
Nous reprenons donc le texte : au verset 4, chapitre 35.
La seconde, c’est Sága.
Elle habite à Sökkvabekk.
Et c’est une grande résidence.
Une vaste, immense résidence.
Il faut alors qu’on parle de Sága et de sa demeure.
Et surtout, qu’on essaie de dire des choses qu’on n’a pas encore dites — même si, à force, on a déjà beaucoup parlé d’elle.
Mais ce n’est pas grave : c’est une bonne occasion de réviser.
Sága, vous le savez, c’est la grande spécialiste de la mémoire.
La mémoire, c’est son attribut.
Et la mémoire, c’est précisément l’attribut des natifs du Cancer.
Parce que Sága est native du Cancer.
Elle en est l’aspect positif de ce signe.
Les natifs du Cancer — comme tous ceux des signes solsticiaux — peuvent être infiniment nuisibles ou infiniment lumineux.
(Il n’y a que deux signes solsticiaux : le Cancer et le Capricorne.)
Quelqu’un qui est Capricorne, au solstice d’hiver, doit choisir chaque matin s’il veut être Robert J. Matthews ou Iznogoud.
Quelqu’un qui est Cancer, doit choisir chaque matin s’il veut être Loki ou Sága.
Là, c’est eddique, existentiel, parce que les Cancer, ce sont des gens dont la fonction est difficile — difficile, parce que leur fonction peut être d’être une nuisance.
Et dans ce cas, c’est une fonction anti-solaire.
On constate d’ailleurs que ceux qui sont les plus proches de Wotan au quotidien sont très souvent des natifs du Cancer.
Loki, par exemple, est lié à Wotan par un pacte de sang.
Un pacte si fort qu’il est dit qu’il ne peut être servi d’alcool à Wotan sans être servi à Loki.
Dans le cas de Sága, c’est plus lumineux :
Quand Wotan est à Ásgard, il passe tous ses après-midis avec elle.
Dès qu’il se réveille, c’est Sága qui lui apporte son hydromel.
Et ensemble, ils passent la journée à Sökkvabekk —
la plus belle résidence d’Ásgard —
à boire dans des coupes d’or,
à écouter les récits de Sága,
et à contempler la mer.
Sága connaît tout par cœur.
Toutes les histoires.
Toutes les traditions orales.
Toute l’Edda.
Elle récite, elle transmet, elle veille.
C’est le côté positif, glorieux du Cancer :
la mémoire,
le savoir,
la fidélité au récit originel.
Parce que les natifs du Cancer ont systématiquement un don exceptionnel de mémoire.
Dans 99 % des cas, hélas, ils s’en servent mal.
Ils constatent très jeunes que les autres n’ont pas cette mémoire, et souvent, ils s’en servent pour entretenir des rancunes,
ou pour monter des dossiers compromettants sur tout le monde —
c’est le Cancer à la mode Loki : calomniateur, ourdisseur de petites saletés, mémoire absolue des bobards.
Mais — alchimiquement,
ça peut se transmuter.
Et devenir la mémoire sacrée.
Le chant de la Tradition.
L’Edda vivante.
Sága de Sökkvabekk, c’est ça :
la plus grande érudite en Edda.
Et tout ça est contenu dans son nom même.
Sága — écrit avec un A long — avec un accent.
Sága, c’est la voyante.
Celle qui voit.
Mais si on enlève l’accent,
Sága devient tout simplement le récit oral —
la saga,
l’histoire transmise de bouche à oreille,
l’histoire que l’on porte en mémoire et que l’on offre en héritage.
C’est tout le principe de la conservation du savoir.
On note ce qui s’est passé,
on le transmet,
on le garde vivant.
Voilà ce qu’est Sága,
et voilà ce que signifie Sökkvabekk :
le sanctuaire où l’éternité s’ancre dans la mémoire.
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