
8. Orðum beint til ungra skálda.
En þetta er nú at segja ungum skáldum, þeim er girnast at nema mál skáldskapar ok heyja sér orðfjölða með fornum heitum eða girnast þeir at kunna skilja þat, er hulit er kveðit, þá skili hann þessa bók til fróðleiks ok skemmtunar. En ekki er at gleyma eða ósanna svá þessar frásagnir at taka ór skáldskapinum fornar kenningar, þær er höfuðskáld hafa sér líka látit. En eigi skulu kristnir menn trúa á heiðin goð ok eigi á sannyndi þessa sagna annan veg en svá sem hér finnst í upphafi bókar.
8. Des mots adressés directement aux jeunes poètes.
Ceci est maintenant à dire aux jeunes poètes, à ceux qui désirent apprendre l’art de la poésie et enrichir leur vocabulaire avec des termes anciens, ou à ceux qui souhaitent comprendre ce qui est dit de manière cryptique, qu’ils utilisent ce livre pour leur instruction et leur divertissement. Et il ne faut ni oublier ni réfuter ces récits, ni rejeter les anciens kenningar du domaine de la poésie, ceux que les grands poètes ont également adoptées. Mais les chrétiens ne doivent pas croire aux dieux païens ni accepter la vérité de ces récits d’une autre manière que celle présentée ici au début du livre.
« But now one thing must be said to young skalds, to such as yearn to attain to the craft of poesy and to increase their store of figures with traditional metaphors; or to those who crave to acquire the faculty of discerning what is said in hidden phrase: let such an one, then, interpret this book to his instruction and pleasure. Yet one is not so to forget or discredit these traditions as to remove from poesy those ancient metaphors with which it has pleased Chief Skalds to be content; nor, on the other hand, ought Christian men to believe in heathen gods, nor in the truth of these tales otherwise than precisely as one may find here in the beginning of the book. (…)
« Mais il convient maintenant de dire ceci aux jeunes skaldes, à ceux qui aspirent à maîtriser l’art de la poésie et à enrichir leur répertoire de figures par des métaphores traditionnelles ; ou à ceux qui désirent acquérir la capacité de discerner ce qui est exprimé en termes voilés : que de tels individus interprètent ce livre pour leur instruction et leur plaisir. Toutefois, il ne faut pas oublier ou discréditer ces traditions au point d’éliminer de la poésie ces anciennes métaphores qui ont satisfait les Grands Skaldes ; et d’autre part, les chrétiens ne doivent pas croire aux dieux païens, ni considérer la vérité de ces récits autrement que de la manière précisément trouvée ici au début du livre.
Commentaire
« Mais les chrétiens ne doivent pas croire aux dieux païens ni accepter la vérité de ces récits d’une autre manière que celle présentée ici au début du livre. »
S’il arrivait que les chrétiens croient à la véracité de ces récits, ils ne seraient plus chrétiens. Mais après avoir consommé ce repas complexe, en seront-ils guéris ?
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