Fulla-Volla, complément

Une question est d’autant plus prĂ©cieuse que celui qui l’a posĂ©e, a confiĂ© qu’il avait du mal Ă  la formuler. C’est quelqu’un qui avait toujours l’impression que ses questions paraissaient idiotes. Et ça, c’est fondamental Ă  comprendre. Poser des questions, c’est essentiel. Wotan, lui, parcourt le monde pour trouver des Völvas et les interroger sans relĂąche sur les mystĂšres sacrĂ©s, les secrets, la loi naturelle et la loi divine.

La question est si cruciale que Wotan, juste avant de mourir, consacre ses derniĂšres minutes Ă  interroger son maĂźtre, Mimir – que ses mĂ©rites nous protĂšgent. Mimir, tuĂ© lors de la guerre contre les Vanir, a sa tĂȘte prĂ©servĂ©e par Wotan grĂące Ă  des plantes et des sortilĂšges. Par une forme de nĂ©cromancie, Wotan permet Ă  Mimir, depuis l’autre monde, de continuer Ă  l’instruire et Ă  rĂ©pondre Ă  ses questions, mĂȘme au-delĂ  de la mort.

Dans le chapitre 19 de la Gylfaginning, Wotan, interrogĂ© par Gangleri, explique : « MĂȘme si tu es si ignorant que tu sembles ĂȘtre le seul Ă  ne rien savoir sur ce sujet, je considĂšre avec bienveillance que tu poses une question, mĂȘme idiote, plutĂŽt que de rester dans l’ignorance de ce que tu es tenu de savoir. » C’est un point clĂ© : nous sommes sur terre pour apprendre, pour obtenir des rĂ©ponses Ă  nos questions. C’est une obligation. Au thing de l’autre cĂŽtĂ©, on nous demandera des comptes sĂ©vĂšres sur ce que nous avons nĂ©gligĂ© d’apprendre, sur les questions que nous n’avons pas posĂ©es par peur du regard des autres ou par souci des convenances sociales.

Wotan, dans le HĂĄvamĂĄl, insiste : au thing, peu importent tes vĂȘtements, ton vĂ©hicule ou tes chaussures. Une fois de l’autre cĂŽtĂ©, ces dĂ©tails matĂ©riels n’ont aucune importance. Ce qui compte, c’est le progrĂšs accompli, les rĂ©ponses obtenues. Wotan dit Ă  Gangleri : « Ta question, un homme instruit ne la poserait pas, mais je la reçois avec bienveillance, car il vaut mieux poser une question stupide, mĂȘme si elle semble Ă©vidente pour tous, que de rester ignorant. » La bienveillance, ce n’est pas le fort de Wotan, alors quand il en fait preuve, c’est significatif ! Poser une question, mĂȘme si elle blesse l’ego, est plus mĂ©ritoire karmiquement que de se taire pour sauver les apparences. C’est l’anti-cuistrerie, le lĂącher-prise face Ă  l’image sociale. C’est la marque de celui qui cherche Ă  s’instruire sans se soucier de ce qu’il projette.

Gangleri pose une question que Wotan lui-mĂȘme qualifie d’idiote, une question que « tout le monde » semble connaĂźtre. Mais peu importe l’apparence, le vĂ©hicule, les vĂȘtements : poser la question, c’est le vrai lĂącher-prise. D’ailleurs, dans l’initiation, les femmes progressent souvent plus vite que les hommes. Pourquoi ? Parce qu’elles n’ont gĂ©nĂ©ralement pas ce problĂšme d’ego. Elles veulent comprendre, apprendre, sans se demander si elles auront l’air bĂȘtes ou si cela compromettra leur rĂŽle dans le groupe. Elles disent ce qu’elles ont besoin de savoir, sans hĂ©siter. C’est pour ça que, dans le sidr, les femmes sont souvent bien plus efficaces et avancent plus rapidement.

La question en question, qui justifie ce prĂ©ambule, touche aux mystĂšres abordĂ©s plus haut grĂące aux mĂ©rites de Fulla, la suivante de Frigg. Ces mystĂšres concernent le pouvoir du nombre 666, sa signification profonde et son utilisation. Il a Ă©tĂ© rapportĂ© que le passage sur le 18 a Ă©tĂ© fait trop rapidement. La personne demandait alors : « 6 + 6 + 6, ça fait 18. Dans quel sens le 18 est-il signifiant ? » Nous avons vu que 666, c’est l’harmonie des trois plans – spirituel, social, matĂ©riel – et que leur somme, 18, mĂšne au 9 (1 + 8 = 9). On n’a pas beaucoup dĂ©veloppĂ© ce 18, mais il est riche de sens.

Le 18 reprĂ©sente la fin de l’accomplissement, la fin de l’apprentissage. Ce n’est pas un hasard si le dĂ©veloppement d’un enfant se fait en trois pĂ©riodes de 6 ans, ni si la majoritĂ© lĂ©gale est fixĂ©e Ă  18 ans. À 18 ans, l’éducation et le dĂ©veloppement d’une personne sont considĂ©rĂ©s comme achevĂ©s. Le 18, c’est le mystĂšre du « 1 en 8 » : l’unitĂ© au centre des huit directions. Nos anciens souverains, Ă  Mu et Ă  ThulĂ©, disaient : « Je suis le 1 en 8. » Cela dĂ©signe les huit directions – les quatre points cardinaux et les quatre intermĂ©diaires – avec l’unitĂ© centrale, le « 1 » au milieu. C’est la fonction royale, celle du prince-prĂȘtre, du Heimdallar, qui unifie les huit directions en un centre.

Dans l’annĂ©e, il y a huit messas (fĂȘtes) majeures, et la messa du « 1 en 8 », c’est ton anniversaire personnel. C’est pourquoi il est crucial de faire un bod le jour de son anniversaire. Certains soutiennent que non, que le bod doit avoir un objet prĂ©cis – une maladie Ă  guĂ©rir, une malĂ©diction Ă  lancer, une relation Ă  faire aboutir – et que sans cela, c’est un bod sans raison, juste une commĂ©moration de l’arrivĂ©e dans le monde. Mais c’est prĂ©cisĂ©ment l’essence du bod ! Le « 1 en 8 », reprĂ©sentĂ© par le nombre 18, signifie que tu es un flocon de neige unique dans les siĂšcles des siĂšcles, que le divin a fait descendre dans ce monde créé pour toi seul.

Comprendre cela, l’intĂ©grer profondĂ©ment – pas juste l’écrire pour dĂ©corer une cheminĂ©e, mais le faire descendre dans la coupe, dans l’hĂ©misphĂšre droit du cerveau, dans la coupe de Calc – c’est rĂ©aliser que le monde a Ă©tĂ© créé pour toi. C’est la lecture correcte du monde. Une fois que tu l’as intĂ©grĂ©, tu as tout compris. Le 1 + 8 donne 9, le nombre qui englobe tout, les neuf sphĂšres d’Yggdrasil.

Celui qui atteint l’harmonie des trois plans – l’harmonie au plan noir (matĂ©riel), au plan rouge (social), et au plan blanc (spirituel) – incarnĂ©e par le 666 de Fulla, accĂšde au « 1 en 8 ». Cela le place au centre de l’univers, comme le menhir auquel est attachĂ© Fenrir. Il comprend sa place : il est le centre, le « 1 en 8 ». Et cela mĂšne au 9, la complĂ©tude. Ainsi, on passe du 666 au 18, puis au 9.

Il y a les huit messas et la messa du « 1 en 8 », ton anniversaire, oĂč tu fais un bod de bĂ©nĂ©diction sur toi-mĂȘme. C’est normal, car c’est ta place : tu es descendant d’Heimdall, prince-prĂȘtre, roi et prĂȘtre Ă  la fois.

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