Gylfaginning, 54

54. Frá Ganglera.

Því næst heyrði Gangleri dyni mikla hvern veg frá sér ok leit út á hlið sér. Ok þá er hann sést meir um, þá stendr hann úti á sléttum velli, sér þá enga höll ok enga borg. Gengr hann þá leið sína braut ok kemr heim í ríki sitt ok segir þau tíðendi, er hann hefir sét ok heyrt, ok eftir honum sagði hverr maðr öðrum þessar sögur.
En æsir setjast þá á tal ok ráða ráðum sínum ok minnast á þessar frásagnir allar, er honum váru sagðar, ok gefa nöfn þessi in sömu, er áðr váru nefnd, mönnum ok stöðum þeim, er þar váru, til þess, at þá er langar stundir liði, at menn skyldu ekki ifast í, at allir væru einir þeir æsir, er nú var frá sagt, ok þessir, er þá váru þau sömu nöfn gefin. Þar var þá Þórr kallaðr, ok er sá Ása-Þórr inn gamli.


54. À propos de Gangleri.

Ensuite, Gangleri entendit un grand bruit venant de toutes directions et regarda autour de lui. Et quand il observa plus attentivement, il se trouva debout dans une plaine ouverte, voyant ni palais ni ville. Il reprit alors son chemin et retourna dans son royaume pour raconter les événements qu’il avait vus et entendus, et après lui, chaque personne raconta ces histoires à une autre.
Alors les Æsir se réunissent pour discuter et délibérer, et se remémorent toutes ces histoires qui lui avaient été racontées. Ils donnèrent ces mêmes noms, déjà mentionnés, aux hommes et aux lieux qui y figuraient, afin que, quand de longues périodes se seraient écoulées, les gens ne doutent pas que tous ces Æsir dont il avait été parlé étaient les mêmes que ceux auxquels ces noms avaient été attribués à cette époque. Là, il était appelé Thor, et c’est ce Thor qui est l’Ancien des Ases.


Chapitre 54.

Aussitôt après, Gangleri entendit de grands bruits tout autour de lui et tourna la tête d’un côté et de l’autre. Quand il se mit à regarder plus attentivement à l’entour, il vit qu’il se trouvait sur une vaste plaine et qu’il n’y avait plus ni halle ni fort. Il se mit alors en chemin, regagna son royaume, et raconta toute ce qu’il avait vu et entendu. Et c’est d’après le récit qu’il en fit que ces histoires se transmirent de génération en génération.

Sturluson, Snorri. L’Edda. [Paris]: Gallimard, 1991, p. 102.


Laisser un commentaire

En savoir plus sur 🌲 Mímameiðr 🌲

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture