Ægir

Ægir, qui est traduit par ‘mer’ en vieux norrois, est reconnu comme le géant de la mer de la mythologie et il possède toutes les caractéristiques d’un dieu de la mer. Selon Skáldskaparmál 23, Snorri évoque Hlér et Gymir comme étant d’autres désignations pour Ægir. Les Eddas, qui sont des écrits mythologiques, dépeignent souvent Ægir comme étant proche des dieux. Par exemple, dans Lokasenna et Grímnismál 45, une célébration en son honneur constitue le fond du poème. Une histoire rapportée par Snorri relate une visite des divinités à Ægir, un homme sage habitant l’île de Hlésey, qui, lors d’un voyage à Asgard, reçoit un accueil chaleureux des dieux, bien que certaines de leurs intentions soient ambiguës.

Des légendes associées à Ægir existent, attestées par des kennings, même avant la propagation du christianisme. Elles évoquent notamment la connexion entre Ægir et Hler et le rôle d’Ægir en tant qu’hôte. Des écrits du Haut Moyen Âge sur l’histoire ancienne de la Norvège le désignent comme le descendant de Fornjótr. Selon un autre passage de Snorri, Ran, la divinité maritime, est tantôt présentée comme la fille, tantôt comme l’épouse d’Ægir. Ils ont ensemble neuf enfants, souvent associés aux vagues. Ran détient un filet magique pour récupérer les personnes noyées, qui sont ensuite emmenées dans son monde subaquatique, distinct de Hel ou Valhalla.

Le terme Ægir en vieux norrois est souvent synonyme de mer, mais aussi de géant de la mer. Ce nom a des racines linguistiques communes avec des mots signifiant ‘eau’ en d’autres langues. Cependant, certains débats suggèrent que le mot Ægir et aegir/aegi pourraient ne pas être directement liés.

Dans le domaine artistique, Ægir est souvent représenté comme le pendant nordique de Poséidon. Parmi les œuvres notables le mettant en scène, on compte une peinture de N. J. O. Blommér, un relief de J. P. Molin et des illustrations de E. Doepler. Le nom Ægir a aussi été donné à une corvette norvégienne mise à l’eau en 1967.

(Source principale : Simek, Rudolph. « A Dictionary of Northern Mythology ». Cambridge, D. S. Brewer, 1993, pages 1,2.)


Ægir (vieux norrois, ‘mer’). Le géant de la mer dans la mythologie nordique qui a les caractéristiques d’un dieu de la mer. Dans le Skáldskaparmál 23, Snorri dit que Hlér et Gymir sont d’autres noms pour Ægir. Dans les récits mythologiques des Eddas, Ægir est souvent dit être un ami des dieux : dans Lokasenna (et dans Grímnismál 45), il reçoit les dieux et cette fête sert de cadre à tout le poème. De même chez Snorri (Skáldskaparmál 1), une des visites des dieux à Ægir sert de cadre à d’autres récits mythologiques : ‘Il y avait un homme appelé Ægir ou Hler ; il vivait sur l’île appelée Hlésey et il était extrêmement sage. Il partit en voyage vers Asgard et les dieux, sachant son voyage, lui firent un grand accueil, même si beaucoup n’était que tromperie.’

Il existe des mythes concernant Ægir, documentés par des kennings, même avant la christianisation, par exemple l’identité d’Ægir et Hler et son rôle d’hôte (Egill, Sonatorrek 8).

Dans les textes sur la préhistoire norvégienne datant du Haut Moyen Âge, Agir/Hlér est appelé le fils de Fornjótr. Selon Snorri (Skáldskaparmál 31), la déesse de la mer, Ran, est la fille d’Ægir, mais dans Skáldskaparmál 58, elle est sa femme, avec qui il a eu neuf filles généralement identifiées comme les vagues de la mer (-> les filles d’Ægir). Ran possède un filet avec lequel elle pêche les noyés hors de l’eau ; les noyés vont alors dans son royaume sous-marin et non à Hel ou à Valhalla.

En vieux norrois, Ægir signifie géant de la mer ainsi que souvent la mer elle-même ; le nom Ægir est lié au germanique *ahwo, au latin aqua ‘eau’ et donc, dans le cas du géant de la mer, signifie ‘homme-eau’ (cf. latin Aquarius). D’un autre côté, il est également possible qu’Ægir ‘géant de la mer’ et aegir/aegi ‘mer’ soient deux mots totalement différents (Tveitane 1976).

Références : F. R. Schröder, ‘Die Göttin des Urmeeres und ihr männlicher Partner’ (PBB West 82) 1960; ]. de Vries, Altgermanische Religionsgeschichte, Berlin 31970; M. Tveitane, ‘Omkring det mytolog. iske navnet gir m « vannmannen » ‘ (APhSc 31) 1976; E. F. Halvorsen, ‘Agir’ (KLNM 20) 1976.

Ægir est particulièrement représenté dans les beaux-arts comme l’équivalent nordique de Poséidon : N. J. O. Blommér, Näkken och Ägirs döttrar (painting, 1850); J. P. Molin, Agir (relief on fountain); E. Doepler d. J., gir (in: E. Doepler, W. Ranisch, Walhall, 1901). Ægir est également le nom d’une corvette norvégienne, construite en 1967.

Simek, Rudolph. « A Dictionary of Northern Mythology ». Cambridge, D. S. Brewer, 1993, page 1,2.

Laisser un commentaire

En savoir plus sur 🌲 Mímameiðr 🌲

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture