
27. Frá Heimdalli.
Heimdallr heitir einn. Hann er kallaðr hvíti áss. Hann er mikill ok heilagr. Hann báru at syni meyjar níu ok allar systr. Hann heitir ok Hallinskíði ok Gullintanni. Tennr hans váru af gulli. Hestr hans heitir Gulltoppr. Hann býr þar, er heita Himinbjörg við Bifröst. Hann er vörðr goða ok sitr þar við himins enda at gæta brúarinnar fyrir bergrisum. Hann þarf minna svefn en fugl. Hann sér jafnt nótt sem dag hundrað rasta frá sér. Hann heyrir ok þat, er gras vex á jörðu eða ull á sauðum, ok allt þat er hæra lætr. Hann hefir lúðr þann, er Gjallarhorn heitir, ok heyrir blástr hans í alla heima. Heimdallar sverð er kallat höfuð manns. Hér er svá sagt:
39.
Himinbjörg heita,
en þar Heimdall
kveða valda véum;
þar vörðr goða
drekkr í væru ranni
glaðr inn góða mjöð.
Ok enn segir hann sjálfr í Heimdallargaldri:
40.
Níu em ek mæðra mögr,
níu em ek systra sonr.
27. À propos de Heimdall
Heimdallr est son nom, celui qui est appelé le dieu (l’Ase) blanc. Il est grand et sacré. Il a été porté par neuf vierges qui sont toutes sœurs. Il est également appelé Hallinskíði et Gullintanni et [de fait] ses dents sont en or. Son cheval s’appelle Gulltoppr. Il habite là où se trouvent les Himinbjörg, près de Bifröst. Il est le gardien des dieux et se tient là, à l’extrémité du ciel, pour garder le pont contre les géants des montagnes. Il a besoin de moins de sommeil qu’un oiseau. Il voit la nuit comme le jour à cent lieues de lui. Il entend aussi l’herbe pousser sur la terre ou la laine sur les moutons, et tout ce qui fait plus de bruit. Il possède un cor appelée Gjallarhorn, dont le souffle est entendu dans tous les royaumes. L’épée de Heimdallr est appelée la tête d’homme. Voici ce qui est dit ici :
39.
Himinbjörg s’appelle,
où Heimdall est dit gouverner les lieux sacrés ;
là le gardien des dieux
dans son hall joyeux,
boit le bon hydromel.
Et lui-même dit dans le Heimdallargaldr:
40.
Je suis le fils de neuf mères,
je suis le fils de neuf sœurs.
Chapitre 27
L’un d’entre eux est Heimdall, que l’on appelle l’Ase blanc, et qui est grand et sacré. Il fut enfanté par neuf vierges, qui étaient toutes sœurs. Il porte également les noms de Hallinskidi et de Gullintanni (« dents d’or »), et [de fait] ses dents sont en or. Quant à son cheval, il porte le nom de Gulltopp (« toupet d’or »). Il habite à l’endroit appelé Himinbjorg, qui est situé près de Bifrost. Heimdall est le veilleur des dieux, aussi siège-t-il là, à l’extrémité du ciel, afin de garder le pont contre les géants des montagnes. Il a besoin de moins de sommeil qu’un oiseau, il voit à cent lieues à la ronde aussi bien de nuit que de jour, et il entend croître l’herbe sur la terre, la laine sur les moutons, et tout ce qui fait plus de bruit que cela. Il possède une trompe qui est appelée Gjallarhorn et dont on entend le son par tous les mondes. [D’autre part,] la tête est appelée « épée de Heimdall ». Voici ce qui est dit ici :
Himinbjorg est le nom du lieu
Où, dit-on, Heimdall
Est le souverain des sanctuaires.
Là, dans l’âme demeure,
Le veilleur des dieux boit
Joyeusement le bon hydromel.
De plus, il dit lui-même ceci dans le Heimdallargald :
De neuf mères, je suis l’enfant,
De neuf sœurs, je suis le fils.
Sturluson, Snorri. L’Edda. [Paris]: Gallimard, 1991, p. 58, 59.
Heimdallr : « Celui qui illumine le monde » ou « Gardien lumineux du royaume »
Hallinskíði : « Le lanceur du hall », « Celui du hall et de la lance », « Bâton de Hallr » ou « Ski de Hallr »
Gullintanni : « Dents d’or »
Gulltoppr : « Crinière d’or »
Himinbjörg : « Montagnes du ciel », « Château du ciel », « les fortifications du ciel », « Falaises Célestes »
Gjallarhorn : « Cor retentissant » ou « Cor qui résonne à travers »
Commentaire sur le chapitre 27 de la Gylfaginning.

Nous avons atteint le 27ème chapitre de la Gylfaginning, se situant au cœur même de la zone des combats. Nous allons nous pencher sur des thèmes essentiels… Nous voici face au cœur du dilemme. Le chiffre qui marque ce chapitre, le 27, étant le produit de trois fois neuf, c’est-à-dire Yggdrasil en totalité, la totalité des dimensions possibles, la totalité des sphères possibles. Il représente les trois plans de l’existence : spirituelle, intellectuelle et physique, correspondant respectivement aux domaines blanc, rouge et noir. Cette globalité n’est guère surprenante, car il s’agit du chapitre dédié à Heimdall.
Heimdall et le Peuple Blanc

Nous allons maintenant nous pencher sur un sujet d’une importance capitale, le cœur même de notre discussion : Heimdall, et par extension, l’émergence du peuple blanc. Quelle est l’essence du peuple blanc ? Ce chapitre revêt une importance sans égale car il nous introduit à notre père Heimdall, révélant nos origines et notre référence ultime. Il détaille le cours des événements, l’époque actuelle, ainsi que tout ce que nous avons traversé, créé et vécu en tant que peuple et individus. Il nous offre la clé de notre présence individuelle sur Terre, ainsi que la raison d’être collective de notre existence. En somme, l’humanité se divise en blancs et non-blancs.
Le reste se relève de la courtoisie.
Il y a les blancs et les skraeling, c’est tout.
Le nombre 27, représentant trois fois neuf, symbolise l’intégralité des sphères d’Yggdrasil, autrement dit, Yggdrasil lui-même, à travers ses trois plans. À ce stade, on atteint les nœuds gordiens, le cœur même de la question, illustré par le Valknut. C’est dans l’entrelacement de ces trois dimensions que Snorri souhaitait nous guider en rédigeant la Gylfaginning. Pour ces premières phrases du chapitre que nous allons examiner, Snorri a sacrifié sa vie. Son assassinat n’a pas d’autre explication. Nous devons pleinement saisir l’importance et la criticité, au sens le plus pur du terme, de ce que nous allons désormais aborder.
Le Mystère du Nombre 27 et le « Club des 27 »

Le nombre 27 occupe une place particulière, surtout lorsqu’on considère son prédécesseur, le 26, symbole de l’équilibre parfait : les quatre éléments, directions, saisons, et étapes de la vie se rejoignent. Le passage de 26 à 27 symbolise le franchissement d’un seuil. Le 27, en revanche, incarne l’homme au centre, à la croisée des chemins, confronté à des choix déterminants. Ce chiffre s’inscrit au cœur de notre quête personnelle, illustrant la position cruciale de l’individu dans l’univers.
Concernant le « Club des 27 » dans le monde de la pop musique, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur la récurrence de ce chiffre, pourquoi tant de célébrités nous quittent à l’âge de 27 ans.
Des artistes de renom ont connu un destin tragique à cet âge symbolique. Il fut noté que l’initiateur de ce célèbre « Club des 27 », considéré comme l’architecte de ce phénomène, était un Skreal, un musicien de blues. Les victimes du « Club des 27 » succombent toutes soit à des circonstances d’empoisonnement dues à des surdoses, à des erreurs de médication, ou à des combinaisons fatales avec l’alcool, soit à des assassinats. Un aspect remarquable, tel qu’observé récemment, concerne le morceau le plus célèbre de ce pionnier du Club des 27, intitulé « Crossroads Blues », soit le blues de la croisée des chemins.
Standing at the crossroads.
Je suis à la croisée des chemins.
Ce qui nous interpelle davantage, c’est la signification derrière l’âge auquel ces morts surviennent. Ce questionnement nous ramène au Havamal et aux paroles de notre maître Wotan, qui mettait en lumière l’importance de la fin, de l’arrêt. L’arrêt, c’est que tout le monde va mourir, il explique très bien, que tout le monde va mourir, que toi aussi tu vas mourir, il nous exhorte à ne pas nous accrocher, à ne pas nous bercer d’illusions. Tout est impermanent, tout est destiné à mourir, et cela ne doit pas être source de tourment.
Selon lui, ce qui importe réellement n’est pas les richesses, les relations sociales, ou les biens accumulés, mais le moment final, le sceau qui sera apposé sur notre destinée, le moment précis de notre trépas. Au moment de notre mort, dans les hauteurs d’Asgard, des forces s’emploient à évaluer notre existence, à tamponner notre destinée selon nos actions et notre comportement. Le sceau définitif de notre vie, l’indicateur ultime de notre parcours, est l’âge auquel nous quittons ce monde.
L’étude de ce nombre, l’analyse occulte et kabbalistique de l’âge auquel une personne décède, révèle l’accomplissement ultime de son existence. Le nombre détient une vérité incontestable, absolue, non relative — la vérité pure. Nous allons explorer cette notion de vérité immuable, celle où 2+2 égale 4, la vérité absolue.
Au Milieu du Jour, au Milieu des Beaux Jours

L’essence du nombre réside dans son immuabilité.
Tu identifies ceci comme une table, mais seulement parce que ton père te l’a enseigné ainsi. Imagine que pour le reste du monde, cela soit perçu comme un éléphant, nommé éléphant, et que chacun autour de toi conspire avec ton père pour te convaincre que cela s’appelle une table. La seule affirmation que tu peux alors faire repose sur un célèbre adage, que nous avons entièrement intégrée au sidr : « C’est la vérité parce que mon père me l’a dit. »
Or, voici ce que représente l’Edda : « C’est la vérité parce que mon aïeule me l’a dit.«
Et quelle vérité trouves-tu à la télévision ? Est-ce celle du présentateur de nouvelles ou d’autres ? Non, l’Edda nous offre cette vérité. Tu peux choisir de croire le présentateur de nouvelles, tandis que je m’en remets à l’Edda. Tu accordes ta confiance à ce que proclame la télévision, mais je place ma foi dans l’Edda, qui a été crue, étudiée et transmise par mes ancêtres pendant des millénaires. Je préfère m’appuyer sur quelque chose de solide, en réalité.
Quant au nombre, on ne peut adopter une telle perspective relativiste avec lui. Depuis que 2+2 = 4, il existe une compréhension occulte du sens et de la puissance inhérents au nombre.
Pythagore enseignait que celui qui maîtrise le secret des nombres détient le pouvoir. Dans l’utilisation des carrés magiques, la puissance des nombres est systématiquement exploitée, produisant des effets extraordinaires tant sur le plan opératif que dans la magie utilitaire. Cependant, il est essentiel de comprendre leur signification. Chaque rune est également associée à un nombre, et chaque phénomène peut être considéré comme une rune. Ainsi, le nombre 27 marque ceux qui sont sous son influence. Sur la roue de la vie, l’âge de 22 ans coïncide avec Beltaine, tandis que 33 ans correspond à Litha. Entre 22 et 33 ans, nous vivons ce que l’on nomme les jours radieux, semblables à ceux que nous connaissons dans le cycle annuel. Cette tranche d’âge, symboliquement liée à la période de Baldr, représente une phase éclatante de notre existence, marquant les jours les plus lumineux de l’année.
Je suis conscient que ces dernières années, le temps n’a pas été idéal, mais la période allant de Beltaine à Litha, soit du 1er mai au solstice d’été, représente les jours les plus agréables de l’année. C’est l’époque de la lumière et de la douceur de l’existence. À l’âge de 27 ans, on se trouve précisément au milieu de cette phase, exactement au centre. On pourrait dire de quelqu’un qu’il a trouvé la mort au summum du bonheur. Cela peut sembler étrange, surtout dans le cas d’une rockstar qui meurt étouffée par son vomi après une surdose de barbituriques. Pourtant, c’est une réalité. Son parcours a été marqué par un accomplissement typiquement balderien. En termes diurnes, cela équivaut à la période allant approximativement de 10h00 à Halfardag, le meilleur moment pour les études, quand la lumière abonde et que l’on est encore alerte, avant que la fatigue ne s’installe. À Halfardag, à 33 ans dans la vie, ou à Litha durant l’année, on commence à sentir le poids du monde matériel. Le soleil entame sa descente, marquant l’entrée dans le signe du Cancer. C’est précisément à ce moment que Baldr a été tué. Hodr, par essence obscure, que les dieux préservent, il est aveugle, a assassiné Baldr exactement à Halfardag, comme le rapportent nos sages. Cela nous enseigne qu’à ce stade de la journée, les ténèbres cherchent à éclipser tout ce qui est lumineux, joyeux, innocent et pur.
Les membres du « Club des 27 » rencontrent leur fin en plein épanouissement de cette période faste. Cela suscite une réévaluation profonde de leur destinée. Alors que leur disparition est souvent perçue comme une tragédie, ce n’est en réalité pas le cas. Mourir à 27 ans se révèle être le moment le plus propice. Leur existence, loin d’être une tragédie, a été marquée par des aspects profondément balderiens ; ils s’éteignent au zénith de la lumière et du bonheur, et non dans une perspective tragique et autodestructrice, souvent associée à l’attitude punk. Partir à 27 ans est en fait une chance. À cet âge, on n’a connu que les meilleurs moments, ou « le pain blanc », pour utiliser une expression courante. En abordant la notion de pureté, nous nous préparons à explorer le chapitre sur Heimdall.
Heimdall, l’Ase Blanc

Nous nous attardons sur les trois premières phrases de ce chapitre, discutées depuis des millénaires :
« L’un d’entre eux est Heimdall »
Voilà la phrase absolument capitale :
« que l’on appelle l’Ase blanc
et qui est grand et sacré. »
Il est grand et sacro-saint. Il est grand et sacré.
La Distinction entre Pur, Sacré, et Saint

La distinction entre ce qui est pur, sacré et saint est cruciale, bien que souvent ces concepts soient confondus dans notre compréhension.
Le pur désigne un état d’origine, sans qu’il y ait eu aucun autre usage. C’est l’objet dans son essence, n’ayant jamais été utilisé, ce qui permet son emploi dans un cadre rituel, sa consécration.
Le sacré, quant à lui, se rapporte à ce qui est dédié au domaine religieux, établissant un lien avec le divin. Ce terme trouve ses racines dans le latin « religere », signifiant reconnecter ou lier fortement avec le sacré, une notion également présente dans le mot yoga qui signifie aussi connexion au divin, lien au divin. Tout comme Aesir qui signifie également lien, les Aesirs sont nos liens. Les Aesirs symbolisent ce lien au divin. Ainsi, le sacré désigne ce qui a été spécifiquement consacré pour un usage religieux, marquant une dévotion à la connexion divine.
Le saint, en revanche, touche directement à la divinité, indiquant ce qui est intouchable et inaltérable, d’une essence si sacrée qu’elle demeure hors de portée de toute souillure.
Cela relève des mystères les plus élevés, caractéristiques du divin lui-même, de celui qu’on ne peut nommer. Quelles que soient vos actions, vous ne pouvez l’atteindre. Dire des horreurs ou toute parole ne monte pas, ne s’élève pas jusqu’à lui. Vous ne pouvez en aucune manière nuire à son essence. Même les pires actes ou horreurs que nous commettons, avant de se présenter devant le divin, sont transformés en bien. C’est une notion fondamentale pour tout ce qui va suivre. Chacun peut observer ce principe dans sa propre vie, mais nous ne pouvons pas nous attarder dessus pour le moment, car cela nous éloignerait du sujet actuel. Néanmoins, il est crucial de se souvenir de ces trois niveaux : le pur, le sacré, et le saint. Sur le plan du saint, il est impossible de l’atteindre ou de l’altérer.
Le fondement de cette notion réside dans le fait que le temps transforme, même la pire méfait commis par l’individu le plus déchu de Muspelheim, en bien durant son ascension. Autrement dit, le divin recycle cette faute pour l’utiliser à bon escient. Cependant, cela ne signifie pas que le mal est nécessaire en soi. Il n’existe pas de mal nécessaire. Cela s’apparente au principe du fumier qui fertilise le sol, favorisant ainsi la croissance du blé. C’est la manière dont même les pires actions peuvent être converties et utilisées positivement. Cela touche au principe de la sainteté. Nous avons déjà évoqué ces concepts, mais ce sont des notions auxquelles nous revenons constamment.
« L’un d’entres-eux est Heimdall »
Heimdall, ça veut dire splendeur du monde.
Il est numineux.
N-U-M-I-N-E-U-X.
Heimdall incarne la splendeur du monde, la vision béatifique. Il est désigné comme l’Ase blanc, grand et sacré. Son union avec des humains est à l’origine de notre peau blanche, des trois couleurs d’yeux et de cheveux, et suscite à la fois l’envie et l’antipathie de toute l’humanité. Il est essentiel de se rappeler que les humains avec lesquels Heimdall s’est uni étaient des Skraelings, point crucial de notre sujet. L’humanité Skrael aspire à renverser la Rigsthula. Sans la connaissance de la Rigsthula, cette compréhension nous échappe. Ainsi, l’humanité Skrael cherche à triompher et à célébrer sur les vestiges de la patrie cis-hétéro-blanche. Cette expression est une périphrase désignant Heimdall, qui est la définition même du patriarche cis-hétéro-blanc. Il y a ceux, dans le milieu universitaire, qui perçoivent Wotan, notre guide, comme une figure paternelle, une vision que je trouve réductrice. Wotan est certes un grand maître, mais il n’est pas principalement une figure paternelle. Heimdall, en revanche, est le père de notre peuple, le premier d’entre nous. En tant que descendants directs, nous partageons des traits distinctifs hérités de lui. Il constitue notre référence absolue, marquant chacun de nous de son empreinte.
Ceci est illustré par Loki à travers des périphrases, en décrivant la patriarchie cis, c’est-à-dire définie par le genre, hétérosexuelle, et blanche. Plus nous descendons, plus les choses deviennent évidentes. La lumière en contrepoint, révèle la clarté des choses, comme expliqué dans la Voluspa. En approchant du vers final, le 66ème , qui traite de Nidhogg, le 65ème verset, juste avant, révèle la divinité dans sa totalité sur Terre. Alors pourquoi le divin ne s’est-il pas manifesté plus tôt ? Pourquoi, pendant des siècles, Loki a-t-il cherché à nous éliminer, à effacer toute descendance de Heimdall par haine de celui-ci, mais toujours sous le voile de diverses idéologies comme le christianisme, le marxisme-léninisme, l’empire romain, l’église catholique, et plus encore ? Pourquoi maintenant déclare-t-il ouvertement son objectif ? En proclamant la destruction de la patriarchie cis, hétérosexuelle, et blanche, et en invitant à danser le twerk sur ses ruines, Loki envisage un retour à un état uniquement Skrael. Il annonce clairement que le coupable est Heimdall. C’est un développement attendu, parfaitement logique au cœur de la zone des combats. Le but ultime est précisément cela. Tout le reste de l’Edda, sur un plan horizontal ou terrestre, est périphérique. Ce qui importe véritablement, c’est l’accomplissement du 65ème verset de la Voluspa, c’est-à-dire que le divin se manifeste en plénitude sur Terre.

Pourquoi la manifestation du divin ne se produit-elle pas directement ? Pourquoi, comme Heimdall, ne parvenons-nous pas à percevoir les choses telles qu’elles sont réellement, c’est-à-dire dans leur infinité ? Pourquoi, face à une pomme, voyons-nous simplement un fruit et non la rune qu’elle incarne, alors que les sages y discernent plus ? La raison fondamentale, comme nous l’avons évoqué à propos du Saint, du Sacré et du Pur, est que le divin ne peut se révéler sans intermédiaire. Pourquoi nécessitons-nous des Aesirs pour nous relier au divin ? Pourquoi Yggdrasil présente-t-il cette gradation ? Pourquoi ne pouvons-nous pas affronter le divin en face à face ? Car la manifestation directe du divin anéantirait quiconque par sa puissance : la personne serait consumée, incapable de contenir cette essence divine faute de récipients adéquats. Grandir signifie gravir Yggdrasil, escalader ce que Ygg, un des noms de notre maître Wotan – le redoutable, l’effroyable – a lui-même escaladé. Wotan nous enseigne que gravir Yggdrasil est une entreprise redoutable, qui implique la création de récipients au long de notre ascension. Cela concerne le sens de notre vie, tant dans ses dimensions horizontales – les événements du monde – que verticales – notre raison d’être et d’exister. L’objectif est de former des récipients capables d’accueillir davantage du divin, permettant ainsi à la divinité de se manifester pleinement à nous.
Si le divin nous était révélé directement, nos récipients éclateraient en quatre, nous condamnant instantanément. L’intérêt, on revient sur ce qu’on disait récemment sur le principe lunaire et le principe solaire, l’intérêt ce n’est pas le principe solaire, c’est le principe lunaire, c’est-à-dire de faire descendre la lumière dans le monde, de faire descendre le divin dans le monde. Ce processus implique la création de récipients, une tâche qui nous est proposée quotidiennement. Chaque jour, il nous est proposé de faire ces récipients. Ce concept est au cœur de la Rigsthula. À une époque où seuls les Scraelings peuplaient la terre, la création de l’homme fut envisagée pour permettre à des âmes moins élevées de s’incarner, c’est-à-dire de monter. Selon nos sages, l’humain fut créé à partir de végétaux, notamment la mandragore, et s’est ensuite diversifié et étendu sur la Terre, devenant l’humain archétypal, le Skrael primitif. Un jour, Heimdall, venu d’Asaland, d’Asgard, la cité des Aesirs, parcourut le monde sous le déguisement de Rig, nom sous lequel il fut connu durant ses voyages. C’est la raison pour laquelle le récit de ces événements est intitulé Rigsthula. Demandant l’hospitalité dans trois foyers distincts, il commença par séjourner chez des gens extrêmement pauvres, dans un foyer humble. Durant la nuit, il s’unissait à la maîtresse de maison, nommée Edda de manière significative.
Edda, Amma et Móðir

Elle portait le nom d’Edda. De leur union, puis après son départ, naquit un fils nommé Thrall, le tout premier homme blanc. Malgré ses genoux noirs, il était le premier de sa couleur, avec une peau blanche.
Par la suite, Rig poursuivit son périple, cherchant de nouveau l’hospitalité. Il s’arrêta chez un artisan prospère, qu’on pourrait qualifier aujourd’hui de bourgeois. Cet artisan était honnête et prospère. Durant la nuit, Rig s’unissait à sa femme nommée Amma, et de cette union naquit Karl, qui était roux, marquant ainsi le deuxième homme blanc.
Enfin, Rig répéta son action dans un merveilleux château appartenant à l’élite, où il s’unissait à la maîtresse de maison nommée Móðir. De cette union naquit Jarl, blond, devenant ainsi le troisième homme blanc. Ces trois premiers hommes blancs sont nos ancêtres directs.
Les gènes Aesir, transmis par Heimdall, possèdent une telle force qu’ils ont dominé chez les descendants des trois premiers hommes blancs, créant ainsi une espèce distincte dans l’humanité. Comme évoqué précédemment, bien que par politesse on parle de trois races originelles, en réalité, il existe les blancs et les non-blancs, les skraeling étant la distinction principale. C’est ce que révèle l’Edda, et non une invention de notre part. Cela se lie à notre discussion antérieure sur la manière dont Heimdall perçoit les choses, révélant la véritable nature de toute chose comme étant divine. Nous avons remarqué qu’une confrontation directe avec le divin, sans protection, mènerait à la destruction de nos récipients internes. Des filtres sont nécessaires, des enveloppes protectrices. Une force rouge, symbolisant la forme, la couleur et d’autres attributs, entoure le divin lorsqu’il se contracte pour créer un phénomène. Cette contraction divine, symbolisée par une rune ou un symbole runique, prend forme à travers une emballage rouge qui révèle sa nature intrinsèque. Par exemple, la rose, associée à la rune Wunjo, est choisie pour sa couleur, et la planète Vénus, attribuée à la même rune, illustre le principe de la théorie des signatures. Cette forme extérieure, ou enveloppe, nous permet, du point de vue humain, de démystifier et de comprendre le secret qu’elle renferme : la contraction divine dissimulée en son cœur. Enfin, cette forme est recouverte d’une écorce, ou plutôt d’un emballage noir — l’aspect physique — afin de nous protéger d’une connexion directe et potentiellement destructrice avec le divin.
Le Divin et la Manifestation Voilée

C’est de la protection.
Alors en profondeur, en dehors de nos origines historiques et biologiques, ce que nous explique la Rigsthula, elle nous enseigne que le divin se manifeste de manière voilée, illustrant ainsi pourquoi Heimdall, symbole de la vision béatifique, dont le nom évoque la vérité des choses, se présente sous un déguisement, se faisant appeler Rig. Cette incarnation du divin dans le monde prend la forme d’un roi, soulignant la sacralité intrinsèque de la royauté. Lorsque l’essence divine, ou les choses telles qu’elles sont vraiment, entre dans le domaine humain, elle devient Rig, qui signifie roi. Ainsi, le divin se révèle de façon très discrète, choisissant de toucher les individus en les prenant tout en bas. C’est-à-dire, tout le sens de notre progression dans ce monde, c’est que le divin va venir frapper à notre porte, comme Rig, d’abord dans notre condition la plus humble. Cela explique pourquoi Edda est décrite comme étant dans une situation précaire.
La Progression Spirituelle selon l’Edda

Edda incarnait véritablement la figure de la pauvreté, un véritable cas social. Quand nous sommes spirituellement et en termes de récipients, à un niveau élémentaire, préoccupés uniquement par des besoins basiques tels que la nourriture, l’acquisition de richesses, la recherche d’attention et d’approbation égotique, ou encore par le désir de reconnaissance et l’affirmation de notre propre importance. À ce stade, notre état spirituel est comparable à celui d’Edda, symboliquement en bas de l’échelle. Ce qui va suivre, c’est notre confrontation à un choix décisif, tout comme Edda fut mise face à un choix entre continuer avec son mari habituel (son logiciel, sa formule habituelle, c’est l’homme qui met le logiciel dans la femme) et son mode de vie conventionnel, ou s’ouvrir à une influence divine. Cette dualité se présente dans les moindres détails de notre existence. La position de l’homme, nous l’avons vue mille fois, est à la croisée des chemins.
Bien avant Heimdall, nos lignées ancestrales remontent à Bor et Bestla, situant nos racines deux générations avant lui.
Vous êtes face à un choix crucial : vous lier au divin, s’ouvrir à la lumière, embrasser ce qui rend le divin manifeste dans notre monde, révélant ainsi la présence divine tout autour de nous… C’est l’essence de Bor. Le nom « Bor » signifie littéralement « fils », symbolisant celui qui émane directement de Buri, l’entité originelle, l’essence pure.
Le Fils est la force rouge du Père, manifestant ce dernier dans le monde.
À chaque instant, une part de notre ADN nous pousse à révéler le Divin dans notre réalité, à la manière de Bor.
Cependant, l’autre moitié de notre héritage génétique c’est du Hrymthurse, du pur Jotunn. Bestla, dont le nom signifie « écorce », symbolise ce qui cache Heimdall et ce qui cache le reste. L’écorce est faîtes pour couvrir, pour que l’on ne puisse voir la rune à l’intérieure. Bestla incarne la tentation de se limiter à la consommation, à la quête d’honneur, reflet d’une vision du monde réduite à l’horizontalité et au politique. Elle a joué un rôle crucial dans les coulisses du pouvoir, agissant dans les temples de Ymir, à l’époque où Ymir régnait, et incarnant une figure de haute stature, totalement immergée dans les aspects terrestres et politiques de l’existence. Elle a également pris en importance lors du coup d’État quand Wotan et ses frères ont pris le dessus.
Elle fut un instrument majeur de la chose, mais elle est complètement dans la force noire. C’est une très grande dame, mais dans la force noire. Elle vous dit non, ce qui compte, se situent dans la sphère du pouvoir, de la consommation, de la gestion des affaires matérielles et de l’honneur, valeurs auxquelles elle accorde une grande importance. Bestla ne doit pas être perçue comme une entité simpliste ou limitée. Au contraire, elle incarne une intellectuelle hautement sophistiquée, dans la pure politique.
Ainsi, à chaque moment de notre vie, nous sommes confrontés à ce choix, reflétant la dualité inscrite dans notre ADN. Même en adoptant des apparences extérieures diverses, en ornant nos tenues de dreadlocks, en portant des boubous ou en arborant des badges d’organisations variées, en écoutant du rap toute la journée, notre essence reste inchangée. Nous sommes les descendants de Heimdall, et cette lignée définit invariablement notre identité et notre rapport au monde, indépendamment de nos expressions individuelles.
Réaliser son Héritage de Heimdall

Heimdall est notre père, ce qui signifie que rien ne peut altérer cette vérité fondamentale. Peu importe la distance ou le rejet que vous pourriez ressentir à son égard, cette connexion est inscrite dans votre ADN. Il est impossible de s’en détacher. C’est là l’essence même de la paternité : nos parents nous précèdent et, indépendamment de nos souhaits, nous ne pouvons modifier cette réalité.
Chaque jour, à chaque instant, nous nous trouvons à la croisée des chemins. Le divin, masqué sous les traits de Heimdall prenant l’apparence de Rig, frappe à notre porte. Dans les moments les plus banals, que ce soit en patientant dans une file d’attente ou dans la salle d’attente d’un dentiste, surgit un appel, un rayon de lumière, une opportunité de choix entre la révélation du divin et la poursuite de désirs égoïstes. Et à ce moment-là, vous êtes dans votre humanité la plus pure, c’est-à-dire à la croisée des chemins.
À ce point précis, nos décisions façonnent les récipients de notre être. Opter pour la voie de Bestla, c’est, d’une certaine manière, participer à la dégradation du monde. Chaque choix en faveur de Bestla, malgré le fait qu’elle ne soit pas intrinsèquement malveillante – l’Edda nous enseigne d’ailleurs que la progéniture de Ymir est foncièrement néfaste, bien que nous ne puissions tenir de tels propos envers la mère de notre mère – contribue néanmoins à la destruction du monde. Ce n’est pas une question de malveillance ou de mauvaises intentions de sa part ; c’est simplement que son mode de vie participe à l’érosion du monde.
Inversement, choisir la voie de Bor, c’est œuvrer à la réparation du monde. La progression triple vécue et incarnée par Heimdall, qui l’a conduit de Edda à Amma puis de Amma à Móðir, symbolise ce voyage vers la réparation, illustrant la voie vers une amélioration graduelle et fondamentale du monde et de soi.
Les champs laissés en jachère représentent un muno osanir pur, une terre en repos destinée à favoriser une future récolte abondante. Au commencement, nous nous trouvons dans une phase de pure consommation, confrontés à une terre apparemment stérile. Toutefois, un champ en jachère n’est pas stérile ; il est simplement en pause, non exploité. C’est l’état initial de chacun de nous : un potentiel non utilisé.
Le Choix de la Construction des Récipients

De cela émanera une faible lueur, et en optant pour révéler le divin, en agissant à la manière de Bor, vous créez un récipient. Chaque fois dans la journée, au fil des 24 heures, lorsque vous êtes face à un choix entre la voie de la destruction, soit la consommation à la manière des Thurses, et celle de la réparation, c’est-à-dire la manifestation du divin à la façon des Aesirs, et que vous choisissez cette dernière, vous façonnez un récipient. Vous réussissez ainsi un test, vous qualifiant pour un niveau supérieur. Progressivement, vous devenez capable de supporter davantage de lumière, car à chaque fois, le récipient se renforce. Pour utiliser une métaphore de notre guide, cela revient à mieux tolérer l’alcool. Votre coupe sacrificielle, votre Calc, devient plus raffinée et, par conséquent, vous supportez mieux l’hydromel. Le principe est exactement celui-ci. Au début, quand on est encore au stade de consommateur basique, les champs laissés en jachère promettent de donner une moisson abondante. En continuant de créer des récipients, on atteint le niveau intermédiaire, celui d’Amma.
Nous arrivons maintenant à une étape cruciale, celle de la réparation de la parole, où toutes les forces rouges sont réparées. C’est le moment où tout le mal, qui par définition relève de la binarité — bien contre mal, vrai contre faux, sujet contre objet — est corrigé. Cette dualité est intrinsèquement liée à la parole et à l’intellect. Le mal, en effet, n’existe que dans l’intellect et est exclusivement produit par celui-ci, personnifié par Loki, dont les créations incluent Fenrir, Jörmungandr, et Hel. Le mal, ou l’erreur, et même le concept ancien de « evil », relève donc de l’intellect, ce qui signifie qu’il est erroné. C’est cela qui nécessite correction. Après la réparation de tout le mal, il est impératif que vous soyez également réparé. En ayant atteint le niveau rouge, vous progressez d’un cran supplémentaire, et c’est là que vous rejoignez Móðir.
Vos récipients sont désormais assez robustes pour accueillir une lumière d’une intensité extrême. À ce stade, la transformation est telle que Baldr, symbolisant la pureté et la renaissance, retourne parmi nous, revenant de l’au-delà, du Hellheim, symboliquement depuis le bas-fond social incarné par Edda. Vous incarnez Baldr, ayant réparé le monde et préparé vos récipients pour l’arrivée d’âmes élevées. Le cœur du mystère réside ici : Heimdall parcourt le monde pour encourager le choix de Rig, la voie des Aesirs plutôt que celle des Hrymthurses. Chaque décision en faveur de la lumière, et sa diffusion parmi les proches, transforme l’individu en un relais énergétique, un principe central tant dans les pratiques chamaniques que magiques. La lumière, d’une contagiosité fulgurante, manifeste le divin dans notre réalité. Vous observerez alors un changement notable autour de vous, attirant des individus avec lesquels établir un lien significatif, que ce soit pour offrir votre aide ou pour apprendre. D’où l’importance pour un maître de rester ouvert à tous, sans porter de jugement, car il s’agit de personnes avec qui il y a potentiellement une mission à accomplir, même si à première vue leur apport semble modeste.
Au cours de la journée, vous serez confronté, dans les détails les plus infimes de votre quotidien, que ce soit à travers un livre ou les rencontres que vous faites, à l’apparition de Rig qui frappe à votre porte, symboliquement représentée par votre humble demeure. Il est crucial de l’accueillir du mieux que vous le pouvez. Même si Edda lui a proposé de la malbouffe, l’essentiel reste l’accueil. Choisir de révéler le divin vous transforme en un récipient, consolidant vos capacités à accueillir davantage de lumière, et vous érige en point de relais pour la lumière divine dans le monde. Vous incarnez ainsi le principe lunaire de Mani, celui qui apporte la lumière dans les ténèbres. Cette transmission est contagieuse. La lune, bénéfique pour les chasseurs et les amoureux, permet grâce à vous la capture de ce qui nourrit et la perpétuation de la vie à travers les amours. Cela souligne combien, à mesure que nous nous approchons de notre essence, tout le monde le sait, que plus nous avançons vers notre être, plus l’Edda nous parle de choses intimes. L’Edda, fondement solide de notre culture, se dévoile à travers ses couches superficielles, l’ensemble du vécu collectif de notre peuple et les arcanes de la magie.
Heimdall est essentiel à la compréhension de la voie intérieure, il est le forn siðr subtil et intime. Heimdall est au cœur des voyages intérieurs, rappelant qu’il faut regarder le monde de sa forteresse intérieure, car les ennemis ne sont pas que physique. Heimdall excelle en ce sens pour consolider nos récipients, ne se séparant jamais de sa corne – le récipient ultime pour puiser dans le puits de Mimir.
Le contraste entre Heimdall et Loki met en lumière la distinction entre la quête d’une validation externe (Loki) et l’exploration profonde de l’âme (Heimdall). Alors que Loki recherche l’attention par des moyens superficiels.
L’Ascension

C’est pour cela que l’Edda s’appelle l’Edda. Elle est la base solide de la chose. La chose qu’il faut ouvrir. Elle est l’écorce. La progression spirituelle suit cette structure : de la noirceur enveloppant le rouge qui, à son tour, enrobe le blanc. Chaque personne débutera par être un simple consommateur, guidé par des ambitions matérialistes à la manière de Bestla, axé sur la consommation et l’importance du statut social. Mais même parmi ceux qui vivent dans l’opulence, la question demeure : êtes-vous un matérialiste superficiel ou un descendant des Aesirs ? La réponse à cette question définit toute la différence.
Vous accédez ensuite au niveau des parents de Karl, celui d’Amma. À ce stade, la situation évolue car vos récipients sont désormais établis, rendant superflues les questions antérieures. Vous le constaterez dans votre évolution personnelle et intime : il vient un moment où la régression n’est plus possible. Après avoir enchaîné une série de choix judicieux, il faut comprendre que ces décisions, bien qu’exigeantes, sont essentielles. Ne vous attendez pas à ressentir un soulagement immédiat après avoir pris la bonne décision ; au contraire, ces choix peuvent se révéler difficiles et douloureux. Comme pour quelqu’un qui cesse de fumer, la tentation de rechuter est grande. La réalité est que faire le bon choix demande du courage et peut être éprouvant. Il exige toute la force et la détermination de Bor. Une fois parvenu au plan rouge, vous atteignez le niveau de l’artisan : votre travail gagne en finesse et en subtilité. Vous abandonnez alors les vestiges de votre ancienne condition de marginalisé pour vous orienter vers une démarche plus raffinée, que ce soit dans la broderie délicate, l’ébénisterie d’art ou d’autres formes d’expression artistique. Cela se manifeste tant dans votre pratique du siðr que dans votre vie quotidienne.
Après avoir persisté dans la prise de décisions judicieuses, vous parvenez au domaine de Móðir. À ce stade, vous vous trouvez dans une position élevée, équivalente à résider dans un château, et l’idée de revenir à une existence précaire, symbolisée par une demeure faite de planches, vous est devenue étrangère. Cela souligne l’importance cruciale des récipients que vous avez formés : une fois ce niveau de développement atteint, il n’est plus envisageable de régresser ou de redevenir quelqu’un de moins évolué. Vous avez pleinement incarné votre héritage de blancheur et d’heimdallarité. Désormais établi dans un château, votre prochaine étape consiste à devenir Jarl.
L’Ascension vers Konr

Il est essentiel de persister dans la prise de bonnes décisions, car c’est de Jarl que naîtra Konr, symbolisant l’excellence suprême, le parangon. Lorsqu’on évoque Konr comme modèle ultime, il incarne le concept de l’idéal, à l’instar de Heimdall qui représente le premier patriarche blanc, cisgenre, hétérosexuel, etc. Ce modèle n’est pas simplement un chef de famille exemplaire, mais plutôt le prototype fondateur. Néanmoins, atteindre le niveau de Konr est ardu ; il est décrit comme étant d’une force décuplée par rapport à celle de dix hommes, un colosse en maîtrise totale de la psychologie, usant de ses capacités uniquement pour le bien. Il utilisait sa parole, impeccablement réparée, pour calmer, améliorer et assister autrui, résolvant leurs conflits internes. Konr maîtrisait le langage de toutes les choses ; sachant que tout est constitué de runes, il comprenait le langage du feu, des oiseaux, et d’autres éléments, tous formés de runes. Chaque entité possède son propre langage, de sorte que les armes, comme tout le reste, communiquent. En tant qu’émissaire de la plus haute instance, il représente un idéal difficilement accessible dans notre époque, plaçant la barre très haut. Cependant, l’objectif est d’ajuster cet idéal à chaque individu, en fonction de ses propres récipients.

Être inspiré par quelqu’un ne signifie pas nécessairement lui ressembler. Par exemple, lorsque les critiques contemporains comparent un groupe aux Beatles, ils insinuent souvent une similarité superficielle, telle qu’une coiffure similaire à celle de John Lennon ou un son mélodique rappelant celui des Beatles, ce qui réduit la comparaison à des aspects triviaux. Un musicien talentueux a mentionné que sa principale influence en guitare était Fernand Knopf, un peintre. Il a transposé les mystères et la lumière de l’œuvre de Knopf dans son jeu de guitare, illustrant ainsi que l’inspiration peut transcender les médiums. Ce musicien a véritablement compris le concept de modèle.
À chaque instant, nous sommes face à un choix divin sous forme d’une dualité : révéler la lumière divine dans le monde ou succomber à la consommation, soit contribuer à la réparation ou à la destruction du monde. Faire le choix juste, c’est-à-dire suivre l’exemple de notre ancêtre Bor en choisissant de révéler le divin, renforce nos récipients, nous permettant de recevoir plus de lumière sans dommage, apportant bonheur et avancement sur notre chemin. En agissant ainsi, nous devenons un relais pour la lumière divine, attirant naturellement les autres vers nous. Cela démontre que nous sommes dignes de notre héritage Aesir.
Je vous laisse sur ces pensées aujourd’hui. Je vous souhaite une excellente journée, remplie de bonnes nouvelles, d’occasions heureuses, et de choix judicieux. À demain.
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