le puits jusqu’au ciel, le puits se trouvant alors sous la racine, et cette dernière émergeant du puits. Si « Urðarbrunnr » désigne plutôt la source d’Urd, comme mentionné précédemment, alors la racine qui s’étend jusqu’au ciel avec la très sainte source d’Urd en dessous pourrait représenter l’humidité ou la rosée utilisée pour soigner Yggdrasil. Enfin, dans le Hávamál 111, il est dit qu’assis sur son trône à Thule, près du puits d’Urd, il parlera de ce qu’il a vu et entendu. De même, dans la Völuspá 19, il est dit qu’Yggdrasil s’élève au-dessus du puits d’Urd, ce qui n’entre pas en contradiction avec l’idée de la source ou du puits, puisque l’arbre couvre tout le ciel. Ainsi, la forme est le puit et le fond est la source.

Mais avons-nous besoin de nous poser ces questions? Comment concilier le tout?


Yggdrasil est l’Arbre de Vie

Dans la vision moderne universitaire de la cosmologie de l’ancien norrois, Asgard est perçue comme une cité céleste située dans le ciel. Toutefois, certains commentateurs de l’Edda soutiennent que Snorri Sturluson a délibérément placé Asgard sur terre, avec le puits d’Urd dans les cieux, aux extrémités opposées du pont. Nous contestons cependant cette interprétation, considérant le prologue de la Gylfaginning comme l’un des nombreux voyages des dieux sur terre. Cette perspective permet d’expliquer comment Wotan a pu engendrer la plupart des dynasties royales en Europe et ailleurs. Selon notre compréhension, le puits d’Urd se trouve dans le ciel, sous Yggdrasil, et Asgard est également située dans le ciel. Cette interprétation est renforcée par un verset skaldique du poète païen Egil Skallagrímsson (vers 910-990), qui exprime son chagrin pour un fils parti pour la Valhöll. Le verset 21 de son poème Sonatorrek inclut la phrase upp í goðheim, qui se traduit par ‘en haut dans la demeure des dieux (Gotheim)’, confirmant ainsi la localisation céleste d’Asgard.

Une idée rarement explorée suggère que Snorri pourrait décrire Yggdrasil et ses royaumes à travers le prisme de l’Arbre de Vie. La racine du puits d’Urd, s’étirant vers le ciel, symboliserait le pilier central de l’Arbre de Vie et de ses sphères. Ce pilier, ou cette racine, se prolonge alors jusqu’aux cieux de Gotheim. En outre, le chapitre 39 de la Gylfaginning énumère 26 rivières. Si l’on considère les sphères de la racine centrale de l’Arbre de Vie, leur somme totalise également 26 : 10 + 9 + 6 + 1 = 26.

Le Grímnismál décrit le Valhalla en déclarant qu’il possède 540 portes. Chaque porte peut accueillir 800 guerriers marchant côte à côte.
De cela, j’en conclus que notre peuple trouvera le salut lorsque nous serons
540 x 8 x 100 = 432 000 Wotanistes pratiquant l’autodiscipline et étudiant l’Edda.
Par la suite, nous passerons à travers ces 540 portes, menés par le Puissant Wotan, pour contrer la menace de notre extinction.

Sæhrímnir – 🌲 Mímameiðr 🌲 (wordpress.com)
Le pilier du milieu est le chemin du Valhalla et aussi de Bilskirnir avec 540 chambres.
C’est-à-dire 10x9x6x1 = 540
Il est aussi possible de faire l’addition du pilier du milieu.
En remplaçant Erda par son équivalent Jord, nous obtenons ce résultat :
G(3) + I(10) + M(40) + L(30) + É(5) = 88=16=7
S(200) + I(10) + N(50) + D(4) + R(100) + I(10)=374=14=5
B(2) + R(100) + I(10) + M(40) + I(10) + R(100)=262=10
J(10) + ǫ(70) + r(100) + ð(4) = 184=13=4
7+5+10+4=26
Quatre Mondes survivent au feu dévastateur de Surt.


Gylfaginning 39
Il y a encore plus à dire sur le cerf Eikþyrnir, qui se tient dans le Valhalla et broute les branches de cet arbre, et de ses cornes s’écoule une telle quantité de gouttes qu’elles descendent dans Hvergelmir, et de là tombent les rivières qui sont nommées ainsi : Síð, Víð, Sekin, Ekin, Svöl, Gunnþró, Fjörm, Fimbulþul, Gipul, Göpul, Gömul, Geirvimul, celles-ci coulent à travers les demeures des Ases. Ces rivières sont également nommées : Þyn, Vin, Þöll, Böll, Gráð, Gunnþráin, Nyt, Nöt, Nönn, Hrönn, Vína, Veg, Svinn, Þjóðnuma.

Pour harmoniser les récits de la Gylfaginning et du Grímnismál, une approche intéressante est de considérer Yggdrasil en tant que l’Arbre de Vie le mieux décrit. Cette perspective permet d’explorer les divers éléments de la mythologie nordique et de concilier l’Edda poétique et l’Edda en prose.

Grímnismál, 31
Sous Yggdrasil s’enfoncent trois
racines, qui poussent dans trois
directions; Hel demeure sous l’une
les Thurses de givre sous l’autre, et
les hommes sous la troisième.

Gylfaginning 15
Il est supporté
par trois racines, qui sont extrêmement éloignées les unes des
autres. L’une est située chez les Ases, la seconde chez les géants
du givre, là où autrefois était l’immense abîme Ginnungagap,
et la troisième couvre le monde de Niflheim.
(…)
La troisième racine de l’arbre s’étend jusqu’au ciel, et sous cette racine se trouve un puits/source très sacré appelé le puits/source d’Urd. C’est là que les dieux ont leur lieu de jugement. Chaque jour, les Æsir y montent en empruntant Bifröst. Ce pont est également appelé le pont des Ases.

C’est-à-dire jusqu’au Gotheim.

L’axe VERTICAL et l’axe HORIZONTAL mentionnés plus haut y sont respectés

Il est regrettable que certains éminents commentateurs de l’Edda puissent conclure que Snorri ait été influencé par le christianisme.

Il n’est pas indispensable de s’attarder sur cette question ; Snorri n’a pas été influencé par le christianisme, mais a plutôt préservé notre foi ancestrale. En réalité, l’histoire du Sidr aura connu quatre moments clés qui auront permis à cette tradition de perdurer sur Terre, témoignant de sa résilience et de sa capacité à traverser les époques et elle nous permettra aussi d’assurer une destiné aux fils de Heimdall.


-1 : Wotan arrivé d’Anatolie dans le Nord (avant lui c’était le culte de la matière, la voie d’Ymir).
-2 : A l’arrivée de l’ère chrétienne, rompre avec l’interdit principal du Sidr, celui de l’écriture (car toute lettre renferme un son qui renferme une rune). Saemund le sage après la destruction du temple a mis les chants anciens et les chants héroïques à l’écrit. Ceux qui sont restés accrochés à l’ancienne formule ont disparu (les sages-femmes). Tout ce qui a survécu est uniquement ce que Saemund a consigné.
-3 : Snorri Sturluson, comprenant que les chants sacrés perdaient leur sens pour les gens, que ça allait devenir folklorique, une curiosité que personne ne pourrait étudier. Il a fait la jeune Edda (la Gylfaginning qui explique le Sidr, le Skáldskaparmál qui donne la méthode pour avancer dans le Sidr, et le Háttatal qui donne le but (la réparation de la parole).
-4 : Wodenson : fin de l’ère chrétienne en 1904, et Wodenson amène les 14 Mots en 1984, sans lesquels toute l’Edda peut donner l’Asatru (religion universaliste, pire que du folklore – du poison). Le Divin donne toujours le remède avant la catastrophe : quand Ymir est devenu le boss, Buri était déjà pris dans les glaces. Perso : tout ce que font les Muspelheimer se retourne contre eux.



En résumé, l’analyse du texte offre une compréhension à la fois complexe et précise de la position d’Asgard et du Puits d’Urd dans la mythologie nordique. D’un côté, Asgard est traditionnellement perçue comme une cité céleste, une interprétation appuyée par les écrits de Snorri Sturluson et l’Edda poétique. Snorri décrit la troisième racine d’Yggdrasil s’élevant vers le ciel, parallèlement à Asgard, tandis que l’Edda poétique révèle que si Thor traversait Ás-brú, les eaux sacrées du puits d’Urd bouillonneraient. Cette vision situe Asgard non pas sur Terre, mais dans les cieux.

Snorri possédait une connaissance approfondie de l’arbre de vie, comme le démontre également la conciliation avec Grímnismál.

Le Puits d’Urd est également décrit comme un élément céleste. Placé sous l’une des racines d’Yggdrasil qui atteint le ciel, le puits est lié à la divinité et à la sagesse, accentuant ainsi son caractère sacré et élevé.

En ce qui concerne le Bifröst, le pont arc-en-ciel, le texte suggère qu’il n’est pas nécessaire qu’il se connecte physiquement à la Terre pour permettre aux dieux de voyager. Cette notion appuie l’idée qu’Asgard et le Puits d’Urd sont des entités célestes et met en lumière la nature métaphorique et spirituelle du Bifröst, servant de passage entre les mondes et permettant à Heimdall de l’emprunter depuis le bout du ciel jusqu’au puits.

Ainsi, les écrits de l’Edda sont cohérents et devraient être interprétés comme un code de vie pour percer l’illusion de notre existence. Les dieux nous ont donné tous les outils nécessaires ; il ne reste qu’à les utiliser.

Alu!

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