Skáldskaparmál, 81

81. Mannaheiti.

Skáld heita greppar, ok rétt er í skáldskap at kalla svá hvern mann, er vill. Rekkar váru kallaðir þeir menn, er fylgðu Hálfi konungi, ok af þeirra nafni eru rekkar kallaðir hermenn, ok er rétt at kalla svá alla menn. Lofðar heita ok menn í skáldskap, sem fyrr er ritat. Skatnar váru þeir menn kallaðir, er fylgðu þeim konungi, er Skati mildi var kallaðr. Af hans nafni er skati kallaðr hverr, er mildr er. Bragnar heita þeir, er fylgðu Braga konungi inum gamla. Virðar heita þeir menn, er meta mál manna. Fyrðar ok firar ok verar heita landvarnarmenn. Víkingar ok flotnar, þat er skipa herr. Beimar, svá hétu þeir, er fylgðu Beimuna konungi. Gumnar eða gumar heita flokkstjórar, svá sem gumi er kallaðr í brúðför. Gotnar eru kallaðir af heiti konungs þess, er Goti er nefndr, er Gotland er við kent. Hann var kallaðr af nafni Óðins ok dregit af Gauts nafni, því at Gautland eða Gotland var kallat af nafni Óðins, en Svíþjóð af nafni Sviðurs. Þat er ok heiti Óðins. Í þann tíma var kallat allt meginland, þat er hann átti, Reiðgotaland, en eyjar allar Eygotaland. Þat er nú kallat Danaveldi ok Svíaveldi. Drengir heita ungir menn búlausir, meðan þeir afla sér fjár eða orðstír, þeir fardrengir, er milli landa fara, þeir konungsdrengir, er höfðingjum þjóna, þeir ok drengir, er þjóna ríkum mönnum eða bóndum. Drengir heita vaskir menn ok batnandi.
   Seggir eru kallaðir ok kníar ok liðar, þat eru fylgðarmenn. Þegnar ok hölðar, svá eru búendr kallaðir. Ljónar heita þeir menn, er ganga of sættir manna. Þeir menn eru, er svá eru kallaðir: kappar, kenpur, garpar, snillingar, hreystimenn, harðmenni, afarmenni, hetjur. Þessi heiti standa hér í mót at kalla mann blauðan, veykan, þjarfan, þirfing, blotamann, skauð, skræfu, skrjáð, vák, vám, læra, sleyma, teyða, dugga, dási, dirokkr, dusilmenni, ölmusa, auvirð, vílmögr. Örr maðr heitir mildingr, mæringr, skati, þjóðskati, gullskati, mannbaldr, sælingr, sælkeri, auðkýfingr, ríkmenni, höfðingi. Hér í mót er svá kallat: hnöggvingr, glöggvingr, mælingr, vesalingr, féníðingr, gjöflati. Heitir spekingr ráðvaldr. Heitir ok óvitr maðr fífl, afglapi, gassi, ginningr, gaurr, glópr, snápr, fóli, ærr, óðr, galinn. Snyrtimaðr ofláti, drengr, glæsimaðr, stertimaðr, prýðimaðr. Heitir hraumi, skrápr, skrokkr, skeiðklofi, flangi, slinni, fjósnir, slápr, dröttr.
   Lýðr heitir landfólk eða ljóðr. Heitir ok þræll kefsir, þjónn, önnungr, þirr.


81. Les Heiti-des-hommes.

Les scaldes sont appelés greppar1, et il est correct en art-poétique de désigner ainsi tout homme, qui que l’on veuille. On appelait rekkar2 ces hommes, qui escortaient le konungr Hálfr, et c’est d’après leur nom que les hommes-de-guerre3 sont appelés rekkar, et il est juste de nommer ainsi tous les hommes. Les hommes sont aussi appelés lofðar en art-poétique, ainsi qu’il a été écrit plus haut. On appelait ces hommes des skatnar4, ceux qui suivaient ce konungr, qui était nommé Skati le Généreux. D’après son nom on appelle skati, quiconque est généreux. Ceux-là sont appelés bragnar5, ceux qui formaient la suite du konungr Bragi l’Ancien. On appelle virðar6 les hommes, qui évaluent les affaires des hommes. Les fyrðar7 et firar8 et verar9 portent le nom d’hommes-de-la-défense-du-pays10. Les víkingar11 et les flotnar12, autrement dit l’armée des navires. Beimar13, ainsi s’appelaient ceux-ci, qui suivaient le roi Beimuni14. Gumnar ou gumar sont les noms donnés aux meneurs-de-troupe15, de même que gumi16 désigne le marié dans une procession-nuptiale17. Les Gotnar sont ainsi appelés d’après le nom de ce konungr, qui est nommé Goti, et à qui le Gotland doit son nom. Il fut appelé d’après le nom d’Óðinn, et son nom fut tiré du nom de Gautr, parce que le Gautland ou le Gotland fut appelé d’après ce nom d’Óðinn, tandis que la Suède le fut d’après le nom de Sviðurr. Ce nom est également un heiti d’Óðinn. En ce temps-là fut nommée toute la terre-ferme18 , celle qu’il possédait, Reiðgotaland19, et toutes les îles [,] Eygotaland20. C’est ce qu’on appelle maintenant le Danaveldi21 et le Svíaveldi22. Sont appelés drengir23 les jeunes hommes sans-établissement24, tandis qu’ils acquièrent pour eux-mêmes des biens ou de la renommée, ceux-là sont les fardrengir25, qui voyagent entre les pays, ceux-là sont les drengir-du-konungr26, qui servent des chefs27, et il y a aussi des drengir, qui servent des hommes puissants ou des bœndr28. Sont appelés drengir les hommes vaillants et ceux qui progressent29.
Les seggir30 sont aussi appelés kníar31 et liðar32, ce sont des hommes-de-suite33. Þegnar34 et hölðar35, ainsi sont appelés les bœndr36. Les ljónar37 désignent les hommes qui s’emploient à réconcilier les hommes. Les hommes que voici, sont également appelés ainsi : kappar38, kenpur39, garpar40, snillingar41, hreystimenn42, harðmenni43, afarmenni44, hetjur45. En opposition à ces heiti[,] on appelle ici un homme lâche (blauðr), veykan46, þjarfan47, þirfing48, blotamann49, skauð50, skræfu51, skrjáð52, vák53, vám54, læra55, sleyma56, teyða57, dugga58, dási59, dirokkr60, dusilmenni61, ölmusa62, auvirð63, vílmögr64. Est appelé mildingr65 l’homme généreux, mæringr66, skati67, þjóðskati68, gullskati69, mannbaldr70, sælingr71, sælkeri72, auðkýfingr73, ríkmenni74, höfðingi75. À l’inverse est ainsi appelé : hnöggvingr76, glöggvingr77, mælingr78, vesalingr79, féníðingr80, gjöflati81. Est appelé ráðvaldr82 l’homme sage. Un homme dépourvu de sagesse est aussi appelé fífl83, afglapi84, gassi85, ginningr86, gaurr87, glópr88, snápr89, fóli90, ærr91, óðr92, galinn93. Un homme-élégant94 [:] ofláti95, drengr96, glæsimaðr97, stertimaðr98, prýðimaðr99. Est appelé [:] hraumi100, skrápr101, skrokkr102, skeiðklofi103, flangi104, slinni105, fjósnir106, slápr107, dröttr108.
Le lýðr109 est appelé landfólk110 ou ljóðr111. Un þræll112 est aussi appelé kefsir113, þjónn114, önnungr115, þirr116.


TermeNoyau étymologiqueCalque interprétatif
kapparkapp, compétition, émulationceux-qui-se-mesurent
kenpur / kempurcombat/champion, probablement famille germano-latine de campus/campiohommes-du-combat
garparobscur ; possiblement hardiesse/fanfaronnadehommes-hardis
snillingarfamille de snjallr, PGmc *snellaz, vif/rapide → excellenthommes-d’excellence
hreystimennhreysti, courage, de la famille de hraustrhommes-de-vaillance
harðmenniharðr, dur, ferme, PGmc *harduzhommes-durs
afarmenniafar-, intensif « excessivement, extraordinairement »hommes-au-delà-de-la-mesure
hetjurprobablement famille de hetja, provoquer/inciter/défierceux-qui-relèvent-le-défi
TermeNoyau étymologiqueCalque interprétatif
veikrPGmc *waikwaz, « faible, souple » ; angl. weak, all. weichhomme-qui-cède / homme-faible
þjarfrprob. famille de þurfa / þörf, « avoir besoin / besoin »homme-dans-le-besoin
þirfingrprob. même famille þörf / þurfa + suffixe -ingrle-nécessiteux
blotamaðrpremier élément obscur ; prob. rapprochement avec blautr, « mou, faible » + maðrhomme-mou
skauðprob. « enveloppe, étui » → sexe féminin → injuremauviette / homme-efféminé
skræfaradical expressif skræf-, étymologie obscurele-poltron
skrjáðprob. famille expressive évoquant sécheresse, froissement, délabrementhomme-loque / homme-rabougri
vákrétymologie obscure ; possible terme ancien de faiblessehomme-sans-vigueur
vámrvám, « souillure, honte, défaut », famille germ. prob. *wamm-homme-de-honte / homme-souillé
læriobscur ; rapprochement avec lær, « cuisse », possible mais très spéculatiffaible / couard
sleymisleim-/slím, « mucus, matière visqueuse » ; cf. angl. slime, all. Schleimhomme-visqueux / homme-mou
teyðiobscur ; rapprochement possible avec teygja, « tirer, étirer »homme-flasque / étiré (spéc.)
duggiobscur ; rapprochement possible avec duga, « être capable, valoir »incapable / homme-sans-valeur (spéc.)
dásifamille de dasa, « étourdir, hébéter, épuiser »l’hébété
dirokkraucune analyse sûrele-couard / le-misérable
dusilmennidusill « faible, misérable » + menni, « personne »homme-faible / piètre-homme
ölmusalat. eleemosyna ← grec ἐλεημοσύνη, « compassion, aumône »homme-d’aumône / objet-de-charité
auvirðrfamille de virða, « estimer, évaluer » avec élément dépréciatif au-homme-sans-estime / sans-valeur
vílmögrvíl, « détresse, abattement » + mögr, « fils, garçon, homme »homme-de-détresse / fils-du-chagrin
TermeNoyau étymologiqueCalque interprétatif
mæringrmærr, « célèbre, illustre » + -ingrl’Illustre / homme-de-renommée
skatiétymologie profonde obscure ; traditionnellement associé à l’idée de générositéle-Généreux
þjóðskatiþjóð, « peuple, nation » + skatile-Généreux-du-peuple / prince-du-peuple
gullskatigull, « or » + skatile-Généreux-en-or / dispensateur-d’or
mannbaldrmann-, « homme » + baldr, « hardi, audacieux »le-Hardi-parmi-les-hommes / homme-hardi
sælingrsæll, « heureux, prospère, fortuné » + -ingrle-Fortuné / le-Prospère
sælkerifamille de sæll / sæla, « bonheur, bien-être » + élément -keri obscuramateur-de-bien-être / homme-de-plaisir / gourmet
auðkýfingrauðr, « richesse, fortune » + kýfingr (prob. idée d’amoncellement/gonflement)homme-gonflé-de-richesse / homme-aux-richesses-amoncelées
ríkmenniríkr, « puissant, riche » + menni, « personne, homme »homme-de-puissance / homme-puissant
höfðingihǫfuð / höfuð, « tête » + -ingicelui-qui-est-à-la-tête / chef
TermeNoyau étymologiqueCalque interprétatif
hnöggvingrfamille de hnöggr / hnǫggr, « avare, chiche, parcimonieux » ; origine profonde obscurele-Chiche / homme-qui-retient
glöggvingrglöggr / gløggr, « clairvoyant, précis, attentif, minutieux », puis « regardant, parcimonieux »le-Regardant / celui-qui-compte-tout
mælingrprobablement famille de mæla, « mesurer »le-Mesureur / celui-qui-donne-à-la-mesure
vesalingrvesall, « pauvre, misérable, malheureux » + -ingrle-Misérable / le-Pauvre-hère
féníðingrfé, « biens, richesse, argent » + níðingr, « homme infâme, déshonoré »l’infâme-des-biens / le-ladre-déshonorant
gjöflatigjöf, « don, présent » + famille de latr, « lent, paresseux, tardif »le-Lent-au-don / celui-qui-tarde-à-donner
TermeNoyau étymologiqueCalque interprétatif
fíflancienne famille germ. représentée aussi par v. angl. fifel, « monstre, géant » ; origine profonde obscurele-Monstrueux → le-Sot (spéc.)
afglapiaf- + famille de glap, « erreur, méprise, égarement » ; formation précise discutéel’Égaré / celui-qui-se-trompe
gassiorigine obscure, probablement expressive ; possible image animale ou comportement bruyant/fanfaronle-Fanfaron / le-Lourdaud
ginningrginna, « tromper, duper, séduire » + -ingrle-Dupé / celui-que-l’on-trompe
gaurrprobablement famille expressive de gaura, « crier, hurler, faire du vacarme »le-Braillard / le-Rustre
glóprorigine obscure ; rapprochement possible avec le champ de « béer, regarder stupidement »le-Béant / celui-qui-reste-à-regarder (spéc.)
snáprétymologie obscure, probablement terme expressif dépréciatifle-Benêt / le-Pauvre-type
fóliprobablement emprunt médiéval, apparenté à v. fr. fol, angl. fool, ultimement lat. follisla-Tête-vide / le-Fou
ærrvieille famille scandinave de la folie, de l’égarement et de l’excitation ; préhistoire obscurele-Hors-de-soi
óðrPGmc *wōþaz, « furieux, possédé, inspiré » ; même famille qu’Óðinnle-Possédé / l’Inspiré-furieux
galinnparticipe de gala, « chanter, incanter »l’Ensorcelé-par-le-chant / l’Incanté
TermeNoyau étymologiqueCalque interprétatif
oflátiprobablement of-, « trop, excessivement » + famille de lát / láta, « comportement, manière d’agir »celui-qui-en-fait-trop / le-Poseur
drengrancien terme germanique pour « jeune homme, compagnon, homme de valeur » ; préhistoire obscurel’Homme-de-valeur / le-Compagnon-vaillant
glæsimaðrglæsi-, famille de l’éclat, de la magnificence et de la belle apparence + maðrhomme-brillant / homme-splendide
stertimaðrfamille de stertr, « queue, extrémité saillante », et de l’idée de la dresser / se rengorger + maðrle-Pavaneur / homme-qui-se-rengorge
prýðimaðrprýði, « parure, splendeur, excellence, ornement » + maðrhomme-de-parure / homme-d’excellence
TermeNoyau étymologiqueCalque interprétatif
hraumiétymologie obscure ; probablement terme expressif de rudesse/grossièretéle-Rustre / le-Mal-dégrossi
skráprprobablement famille de skráp-, « peau rude, croûte, enveloppe sèche »le-Rugueux / la-Vieille-peau
skrokkrskrokkr, « tronc, corps, carcasse »la-Carcasse / le-Grand-corps
skeiðklofiskeið + klofi, « fente, fourche, entrejambe », de kljúfa, « fendre »l’Enfourché / celui-aux-jambes-écartées
flangiprobablement famille de flanga, « aller çà et là, rôder, vagabonder »le-Vagabond / celui-qui-va-çà-et-là
slinniétymologie obscure ; probablement terme expressif pour un corps mou, long ou mal tenule-Grand-mou / le-Dégingandé
fjósnirclairement associé à fjós, « étable à vaches »l’Homme-d’étable
sláprfamille probablement liée à l’idée de relâchement, mollesse, laisser-allerle-Flasque / le-Mollasson
dröttrprobablement famille expressive de « traîner, se déplacer lourdement » ; incertainle-Traînard / le-Lourdaud
TermeNoyau étymologiqueCalque interprétatif
lýðrancienne famille germanique *leudiz, « peuple, gens »le-Peuple / la-Communauté
ljóðrprobablement même famille germanique que lýðr, sous une formation/vocalisation différentele-Peuple / la-Nation
landfólkland, « terre, pays » + fólk, « peuple, troupe, gens »peuple-du-pays / gens-de-la-terre
TermeNoyau étymologiqueCalque interprétatif
þrællancien germanique *þrēlaz / *þrǣlaz, « esclave, homme non libre » ; origine plus profonde discutéel’Esclave / l’Homme-non-libre
kefsirétymologie obscure ; probablement ancien terme servile ou professionnelle-Serviteur / l’Homme-de-basse-condition
þjónnfamille de þjóna, « servir » ; ancien vocabulaire germanique du servicel’Homme-de-service / le-Serviteur
önnungrprobablement önn, « travail, occupation, tâche » + suffixe personnel -ungr/-ingrl’Homme-du-travail / celui-qui-est-à-la-tâche
þirrétymologie très obscure ; sens fourni surtout par son inclusion parmi les heiti de þrællle-Serviteur / le-Subordonné

LXV. « Skalds are called bards; and in skaldship it is correct to call any man so whom one will. Those men who served King Hálfr were called Champions.[2] and from their name warriors are called champions; and it is correct to call all men so. In skaldship men are called Lofdar also, as is written above.[3] Those men were called Skatnar[4] who served the king named Skati the Munificent: from his name every one who is munificent is called Skati. They who followed Bragi the Old were called Bragnar.[5] They who assess the transactions of men are called taxers. Fyrdar[6] and Firar[7] are they called who defend the land. Vikings and fleet-men form a ship-army. They who followed King Beimuni were called Beimar.[8] Captains of companies are called Grooms, even as he is called who carries home a bride. The Goths are named after that king who was called Goti, from whom Gotland is named: he was so called after Odin’s name, derived from the name Gautr for Gautland or Gotland was named after Odin’s name, and Sweden from the name of Svidurr, which is also a title of Odin’s. At that time all the mainland which he possessed was called Reid-Gotaland, and all the islands, Ey-Gotaland: that is now called the Realm of Danes or of Swedes.

  1. Rekkar.
  2. See page 232.
  3. Plural of Skati = lordly, towering.
  4. Heroes.
    6, 7. Cf. A.-S. fyrd, firas.
  5. Heroes, Men.

« Young men not householders are called Drengs, while they are acquiring wealth and glory: sea-faring Drengs are they who voyage from land to land; King’s Drengs are they who serve rulers. They also are Drengs who serve wealthy men or franklins; valiant and ambitious men are called Drengs. Warriors are also called Champions and Troops: these are soldiers. Freeholders are called Thanes and Yeomen; those men who go about reconciling men are called Day-Men. These men are they who are called Champions, Kemps, Men of War, Brave Men, Valiant Men, Hardy Men, Overpowerers, Heroes. Over against these are the following terms: Soft, Weak, Unleavened, Leavenless, Melting One, Sheath, Coward, Skulker, Weakling, Qualmish, Caitiff, Scamp, Vile One, Dog, Lout, Feeble One, Paltry’ One, Imbecile, Bungler, Son of Wretchedness. »A good man of his hands is called Munificent, Illustrious, Towerer, Mighty Towerer, Towering Gold-Giver, Prince of Men, Wealthy One, Prosperous, Heaper-Up of Riches, Mighty Man, Chieftain. In contrast to these are they who are called Niggard, Miser, Calculator, Wretched One, Wealth-Hiding, Gift-Tardy One. A man wise in Counsel is called Wielder of Counsel. A witless man is called Clown, Oaf, Gander, Dupe, Boor, Idiot, Dolt, Fool, Madman, Maniac, Moon-Struck. One who thinks much of dress is called Gaudy, Dreng, Glittering One, Careful of Attire, Tricked-Out. A noisy fellow is called Shark-Skin, Braggart, Sheath-Cleaner, Fawner, Brawler, Good-for-Naught, Worthless One.
Common-folk are called Country-folk or People. A thrall is called Kept-Man, Serf, Laborer, Servant.

—

LXV. « Les scaldes sont appelés poètes ; et, dans la poésie scaldique, il est correct d’appeler ainsi n’importe quel homme que l’on souhaite. Les hommes qui servaient le roi Hálfr étaient appelés Champions.[2] et, d’après leur nom, les guerriers sont appelés champions ; et il est correct d’appeler ainsi tous les hommes. Dans la poésie scaldique, les hommes sont également appelés Lofðar, comme il est écrit plus haut.[3] Les hommes qui servaient le roi nommé Skati le Généreux étaient appelés Skatnar[4] : d’après son nom, quiconque est généreux est appelé Skati. Ceux qui suivaient Bragi l’Ancien étaient appelés Bragnar.[5] Ceux qui évaluent les transactions des hommes sont appelés estimateurs. Fyrðar[6] et Firar[7] sont appelés ceux qui défendent le pays. Les Vikings et les hommes de flotte forment une armée navale. Ceux qui suivaient le roi Beimuni étaient appelés Beimar.[8] Les chefs de compagnies sont appelés Garçons d’honneur, de même que celui qui ramène une épouse chez elle est ainsi appelé. Les Goths tirent leur nom de ce roi qui était appelé Goti, d’après lequel Gotland reçut son nom : il fut ainsi appelé d’après un nom d’Óðinn, dérivé du nom Gautr ; car Gautland ou Gotland fut nommé d’après un nom d’Óðinn, et la Suède d’après le nom de Sviðurr, qui est également un titre d’Óðinn. À cette époque, toute la terre ferme qu’il possédait était appelée Reið-Gautland, et toutes les îles, Ey-Gautland : cela est maintenant appelé le Royaume des Danois ou des Suédois.

2. Rekkar.
3. Voir page 232.
4. Pluriel de Skati = seigneurial, imposant.
5. Héros.
6. 7. Cf. anglo-saxon fyrd, firas.
8. Héros, Hommes.

« Les jeunes hommes qui ne sont pas maîtres de maison sont appelés Drengs, tandis qu’ils acquièrent richesse et gloire : les Drengs marins sont ceux qui voyagent de pays en pays ; les Drengs du roi sont ceux qui servent les souverains. Sont également Drengs ceux qui servent des hommes riches ou des propriétaires libres ; les hommes vaillants et ambitieux sont appelés Drengs. Les guerriers sont également appelés Champions et Troupes : ce sont des soldats. Les propriétaires libres sont appelés Thanes et Yeomen ; les hommes qui vont de l’un à l’autre pour réconcilier les hommes sont appelés Hommes-du-Jour. Ces hommes sont ceux que l’on appelle Champions, Combattants, Hommes de guerre, Hommes braves, Hommes vaillants, Hommes robustes, Dominateurs, Héros. À l’opposé de ceux-ci se trouvent les termes suivants : Mou, Faible, Sans levain, Dépourvu de levain, Celui qui fond, Fourreau, Lâche, Fuyard, Faiblard, Nauséeux, Misérable, Vaurien, Homme vil, Chien, Lourdaud, Chétif, Homme insignifiant, Imbécile, Maladroit, Fils de la misère. »
Un homme habile de ses mains est appelé Généreux, Illustre, Homme imposant, Puissant Homme imposant, Haut Donateur d’or, Prince des hommes, Homme riche, Prospère, Accumulateur de richesses, Homme puissant, Chef. À l’opposé de ceux-ci se trouvent ceux que l’on appelle Avare, Ladre, Calculateur, Misérable, Cacheur de richesses, Lent à donner. Un homme sage en conseil est appelé Maître du conseil. Un homme dépourvu d’intelligence est appelé Rustre, Balourd, Jars, Dupe, Grossier, Idiot, Sot, Fou, Dément, Forcené, Lunatique. Celui qui accorde beaucoup d’importance à sa tenue est appelé Élégant, Dreng, Homme brillant, Soigneux de sa tenue, Homme paré. Un homme bruyant est appelé Peau-de-requin, Fanfaron, Nettoyeur de fourreau, Flatteur, Querelleur, Bon-à-rien, Homme sans valeur.
Le commun du peuple est appelé Gens du pays ou Peuple. Un esclave est appelé Homme entretenu, Serf, Travailleur, Serviteur.


  1. greppr
    l’empoigneur
    le saisisseur
    de grípa, « saisir, empoigner », issue d’une racine germanique exprimant l’action de prendre ou de saisir.
    « celui qui saisit »
    → « celui qui comprend, qui saisit le sens »
    → « homme habile ou avisé »
    → « sage, poète » ↩︎
  2. Rekkar est le nominatif pluriel de rekkr, terme poétique vieux norrois signifiant :
    « homme », « guerrier », « héros », « homme valeureux ».
    Rekkr est généralement rapproché du vieux haut allemand reccho et du moyen haut allemand recke, d’où l’allemand moderne Recke, « héros, guerrier puissant ».
    Une reconstruction souvent proposée est une forme proto-germanique voisine de :
    *wrakjaz ou *wrakkjaz
    Elle serait apparentée au verbe proto-germanique :
    *wrekaną — « pousser, chasser, poursuivre, venger »
    dont dérive le vieux norrois :
    reka — « pousser, chasser, expulser, conduire ».
    En germanique du Nord, le w- initial devant r a normalement disparu :
    *wrak- → rak-/rek-
    La voyelle e pourrait résulter d’une ancienne mutation en i provoquée par le suffixe -j-, tandis que le groupe consonantique aurait abouti à -kk-.
    Cette reconstruction est plausible, mais non unanimement assurée. Voir Cleasby–Vigfusson, s.v. rekkr ; Fritzner, s.v. rekkr ; Jan de Vries, s.v. rekkr.
    « celui qui pousse ou poursuit »
    → « poursuivant »
    → « combattant »
    → « guerrier, héros ». ↩︎
  3. hermenn : « guerriers », « hommes de guerre », « soldats ». ↩︎
  4. skattr — « tribut, richesse, trésor, contribution »
    « homme du trésor ou du tribut »
    → « homme riche et puissant »
    → « noble, prince, guerrier éminent ». ↩︎
  5. bragr — « le premier, le meilleur, le plus éminent »
    « les premiers » ↩︎
  6. virða — « évaluer, estimer, apprécier, juger »
    juges ;
    arbitres ;
    hommes estimés ;
    hommes de valeur.
    « ceux qui pèsent les affaires ou les paroles » ↩︎
  7. fyrd — « expédition militaire, levée, armée territoriale »
    fara — « aller, voyager, se mettre en route »
    « ceux qui partent en expédition »
    « hommes de la levée » ↩︎
  8. vieil anglais firas, « hommes, êtres humains »
    vieux norrois fjör, « vie, vitalité » ;
    vieil anglais feorh, « vie, âme, personne ».
    « les êtres doués de vie »
    « guerriers », selon le contexte militaire
    ↩︎
  9. verr — « homme, mari »
    Il peut désigner :
    des hommes ;
    des guerriers ;
    des époux ;
    *weraz — « homme »
    vieil anglais wer, « homme, mari » ;
    latin vir, « homme, héros » ;
    sanskrit vīrá-, « homme, héros » ;
    lituanien vyras, « homme ».
    « homme adulte de sexe masculin »
    → « mari »
    → « homme valide »
    → « guerrier ». ↩︎
  10. landvarnarmaðr
    « homme chargé de la défense du pays ». ↩︎
  11. víkingr — « homme participant à une expédition maritime armée, pirate, pillard de mer »
    vík — « baie, crique, anse »
    -ingr — suffixe d’appartenance ou d’origine
    « homme des baies »
    « habitant des criques »
    « homme qui se tient dans les anses côtières ». ↩︎
  12. « hommes de flotte » ;
    « marins » ;
    « navigateurs » ;
    « guerriers embarqués » ;
    « gens de mer ».
    floti — « flotte »
    flot — « action de flotter, ce qui flotte »
    fljóta — « flotter, dériver sur l’eau ».
    ↩︎
  13. les gens de Beim- ↩︎
  14. Le radical est donc approximativement :
    Beimun-
    Beimar = le groupe
    Beimuni = l’individu éponyme.
    celui qui rassemble les hommes en une suite guerrière?
    La piste la plus prudente serait de voir dans Beim- un ancien nom de peuple, de clan ou de groupe guerrier.
    le guerrier n’existe comme beimi qu’en tant que membre du corps collectif.
    beinn — « droit, direct, rectiligne » ; également « os »? ↩︎
  15. Flokkstjórar est le nominatif masculin pluriel de flokkstjóri
    « conducteurs de troupe »
    « chefs de groupe » ↩︎
  16. *gumô
    oblique : *guman-
    Le proto-germanique *gumô remonte vraisemblablement à une formation indo-européenne signifiant :
    « celui qui appartient à la terre »
    « l’être terrestre » ↩︎

  17. Brúðför est un nom féminin composé :
    brúð + för
    Il signifie littéralement :
    « voyage de la mariée »
    « déplacement nuptial »
    Brúð signifie :
    « jeune mariée » ;
    « fiancée » ;
    « épouse au moment des noces ».
    För
    För signifie :
    « voyage » ;
    « déplacement » ;
    « trajet » ;
    « expédition » ;
    « procession » ;
    « manière d’aller ».
    « voyage de la mariée » ;
    « cortège de la mariée » ;
    « procession nuptiale » ;
    « conduite de la mariée » ;
    « transfert cérémoniel de l’épouse ». ↩︎
  18. meginland : « terre ferme », « continent », « grande masse terrestre », littéralement « terre principale ». ↩︎
  19. Reið- + Gota + land
    pays des Goths
    *Gutōz / *Gutaniz : « ceux qui sont engendrés »
    reið peut signifier :
    « chevauchée » ;
    « voyage à cheval » ;
    « déplacement terrestre » ;
    le pays des Goths parcouru par voie terrestre
    la Gothie continentale ↩︎
  20. Ey-gota-land
    « pays des Goths des îles »
    « Gothie insulaire ».
    Ey signifie :
    « île » ;
    « terre entourée d’eau » ;
    parfois « territoire insulaire ».
    Le mot remonte au proto-germanique reconstruit :
    *awjō / *aujō — « île, terre au bord de l’eau »
    « pays des Goths insulaires ».
    « le pays des Goths des îles » ↩︎
  21. Danaveldi : Dana + veldi :
    « royaume des Danois » ;
    « domination danoise » ;
    « territoire soumis aux Danois » ;
    « puissance des Danois » ; ↩︎
  22. Svíaveldi : Svía + veldi :
    « royaume des Suédois » ;
    « domination suédoise » ;
    « territoire soumis aux Suédois » ;
    « puissance des Suédois ». ↩︎
  23. Drengir est le nominatif pluriel de drengr.
    L’expression góðr drengr, littéralement « bon drengr », peut ainsi signifier « homme de valeur », « brave homme » ou « homme honorable ».
    islandais drengur : « garçon, jeune homme » ;
    norvégien et danois dreng : « garçon » ;
    suédois ancien ou dialectal dräng : « garçon, valet de ferme, ouvrier agricole ». ↩︎
  24. Búlausir
    Bú
    Bú est un substantif neutre qui peut désigner :
    une demeure ;
    un foyer ;
    une maisonnée ;
    une ferme ;
    une exploitation agricole ;
    un domaine ;
    les biens et le cheptel attachés à une maisonnée.
    Lausir
    Lausir est le nominatif masculin pluriel de lauss :
    lauss — « libre, détaché, dépourvu de, sans » ↩︎
  25. far : « voyage, déplacement, expédition » ;
    drengr : « jeune homme, compagnon, homme valeureux ». ↩︎
  26. konungsdrengir : nominatif pluriel de konungsdrengr ↩︎
  27. höfuð / hǫfuð + -ingi
    Höfuð / hǫfuð
    Hǫfuð signifie :
    « tête » ;
    par extension, « sommet » ;
    « partie principale » ;
    « autorité » ou « direction ».
    *haubudą — « tête »
    vieil anglais hēafod, d’où anglais head ;
    ancien haut allemand houbit, allemand moderne Haupt ;
    gothique haubiþ, « tête »
    celui qui est à la tête.
    « l’homme de tête », « le personnage principal ».
    « celui qui est à la tête »
    → « celui qui dirige »
    → « chef, gouvernant, seigneur ». ↩︎
  28. bóndum : datif pluriel de bóndi :
    un bóndi → des bœndr
    « paysans » ;
    « fermiers » ;
    « propriétaires ruraux » ;
    « maîtres de maison » ;
    « chefs de maisonnée ». ↩︎
  29. batnandi : participe présent de batna :
    « s’améliorant » ;
    « progressant » ;
    « devenant meilleurs » ;
    « gagnant en valeur » ;
    « prospérant » ;
    « prometteurs ». ↩︎
  30. Seggir est le nominatif pluriel de seggr
    segja, « dire », et donc de comprendre seggr comme quelque chose comme « celui qui parle » ou « le disant » ↩︎
  31. « les descendants »,
    « les hommes d’une lignée »,
    puis simplement « les hommes ». ↩︎
  32. liði → « membre d’une troupe, compagnon, homme d’une suite »
    liðar → « compagnons, hommes d’une troupe »
    liði = « homme-de-la-troupe », « membre-de-la-suite ». ↩︎
  33. fylgðarmenn : nominatif pluriel de fylgðarmaðr :
    fylgð : « suite, accompagnement, escorte » ;
    menn : « hommes ». ↩︎
  34. þegn → « homme libre, homme d’un seigneur, membre d’une suite, dignitaire »
    þegnar → « þegnar, hommes libres / hommes de rang »
    *þegnaz — « serviteur, homme attaché à quelqu’un, membre d’une suite »
    vieil anglais þegn → anglais historique thane ;
    vieux haut allemand degan → « guerrier, homme de suite » ;
    vieux saxon thegan → « homme, guerrier, serviteur ». ↩︎
  35. Le hǫldr / hauldr est fondamentalement un homme établi, possédant une position reconnue dans la communauté. Dans le vocabulaire juridique norvégien, il peut désigner un propriétaire libre jouissant de droits héréditaires sur sa terre.
    halda — « tenir, garder, conserver, posséder »
    *haldaną — « tenir » ↩︎
  36. les cultivateurs, les hommes libres établis. ↩︎
  37. ljóni — « médiateur, conciliateur »
    ljónar — « médiateurs, conciliateurs »
    ljónar : « hommes-de-réconciliation »?
    Le vieux norrois ljá signifie notamment :
    « prêter » ;
    « accorder » ;
    « donner, concéder ».
    ljóni ≈ « celui qui fait accorder / celui qui obtient des concessions »?
    ljóni une ancienne notion de :
    « lier deux parties »,
    « réunir »,
    « ramener ensemble ».
    ljónar : « ceux-qui-relient »?
    ↩︎
  38. kappar
    kappi
    champions, braves, guerriers
    kapp = « ardeur, zèle, rivalité, compétition, émulation »
    kapp + -i
    « celui qui se distingue dans le kapp »
    ceux-qui-se-mesurent ↩︎
  39. kenpur
    probablement kempa
    vieil anglais cempa : « guerrier, champion » ;
    ancien haut allemand chempho / kempfo : « combattant » ;
    allemand Kämpfer : « combattant » ;
    allemand Kampf : « combat ».
    campus — « champ »
    puis le « champ clos », le lieu où l’on combat, et le latin tardif/médiéval :
    campio — « combattant, champion ».
    hommes-du-combat
    hommes-du-champ ↩︎
  40. garpar
    garpr
    garpa
    « se vanter, parler avec hardiesse, fanfaronner »
    proclamer sa valeur
    « celui-qui-parle-haut »
    → « celui-qui-se-proclame-vaillant »
    → « homme hardi ». ↩︎
  41. snillingar
    snillingr
    snjallr — « excellent, remarquable, habile, intelligent, éloquent, vaillant »
    *snellaz
    « vif, rapide, énergique, courageux ».
    vieil anglais snell : « rapide, actif, courageux » ;
    ancien haut allemand snel : « rapide, vigoureux » ;
    allemand moderne schnell : « rapide » ;
    néerlandais snel : « rapide ».
    Snillingr est essentiellement :
    « celui qui possède la qualité de snjallr ».
    « hommes-de-vivacité »
    « hommes-d’excellence » ↩︎
  42. hreystimenn
    hreystimaðr
    hreysti + menn
    Hreysti signifie :
    courage ;
    vaillance ;
    bravoure ;
    vigueur ;
    prouesse.
    hraustr — « brave, vigoureux, vaillant ».
    hreystimaðr
    « homme de hreysti »
    = « homme de courage ».
    hreystimenn = « hommes-de-vaillance » ↩︎
  43. harðmenni
    harðmenni
    harðr + menni
    harðr
    Signifie :
    dur ;
    ferme ;
    robuste ;
    rude ;
    sévère ;
    difficile ;
    résistant.
    *harduz
    harðmenni : « personne dure/forte ».
    « hommes-que-l’on-ne-brise-pas » ↩︎
  44. afarmenni
    afarmenni
    afar + menni
    afar
    En vieux norrois, afar fonctionne comme adverbe ou premier élément intensif :
    très ;
    extrêmement ;
    extraordinairement ;
    excessivement ;
    puissamment.
    « un homme extraordinairement remarquable »
    « un homme hors du commun ».
    « hommes-extraordinaires »
    « hommes-au-delà-de-la-mesure »
    afarmenni = « hommes-qui-dépassent-la-mesure » ↩︎
  45. hetjur
    hetja
    héros
    hetja — « exciter, pousser, provoquer, défier »
    « celui qui affronte / provoque / relève le défi »
    → « champion »
    → « héros ».
    « celui qui relève le défi »
    « celui qui s’avance dans la confrontation ». ↩︎
  46. veykan
    veikr
    *waikwaz — « faible, souple, qui cède »
    vieil anglais wāc → anglais weak ;
    néerlandais week, « mou, tendre » ;
    allemand weich, « mou, souple ».
    ce qui plie, cède, manque de fermeté.
    « celui-qui-cède » ↩︎
  47. þjarfan
    þjarfr
    þurfa — « avoir besoin »
    þörf — « besoin, nécessité »
    þarfr — « nécessaire, utile ».
    þjarfr aurait pu désigner à l’origine :
    « celui qui est dans le besoin »
    → « nécessiteux »
    → « homme misérable »
    → terme dépréciatif.
    þjarfr = « homme-du-besoin »,
    c’est-à-dire celui qui manque de moyens, de puissance ou d’autonomie. ↩︎
  48. þirfing
    þirfingr
    þirf- / þurf- + -ingr
    þurfa, « avoir besoin »
    þörf, « nécessité ».
    « celui qui est dans la nécessité »
    → « nécessiteux »
    → « pauvre hère »
    → « faible, misérable ».
    « le-nécessiteux »
    « homme-du-manque ». ↩︎
  49. blotamann
    blotamaðr
    blautr = « mou, humide, détrempé »
    blotna = « devenir humide, se ramollir, s’amollir »
    « devenir mou » → « perdre sa fermeté » → « fléchir » → « manquer de courage ».
    « l’homme qui s’amollit »,
    « celui qui fond / se liquéfie », ↩︎
  50. skauð
    skauð
    Il peut appartenir à un vocabulaire désignant une :
    enveloppe ;
    gaine ;
    partie génitale féminine, dans certains usages nordiques ultérieurs.
    « gaine / réceptacle »
    → « sexe féminin »
    → appliqué à un homme comme injure
    → « efféminé, mauviette, lâche ».
    « gaine », puis métaphoriquement « mauviette ». ↩︎
  51. skræfu
    skræfa
    Skræfa est un mot nordique bien établi au sens de :
    « lâche, poltron, couard ».
    L’islandais moderne conserve skræfa avec précisément cette idée. ↩︎
  52. skrjáð
    skrjáð (?)
    skrj-/skrá-/skrjá-
    froissement ;
    sécheresse ;
    bruissement ;
    chose desséchée ou délabrée.
    skrjáfa, « bruire, produire un bruit sec »
    « chose sèche, fripée »
    → « loque »
    → « personne chétive »
    → « faible, misérable ».
    « homme-loque ». ↩︎
  53. vák
    vákr (?)
    Le lemme paraît être vákr, avec vák comme forme accusative.
    faible ;
    couard ;
    homme sans vigueur ;
    personnage méprisable.
    veikr, « faible »
    « homme-sans-vigueur ». ↩︎
  54. vám
    vámr
    Vámr est lié à vám, terme exprimant :
    souillure ;
    défaut ;
    honte ;
    chose repoussante ;
    infamie.
    *wamm-, désignant la :
    tache → souillure → faute → honte. ↩︎
  55. læra
    læri (?)
    faible ;
    couard ;
    homme méprisable.
    Un rapprochement avec :
    lær — « cuisse »
    Une lecture injurieuse fondée sur une partie du corps — particulièrement une partie associée aux jambes. ↩︎
  56. sleyma
    sleymi
    slím / sleim- — « mucus, matière visqueuse, bave ».
    anglais slime ;
    allemand Schleim ;
    néerlandais slijm.
    « le visqueux »
    « le gluant ». ↩︎
  57. teyða
    teyði (?)
    teygja — « tirer, étirer, allonger »
    et de la famille de taug, « corde ».
    étiré → relâché → flasque → sans fermeté.
    « le flasque », « celui qui manque de tenue ».
    Grand flanc-mou ↩︎
  58. dugga
    duggi (?)
    duga — « être capable, être utile, avoir de la valeur ».
    Duga remonte au proto-germanique :
    *duganą — « être bon à quelque chose, être capable »
    et possède un remarquable cognat allemand :
    taugen — « être bon à, valoir ».
    Si duggi appartient réellement à cette famille, l’usage péjoratif pourrait être ironique ou dépréciatif :
    « celui qui vaut » → par dérivation détournée « piètre individu »,
    Chien ↩︎
  59. dási
    dási
    dasa — « étourdir, rendre hébété, affaiblir, épuiser ».
    stupeur → engourdissement → manque d’énergie.
    « l’hébété »
    ou « l’engourdi ». ↩︎
  60. dirokkr
    dirokkr
    Faiblard? ↩︎
  61. dusilmenni
    dusilmenni
    « homme-faible »
    « piètre-homme ».
    Minable ↩︎
  62. ölmusa
    ölmusa / ǫlmusa
    mendiant
    ἐλεημοσύνη — eleēmosýnē
    « compassion, miséricorde »
    → « don fait par compassion, aumône »
    « celui qui vit d’aumônes » ↩︎
  63. auvirð
    auvirðr
    virðing / virða — « estime, valeur / estimer, évaluer ».
    verðr — « digne, valant »
    verð — « prix, valeur ».
    Le premier élément au- fonctionne ici de façon dépréciative, mais son origine historique exacte est moins transparente.
    Le sens synchronique est cependant parfaitement clair :
    « de peu d’estime »
    → « sans valeur »
    → « vil, méprisable ».
    Traductions :
    méprisable ;
    indigne ;
    vil ;
    sans valeur ;
    de peu de considération.
    « sans-estime »
    « homme-de-nulle-valeur ». ↩︎
  64. vílmögr
    vílmögr
    víl + mögr
    Víl :
    détresse ;
    découragement ;
    abattement ;
    misère morale ;
    désespoir.
    Mögr :
    fils ;
    garçon ;
    jeune homme ;
    homme, dans certaines formations poétiques.
    víl-mögr
    « fils de la détresse »
    « homme de l’abattement ».
    « fils-du-chagrin ». ↩︎
  65. mildr + -ingr
    « celui qui est mildr »
    → « le généreux »
    → par extension poétique : « prince, souverain généreux ».
    *mildijaz — « doux, bienveillant, généreux »
    vieil anglais milde : « doux, clément, généreux » ;
    anglais moderne mild ;
    vieux haut allemand milti : « doux, généreux » ;
    allemand médiéval milte : « générosité ».
    « le munificent » ↩︎
  66. mæringr
    mæringr
    mærr + -ingr → mæringr
    Mærr signifie :
    « célèbre » ;
    « renommé » ;
    « glorieux » ;
    « illustre ».
    mæringr = « celui qui est mærr »
    → « l’homme illustre »
    → « grand personnage, prince ».
    *mērijaz — « fameux, célèbre ».
    vieil anglais mǣre : « célèbre, illustre » ;
    vieux haut allemand māri : « célèbre » ;
    gothique mērs : « fameux ».
    mæringr = « homme-de-renommée »
    « l’Illustre ». ↩︎
  67. skat
    skati
    skati = « le généreux ».
    « pointe, sommet, cime » → « ce qui domine » → « personnage éminent » → « homme noble, seigneur, prince »
    possiblement famille scandinave skat-/skata-, « pointe, sommet, cime, extrémité saillante » ; étymologie discutée
    l’Éminent / celui-du-sommet / homme-de-premier-rang ↩︎
  68. þjóðskati
    þjóð + skati
    Þjóð signifie :
    « peuple » ;
    « nation » ;
    « communauté humaine ».
    Proto-germanique :
    *þeudō — « peuple ».
    gothique þiuda, « peuple » ;
    vieil anglais þēod, « peuple, nation » ;
    vieux haut allemand diot.
    *þiudiskaz, littéralement « appartenant au peuple ».
    « le-Généreux-du-peuple ».
    L’Éminent-du-peuple.
    ↩︎
  69. gullskati
    Composé :
    gull + skati
    gull
    Gull = « or ».
    Proto-germanique :
    *gulþą
    Cognats :
    gothique gulþ ;
    vieil anglais gold ;
    allemand Gold ;
    anglais gold.
    *ǵhel-, exprimant les notions de :
    « jaune, jaune-vert, brillant ».
    dispensateur-d’or
    l’Éminent-de-l’or
    « le-Généreux-en-or »
    « noble-de-l’or »
    ↩︎
  70. mannbaldr
    Composé :
    mann- + baldr
    mann-
    Appartient à la famille de :
    maðr / mann- — « homme ».
    Proto-germanique :
    *mann-
    avec anglais man, allemand Mann, etc.
    baldr
    L’adjectif baldr appartient à la famille germanique de :
    « hardi, audacieux, courageux ».
    Proto-germanique :
    *balþaz
    Cognats :
    gothique balþs, « hardi » ;
    vieil anglais beald, « hardi » ;
    anglais moderne bold ;
    vieux haut allemand bald, « hardi ».
    « le-Baldr-des-hommes »
    « le-Hardi-parmi-les-hommes ». ↩︎
  71. sælingr
    Formation :
    sæll + -ingr
    sæll
    Sæll signifie :
    « heureux » ;
    « bienheureux » ;
    « chanceux » ;
    « prospère » ;
    « fortuné ».
    Il remonte à une ancienne famille germanique dont relèvent :
    vieil anglais sǣlig, « heureux, béni » ;
    allemand selig, « bienheureux » ;
    néerlandais zalig.
    Le mot anglais silly appartient historiquement à cette même famille : son sens ancien était « heureux, béni, innocent », avant son évolution vers « naïf, sot ».
    sælingr
    « celui qui est sæll »
    donc :
    le fortuné ;
    le prospère ;
    l’heureux ;
    l’homme favorisé par la fortune.
    « le-Fortuné »
    « homme-de-prospérité ». ↩︎
  72. sælkeri
    sæll / sæla — « bonheur, prospérité, bien-être, jouissance d’une bonne condition ».
    Le mot sælkeri désigne notamment :
    un homme aimant la bonne chère ;
    un amateur de plaisirs ;
    un épicurien ;
    un gourmet ;
    un homme qui recherche une vie agréable.
    L’islandais moderne sælkeri conserve le sens de « gourmet, amateur de bonnes choses ».
    « chercheur-de-bien-être »
    « amateur-de-félicité ». ↩︎
  73. auðkýfingr
    Composé :
    auðr + kýfingr
    auðr
    Ici auðr est le substantif :
    « richesse, fortune, biens ».
    kýfingr
    On peut raisonnablement le rapprocher d’une famille nordique évoquant :
    le gonflement ;
    la protubérance ;
    l’amoncellement ;
    le fait d’être rempli ou bourré.
    « celui qui est gonflé / chargé / amoncelé de richesse ».
    « homme-aux-richesses-amoncelées »
    « homme-gonflé-de-richesse »
    « le-richard »
    ↩︎
  74. ríkmenni
    Très transparent :
    ríkr + menni
    ríkr
    En vieux norrois :
    « puissant » ;
    « influent » ;
    « riche » ;
    « de haut rang ».
    Le sens de puissance est historiquement fondamental.
    Le proto-germanique *rīkijaz est généralement considéré comme appartenant à une famille très ancienne empruntée au celtique, apparentée à :
    gaulois -rix, « roi » — comme dans Vercingetorix ;
    vieil irlandais rí, « roi » ;
    latin rēx, apparenté indo-européen.
    Le germanique a développé :
    « royal / puissant »
    → « puissant »
    → « riche ».
    C’est de cette famille que viennent :
    allemand reich, « riche » ;
    anglais rich ;
    allemand Reich, « empire, royaume ».
    menni
    Menni = « personne, homme », formation de la famille de maðr / mann-.
    « homme-de-puissance »
    « homme-puissant »
    « homme-de-richesse », pour le sens secondaire. ↩︎
  75. höfðingi
    Comme nous l’avions vu :
    hǫfuð + -ingi
    hǫfuð / höfuð
    = « tête ».
    Proto-germanique :
    *haubudą
    Cognats :
    gothique haubiþ ;
    vieil anglais hēafod → anglais head ;
    vieux haut allemand houbit → allemand Haupt.
    -ingi
    Suffixe personnel exprimant ici celui qui occupe une position caractéristique.
    Le développement est :
    hǫfuð « tête »
    → hǫfðingi « celui qui est à la tête »
    → « chef »
    → « dirigeant, seigneur, prince ».
    « celui-qui-est-à-la-tête ».
    ↩︎
  76. hnöggvingr
    Le mot signifie très nettement :
    « avare » ;
    « ladre » ;
    « chiche » ;
    « pingre » ;
    « homme parcimonieux ».
    Il appartient à la famille de l’adjectif vieux norrois :
    hnöggr / hnǫggr — « avare, chiche, parcimonieux ».
    le suédois njugg, « avare, chiche ».
    « le-Chiche »
    « celui-qui-retient »
    « l’homme-à-la-main-fermée » ↩︎
  77. glöggvingr
    Ce mot est formé sur la famille de :
    glöggr / gløggr
    dont les significations fondamentales sont :
    « clairvoyant » ;
    « perspicace » ;
    « précis » ;
    « attentif » ;
    « minutieux » ;
    « exact ».
    « regardant »
    → « calculateur »
    → « économe »
    → « parcimonieux ».
    « le-Regardant » ↩︎
  78. mælingr
    mæla — « mesurer »
    et de mots désignant :
    mesure, quantité déterminée, évaluation.
    « celui qui mesure ».
    mesure chaque don
    → ne donne qu’une quantité calculée
    → donne au compte-gouttes.
    mælingr = « le Mesureur »
    mælingr — « celui-qui-donne-à-la-mesure ». ↩︎
  79. vesalingr
    vesall + -ingr
    vesall
    Signifie :
    « pauvre » ;
    « misérable » ;
    « malheureux » ;
    « pitoyable » ;
    « de peu de valeur ».
    « le misérable »
    « le pauvre hère »
    « le malheureux »
    « le pitoyable »
    « l’homme de peu » ↩︎
  80. féníðingr
    fé + níðingr
    fé
    Fé signifie :
    « bétail » à l’origine ;
    « biens » ;
    « propriété » ;
    « richesse » ;
    « argent ».
    Il remonte au proto-germanique :
    *fehu
    vieil anglais feoh, « bétail, richesse, argent » ;
    gothique faihu ;
    allemand Vieh, « bétail ».
    níðingr
    Formé sur :
    níð
    qui désigne :
    l’infamie ;
    le déshonneur ;
    l’insulte grave ;
    la conduite honteuse ;
    l’opprobre social.
    Níðingr est donc :
    « homme infâme » ;
    « individu déshonoré » ;
    « scélérat » ;
    « homme indigne ».
    « níðingr en matière de richesse »
    « homme infâme quant aux biens ».
    « l’infâme-des-biens »
    « l’homme-du-déshonneur-de-la-richesse »
    « misérable-possesseur-de-richesse » ↩︎
  81. gjöflati
    gjöf + lati
    gjöf / gjǫf
    Signifie :
    « don, présent, cadeau ».
    Le mot appartient à la famille du verbe :
    gefa — « donner ».
    Proto-germanique :
    *gebō — « don »
    et :
    *gebaną — « donner ».
    lati
    Lati est lié à :
    latr — « lent, paresseux, indolent, peu empressé ».
    « celui qui est lent en matière de dons »
    « le-Lent-au-don »
    « celui-qui-tarde-à-donner ». ↩︎
  82. « maître du conseil », « détenteur du conseil », « gouverneur du conseil », « celui qui maîtrise les décisions » ↩︎
  83. fífl
    Fífl est un neutre signifiant :
    sot ;
    fou ;
    simplet ;
    imbécile ;
    personnage ridicule.
    Parenté germanique
    Le rapprochement le plus intéressant est avec le vieil anglais :
    fifel — « monstre, géant, être monstrueux »
    monstrueux → grotesque → anormal → ridicule → insensé.
    « le-Sot »
    « le-Grotesque »
    « le-Monstrueux » ↩︎
  84. Afglapi signifie :
    sot ;
    niais ;
    étourdi ;
    imbécile ;
    homme qui manque de jugement.
    Le mot paraît décomposable en :
    af- + glapi
    glap — « erreur, faute, méprise, égarement »
    « l’Égaré »
    « le-Faiseur-de-bévues »
    « celui-qui-se-trompe ». ↩︎
  85. Gassi est un terme dépréciatif pouvant désigner :
    un sot ;
    un niais ;
    un lourdaud ;
    parfois un fanfaron ou un personnage tapageur.
    bruyant, grossier, présomptueux ou ridicule.
    « le-Fanfaron »
    « le-Lourdaud ». ↩︎
  86. ginningr
    ginna — « tromper, duper, séduire, abuser ».
    C’est précisément la famille que l’on rencontre dans :
    Gylfaginning
    « celui qui est dupé »
    « le naïf que l’on trompe ».
    « celui-qui-se-laisse-tromper ». ↩︎
  87. gaurr
    Le mot semble appartenir à une famille expressive en gaur-. On peut le rapprocher de verbes scandinaves comme :
    gaura — « crier fortement, brailler, hurler, faire du vacarme ».
    « le-Braillard »
    « le-Rustre »
    « le-Grossier ». ↩︎
  88. glópr
    Le mot survit dans l’islandais moderne glópur, « sot, imbécile ».
    regarder fixement, béer, rester bouche ouverte.
    On trouve dans plusieurs langues germaniques des formations expressives en glap-/glop-/glúp- désignant celui qui regarde stupidement ou reste bouche bée.
    « le-Béant »
    « celui-qui-reste-bouche-bée »
    « le-Regardeur-stupide ». ↩︎
  89. snápr
    Il existe différentes familles germaniques en snap-/snapp- exprimant le mouvement brusque, la saisie ou certains comportements corporels, mais aucune ne permet d’expliquer avec suffisamment de sûreté snápr « sot ».
    Il pourrait s’agir d’un terme expressif, exactement comme beaucoup de mots modernes tels que « benêt », « dadais », « nigaud ». ↩︎
  90. fóli
    Il est généralement rapproché de la famille de :
    ancien français fol / fou
    anglais fool
    follis — « sac gonflé, outre, soufflet ».
    L’étonnante évolution de follis
    En latin tardif et dans les langues romanes :
    « sac gonflé d’air »
    → « personne pleine d’air »
    → « tête vide »
    → « sot, fou ».
    beaucoup d’air, peu de substance.
    « la-Tête-vide »
    « l’Homme-gonflé-d’air »
    « le-Fou ». ↩︎
  91. ærr
    Il se distingue de fífl : le fífl manque de raison ou d’intelligence, tandis que l’homme ærr a plutôt perdu la maîtrise de lui-même.
    perdre son équilibre mental
    → sortir de soi
    → devenir fou.
    « le-Hors-de-soi ». ↩︎
  92. óðr
    óðr = « furieux, frénétique, possédé, exalté ».
    Il remonte au proto-germanique :
    *wōþaz
    avec des cognats tels que le vieil anglais :
    wōd — « fou, furieux ».
    fureur ↔ extase ↔ inspiration ↔ poésie ↔ possession. ↩︎
  93. galinn
    gala — « chanter, entonner, chanter une formule ».
    galdr — « chant magique, incantation, magie chantée ».
    Ainsi galinn signifie étymologiquement quelque chose comme :
    « chanté sur »
    → « soumis à une incantation »
    → « ensorcelé »
    → « rendu fou ».
    « l’Incanté »
    « l’Ensorcelé-par-le-chant »
    « celui-sur-qui-l’on-a-chanté ». ↩︎
  94. nyrti- + maðr
    avec la famille de snyrta / snyrtr, « arranger, mettre en ordre, soigner, parer ; soigné, élégant », et maðr, « homme ».
    Le sens fondamental est donc :
    « homme soigné dans son apparence » ↩︎
  95. of- + láti
    of-
    Of- peut avoir une valeur intensive ou excessive :
    « trop »
    « excessivement »
    « outre mesure ».
    lát / láta
    La famille de láta ne signifie pas seulement « laisser ». Elle sert aussi à exprimer :
    la manière d’agir ;
    l’attitude ;
    le comportement ;
    la façon de se présenter.
    « celui-qui-en-fait-trop » ↩︎
  96. drengr
    « jeune homme »
    « compagnon »
    « homme de suite »
    « guerrier »
    « homme courageux »
    « homme honorable »
    « homme de valeur »
    « homme accompli ».
    bien fait, digne, vaillant et socialement estimable.
    *drangijaz / *drangjaz
    Les langues scandinaves ont conservé le mot :
    islandais drengur : « garçon, jeune homme » ;
    danois dreng : « garçon » ;
    suédois dräng : historiquement « garçon, valet, ouvrier agricole ».
    jeune homme vigoureux
    → compagnon
    → homme de la suite
    → homme courageux et honorable.
    « homme-de-valeur »
    « compagnon-vaillant ». ↩︎
  97. glæsimaðr
    glæsi- + maðr
    Le premier élément appartient au champ de :
    l’éclat ;
    la splendeur ;
    la magnificence ;
    la belle apparence ;
    l’impression produite sur autrui.
    On peut comparer l’islandais moderne :
    glæsilegur — « magnifique, splendide, impressionnant, élégant ».
    Glæsimaðr est donc :
    « homme d’éclat »
    « homme-brillant »
    « homme-d’éclat »
    « homme-splendide ». ↩︎
  98. stertimaðr
    terti- + maðr
    Le premier élément appartient à la famille de :
    stertr — « queue, extrémité, partie saillante ».
    vieil anglais steort, « queue, extrémité ».
    dresser la queue
    « homme-à-la-queue-dressée »
    « le-Pavaneur »
    « celui-qui-se-rengorge ». ↩︎
  99. prýðimaðr
    prýði + maðr
    prýði
    Signifie :
    « parure »
    « ornement »
    « splendeur »
    « excellence »
    « distinction »
    « beauté ».
    Il appartient à la famille de :
    prýða — « orner, parer, embellir »
    prúðr, « magnifique, distingué, fier, noble d’apparence ».
    « homme de prýði »
    prýði « parure, excellence » + maðr « homme ».
    « homme-de-parure »
    « homme-d’excellence »
    « l’Ornement-des-hommes » ↩︎
  100. hraumi
    hraun, « lave, terrain rocheux »?
    rugueux → rude → grossier → rustre.
    « le-Rustre »
    « le-Mal-dégrossi ». ↩︎
  101. skrápr
    « peau/croûte rude »
    → « individu d’aspect grossier »
    → « rustre, sale type ».
    « vieille peau ».
    « le-Rugueux »
    « la-Croûte »
    « la-Vieille-peau » ↩︎
  102. skrokkr
    « tronc »
    « corps »
    « carcasse »
    « masse corporelle ».
    krokkur signifie encore « corps, carcasse ».
    « la-Carcasse »
    l’homme n’est plus désigné par son intelligence ou sa valeur, mais réduit à son skrokkr, sa « carcasse ».
    ↩︎
  103. skeiðklofi
    skeið + klofi
    klofi
    kljúfa — « fendre, couper en deux »
    fendu ;
    fourchu ;
    écarté ;
    ouvert entre deux parties.
    l’entrejambe, une fourche corporelle.
    skeið
    « course »
    « parcours »
    « intervalle »
    « période »
    un type de navire
    « cuillère », dans d’autres traditions lexicales
    « celui-aux-jambes-écartées »
    « l’Enfourché ». ↩︎
  104. flangi
    Flanga peut exprimer le fait de :
    aller çà et là ;
    courir ou errer sans but précis ;
    rôder ;
    vagabonder.
    « le-Vagabond »
    « celui-qui-va-çà-et-là ». ↩︎
  105. slinni
    « le-Grand-mou »
    « le-Dégingandé ». ↩︎
  106. fjósnir
    fjós — « étable, étable à vaches ».
    Fjós appartient à l’ancien vocabulaire germanique de l’élevage et désigne le bâtiment où sont gardées les vaches.
    « homme-d’étable » ↩︎
  107. slápr
    Les langues scandinaves offrent plusieurs formations comparables à slapp, avec les sens :
    « mou, faible, relâché ».
    « le-Flasque »
    « le-Mollasson ». ↩︎
  108. dröttr
    dratt-/drött- exprimant :
    le fait de traîner ;
    de tomber lourdement ;
    d’avancer péniblement ;
    de se laisser aller.
    « le-Traînard »
    « celui-qui-se-traîne ». ↩︎
  109. lýðr
    ancienne famille germanique *leudiz, « peuple, gens »
    le-Peuple / la-Communauté ↩︎
  110. landfólk
    land, « terre, pays » + fólk, « peuple, troupe, gens »
    peuple-du-pays / gens-de-la-terre ↩︎
  111. ljóðr
    probablement même famille germanique que lýðr, sous une formation/vocalisation différente
    le-Peuple / la-Nation ↩︎
  112. þræll
    Þræll désigne véritablement un homme juridiquement non libre :
    « esclave »
    « homme asservi »
    « thrall »
    *þrēlaz / *þrǣlaz
    « l’Homme-non-libre » ↩︎
  113. kefsir
    kefsir ≈ serviteur / esclave / homme de condition servile
    kefsir — « homme-de-service » ↩︎
  114. þjónn
    þjóna — « servir, être au service de »
    þjónusta — « service ».
    La famille est ancienne en germanique septentrional et appartient au vocabulaire de la dépendance personnelle et du service.
    Le sens fondamental est donc :
    servir quelqu’un
    → être attaché à son service
    → serviteur.
    þræll = statut non libre
    þjónn = fonction de service.
    « homme-de-service »
    « le-Serviteur ». ↩︎
  115. önnungr
    önn — « travail, tâche, occupation, activité pressante ».
    « homme-du-travail »
    « homme-de-la-tâche »
    « celui-qui-est-à-la-corvée »
    ↩︎
  116. þirr
    « le-Serviteur »? ↩︎

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