
73. Öxn, ormar, sauðir, svín.
Þessi öxnaheiti eru í Þorgrímsþulu:
265.
Gamalla öxna nöfn
hefi ek görla fregit
þeira Rauðs ok Hæfis,
Rekinn ok Hýrr,
Himinhrjóðr ok Apli,
Arfr ok Arfuni.
Þessi eru orma heiti: dreki, Fáfnir, Jörmungandr, naðr, Níðhöggr, linnr, naðra, Góinn, Móinn, Grafvitnir, Grábakr, Ófnir, Sváfnir, grímr.
Naut: kýr, kálfr, yxni, kvíga, vetrungr, griðungr, boli.
Sauðr: hrútr, bekri, ær, lamb, veðr.
Svín: sýr, gylta, runi, göltr, gríss.
73. Des bœufs, des serpents, des béliers, des porcs.
Ces heiti-de-bœufs apparaissent dans la Þorgrímsþula :
265.
Des anciens noms de bœufs
les ai-je parfaitement appris
ceux de Rauðr1 (le Rouge) et Hæfir2 (le Capable),
Rekinn3 (le Poussé, le Rejeté) et Hýrr4 (le Chaleureux, le Feu),
Himinhrjóðr5 (Ciel-déchireur) et Apli6 (Vaillant),
Arfr7 (Héritage) et Arfuni8 (Petit-Héritier).
Ceux-ci sont des heiti de serpents : dreki9 (Dragon), Fáfnir10 (Dissimulateur), Jörmungandr11 (Immense bâton magique), naðr12 (Aspic), Níðhöggr13 (Frappeur-de-Honte), linnr14 (Souple), naðra15 (Vipère), Góinn16 (Plisser), Móinn17 (Coléreux), Grafvitnir (Observateur-de-la-fosse), Grábakr18 (Dos-gris), Ófnir19 (Enrouleur), Sváfnir20 (Endormeur), grímr21 (Masqué).
Les bovins22 : kýr23 (vache), kálfr24 (veau), yxni25 (bœuf), kvíga26 (génisse), vetrungr27 (jeune-d’un-hiver), griðungr28 (bête-de-paix), boli29 (taureau).
Les ovins30 : hrútr31 (bélier), bekri32 (jeune bélier), ær33 (brebis), lamb34 (agneau), veðr35 (mouton castré).
Les porcs36 : sýr37 (truie), gylta38 (jeune truie), runi39 (verrat), göltr40 (verrat sauvage), gríss41 (porcelet).
« These names of oxen are in Thorgrímr’s Rhymes:
Of all oxen the names
Have I accurately learned,–
Of these: Raudr[15] and Hœfir,[16]
Rekinn[17] and Hýrr,[18]
Himinhrjódr[1] and Apli,[2]
Arfr[3] and Arfuni.[4]
1
- Meet. 17. Driven. 18. Gentle.
- Heaven-Bellowing, or perhaps Heaven-Destroyer.
- Calf.
- Bull; properly = cattle, pecus, fee; hence, inheritance.
- Heir; cf. with 3.
These are names of serpents: Dragon, Fáfnir, Mighty Monster, Adder, Nídhöggr, Lindworm, She-Adder, Góinn,[5] Móinn,[5] Grafvitnir,[5] Grábakr,[5] Ófnir,[5] Sváfnir,[5] Hooded One.
Neat-Cattle: Cow, calf, oxen, heifer, yearling, steer, bull.
Sheep: Ram, buck, ewe, lamb, wether.
Swine: Sow, she-pig, boar, hog, suckling.
- For these names and their meanings, see Gylfag., ch. xvi.
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Ces noms de bœufs figurent dans les Rimes de Þorgrímr :
Parmi tous les bœufs,
Les noms, je les ai appris avec exactitude —
Ceux-ci : Rauðr[15] et Hœfir[16],
Rekinn[17] et Hýrr[18],
Himinhrjóðr[1] et Apli[2],
Arfr[3] et Arfuni[4].
- Céleste mugisseur, ou peut-être destructeur du ciel.
- Veau.
- Taureau ; proprement : bétail, pecus, richesse – d’où : héritage.
- Héritier ; cf. avec 3.
- Roux, ou « Rouge ».
- Saboteux, « celui aux sabots ».
- Poussé, chassé, dirigé.
- Doux, placide.
Voici des noms de serpents :
Dragon, Fáfnir, Monstre Puissant, Vipère, Nídhöggr, Serpent-lind, Vipère femelle, Góinn[5], Móinn[5], Grafvitnir[5], Grábakr[5], Ófnir[5], Sváfnir[5], le Capuchonné (Hooded One).
Bétail domestique :
Vache, veau, bœuf, génisse, bête d’un an, bouvillon, taureau.
Moutons :
Bélier, bouquetin, brebis, agneau, mouton castré.
Porcs :
Truie, cochon femelle, verrat, porc, porcelet.
Pour ces noms et leurs significations, voir Gylfaginning, chapitre XVI.
- Du vieil islandais rauðr = rouge, couleur vive
Racine proto-germanique : *rauthaz, apparentée à l’anglais red, allemand rot, gotique rauds
Littéral : le Rouge
Appliqué à un animal : pelage rouge, bœuf brun-rouge
Peut aussi symboliser le sang, la chaleur, la force vitale ↩︎ - De l’adjectif hæfr = apte, capable, approprié
Verbe racine : hefja (soulever, porter), ou hafa (avoir, être capable de)
Littéral : le Capable, l’Apt
Peut indiquer un bœuf solide, bon pour le labour ou le charro ↩︎ - Participe passé du verbe reka = pousser, chasser, diriger, repousser
Indo-européen : reg- (diriger, étendre), même racine que rex, recht
Peut désigner un animal mené, conduit (comme dans le troupeau)
Ou un animal rejeté, banni ↩︎ - Du vieux norrois hýrr = feu vif, flamme chaude
Racine commune avec le mot hýr = chaleureux (moderne : hýrleikr = chaleur, hospitalité)
Littéral : le Feu, le Flambeau, le Chaleureux ↩︎ - [5] Himinhrjóðr : Très probablement identique à Himinhrjótr mentionné dans la Gylfaginning (Edda de Snorri, édition 2005, p. 44), où il est décrit comme le plus grand bœuf du troupeau du géant Hymir.
Dans les manuscrits, ce nom apparaît sous plusieurs formes variantes :
(a) Himinhrjóðr (forme adoptée dans le manuscrit C, ainsi que dans Skjaldedigtning B, Skáldskaparmál, et l’édition présente), peut être traduit par « dévastateur du ciel », le second élément venant du verbe fort hrjóða : « dépouiller, dégager, raser ».
→ C’est ainsi que l’interprète Kahle (1903, p. 173–174).
→ Finnur Jónsson (Lexicon Poeticum, s.v. Himinhrjóðr) y voit plutôt « celui dont les cornes sont si hautes qu’elles transpercent le ciel ».
(b) Himin(s)hrjótr (dans le manuscrit R et le manuscrit Tˣ du Þula des bœufs, strophe 2/1, ainsi que dans la Gylfaginning) :
→ dérivé du verbe fort hrjóta : « tomber, voler, être projeté » → « celui qui se jette vers le ciel » ;
→ ou bien du même verbe dans un autre sens : hrjóta = « ronfler, gronder, grogner » → « grogneur céleste », « ronfleur du ciel » (cf. manuscrit Tˣ et himinrjótr dans le manuscrit R du Þula des bœufs, 2/1). Voir Edda de Snorri, 1998, vol. II, p. 475.
(c) Himinrjóðr (forme U) : littéralement « rougeur du ciel » ou « celui qui rougit le ciel » (rjóða = rougir).
(d) himinbrjótr (forme du manuscrit A du Þula des bœufs) : « destructeur du ciel », dérivé de brjóta = briser.
himin- = ciel (cf. Himinbjǫrg, Himinríkja)
hrjóðr = déchireur, briseur, de hrjóta = heurter, frapper, briser
Himin-hrjóðr = déchireur du ciel, briseur céleste ↩︎ - Peu claire. Probablement liée à un mot vieux norrois rare ou dialectal
Hypothèses :
Altération de apall = taureau, vaillant
Dérivé du latin apulus, ou bien rapprochement poétique sans racine immédiate
Parfois considéré comme heiti autonome
Le Fort, le Vaillant, ou simplement le Taureau
Peut-être une forme archaïque ou poétique perdue ↩︎ - Vieux norrois arfr = héritage, legs
Proto-germanique arbuz
Cf. allemand Erbe, anglais heir
Littéral : Héritage, Transmission
Peut évoquer l’animal hérité d’une lignée, ou celui qui est porteur d’un destin familial ↩︎ - Dérivé de arfr avec suffixe -uni (diminutif ou affectif)
Littéral : Petit Héritage, Jeune Héritier
Peut indiquer un veau ou jeune taureau promis à prendre la relève ↩︎ - dragon, drake
du latin draco, via le germ. drakō
↩︎ - issu du vieux norrois fáfn- (racine obscure), probablement de fana = enrouler, cacher
Connexion possible avec le gotique fana = voile, dissimulation ↩︎ - Étymologie :
Jörmun- = grand, immense, universel (de jöfurr, jǫrmungar)
gandr = bâton magique, monstre, créature serpentine ↩︎ - Étymologie : vieux norrois naðr = serpent, aspic
Du proto-germanique nadrō, apparenté au latin natrix (couleuvre), grec nâdris ↩︎ - Étymologie :
níð = infamie, haine, honte (notion de disgrâce sociale grave)
höggr = frappeur, mordeur (de hǫggva = frapper, mordre) ↩︎ - Étymologie : lié à lína = se plier, se tordre
Variante poétique de ormr, souvent utilisé pour désigner des serpents sinueux ou ondulants, comme les wyrms
↩︎ - Étymologie : forme dérivée ou féminine / diminutive de naðr
Peut désigner un petit serpent ou une vipère ↩︎ - Étymologie : nom propre. Racine obscure, probablement liée à góa (plisser, replier, serpentiner) ou à góa (nom d’un mois), mais l’étymologie reste incertaine
Mentionné dans le Grímnismál parmi les serpents rongeant les racines d’Yggdrasill ↩︎ - Étymologie : nom propre, étymologie incertaine
Peut-être lié à móðr = colère, énergie furieuse ↩︎ - Étymologie :
grár = gris
bakr = dos ↩︎ - participe passif de afna = enrouler, replier ↩︎
- de sváfa = endormir ↩︎
- grímr = masque, visage caché ↩︎
- Du vieux norrois naut = bête de somme, bétail, bovin
Racine indo-européenne : neud- = utiliser, tirer profit
→ apparenté à not (profit), cf. anglais need, allemand Nutzen ↩︎ - Du vieux norrois kýr = vache
Proto-germanique kūz, apparenté au latin bos (via racines indo-européennes distinctes)
Cf. gotique kusa, vieil anglais cū, anglais moderne cow ↩︎ - Du vieux norrois kálfr = veau (mâle ou femelle)
Proto-germanique kalbaz, apparenté au vieil anglais cealf, anglais calf ↩︎ - Du vieux norrois yxni = jeune taureau castré, bœuf de trait
De uxi = bœuf, avec suffixe masculin -ni (ou forme nominale fléchie)
Traduction(s) possibles :
bœuf (souvent de trait, castré)
jeune taureau domestiqué pour le travail ↩︎ - Du vieux norrois kvíga = génisse, jeune vache non encore vêlée
Cf. islandais moderne kvíga, suédois dialectal kviga
Traduction(s) possibles :
génisse
jeune vache (souvent entre 1 et 2 ans) ↩︎ - Composé de vetr- (hiver) + _-ungr (suffixe masculin)
→ littéralement : « un hivernant », « un de l’hiver »
Traduction(s) possibles :
animal d’un hiver, jeune d’un an
veau d’un an, bovin âgé d’un hiver ↩︎ - De grið = paix, trêve, protection + suffixe masculin -ungr
→ pourrait se traduire par : « bête de la paix »
(peut-être réservé, sanctuarisé, ou domestique)
taureau de troupeau ↩︎ - Du vieux norrois boli = taureau
Proto-germanique bullô, apparenté à l’anglais bull
Traduction(s) possibles :
taureau (mâle adulte, reproducteur) ↩︎ - Du vieux norrois sauðr = mouton
Proto-germanique : sauđaz
Indo-européen : sowdʰós ou seu-, apparenté au latin ovis (mouton), au grec ancien οἶς (ois) ↩︎ - Vieux norrois hrútr = bélier (mâle reproducteur)
Origine incertaine, peut-être d’une racine germanique désignant le rugissement ou le brame ↩︎ - Vieux norrois bekri = jeune bélier, ovin mâle non reproducteur
Peut être apparenté à bækr ou bækrari, formes dialectales scandinaves ↩︎ - Vieux norrois ær = brebis
Du proto-germanique aizō, apparenté au gotique aiza, anglais ewe ↩︎ - Vieux norrois lamb = agneau
Du proto-germanique lambaz ↩︎ - Vieux norrois veðr = bélier
Proto-germanique wēđraz
Peut-être apparenté au vieil anglais wether, anglais moderne archaïque wether (mouton mâle castré) ↩︎ - Vieux norrois svín = porc, cochon
Du proto-germanique *swīnō, apparenté à :
vieil anglais : swīn
allemand : Schwein
latin : sus
grec ancien : hûs (ὗς) ↩︎ - Vieux norrois sýr = truie
Proto-germanique *sūrīz, apparenté au gotique sū (féminin de sus) ↩︎ - Vieux norrois gylta = jeune truie
Apparenté à islandais moderne gylta, suédois gylta ↩︎ - Vieux norrois runi = verrat, mâle reproducteur
Racine incertaine, peut être dérivée de runa (secret, murmure), mais plus probablement liée à une forme régionale ↩︎ - Vieux norrois göltr = sanglier, verrat sauvage ou domestique
Proto-germanique *gulþraz, cf. vieil anglais gult, allemand Keiler ↩︎ - Vieux norrois gríss = porcelet, jeune cochon
Proto-germanique *grissaz, apparenté à suédois grisk, islandais grís ↩︎
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