Vidar et Vali survivront, car ni la mer ni le feu de Surt ne leur auront fait de mal

Dans le chapitre 53 de la Gylfaginning, dans l’Edda, nous sommes témoins d’une représentation de l’apocalypse suivie d’une renaissance, un cycle de destruction et de création fondamental à l’existence. Ce passage met en scène des figures divines de la mythologie nordique, Vidar et Vali, ainsi que des personnages humains, Lif et Leif-thrasir, qui survivent à la fin du monde, symbolisant l’espoir de renouveau, de renaissance après la destruction et surtout, nous fait comprendre comment survivre à ce cycle.

Commençons par Vidar et Vali et regardons ce qui est écrit à ce sujet.

Gylfaginning 53

Gangleri déclara alors : « Certains dieux survivront-ils ? Et la terre et le ciel existeront-ils encore ? »
Le Très-Haut répondit : « La terre surgira de la mer, et elle sera verte et belle. Les champs donneront des fruits sans avoir été semés. Vidar et Vali survivront, car ni la mer ni le feu de Surt ne leur auront fait de mal. Ils habiteront à Idavoll, là où autrefois s’élevait Asgard. C’est là aussi que viendront les fils de Thor, Modi et Magni, lesquels seront en possession de Mjollnir. C’est là encore que se rendront Baldr et Hodr, en provenance de Hel. Tous ensemble, ils prendront place et converseront : ils évoqueront leurs antiques secrets et s’entretiendront de tous les événements qui autrefois se déroulèrent, du serpent de Midgard et du loup Fenrir. Ils trouveront dans l’herbe les tablettes d’or qui avaient appartenu aux Ases. Voici ce qui est dit ici :
Vidar et Vali habiteront les demeures divines quand s’éteindra le feu de Surt.
Modi et Magni posséderont Mjollnir quand cessera le combat de Vingnir.
Deux êtres humains, dont les noms sont Lif et Leif-thrasir, se cacheront à l’endroit appelé “bois de Hoddmimir” pendant que fera rage le feu de Surt, et se nourriront de la rosée du matin. Ils auront une descendance si nombreuse que le monde entier en sera peuplé, comme il est dit ici :
Lif et Leif-thrasir, ils se cacheront dans le bois de Hoddmimir. De la rosée du matin ils se nourriront. Ce sont d’eux que les hommes naîtront.

Le feu

Le chapitre 53 de la Gylfaginning nous immerge dans une vision de l’apocalypse suivie d’une renaissance, illustrant un cycle inévitable de destruction et de création qui est l’essence même de l’existence. Vidar et Vali, descendants du puissant Wotan, survivent à cette apocalypse et se réinstallent à Idavoll, l’ancien emplacement d’Asgard. Ils incarnent la résilience et le renouveau, des forces indomptables qui persistent malgré la dévastation et qui sont indispensables à l’émergence d’un monde nouveau.

Cependant, l’aspect le plus significatif de ce chapitre est que la survie de Vidar et Vali lors du Ragnarök témoigne de leur intégrité inébranlable, ou en d’autres termes, de leur pureté. Surt, le souverain du Muspelheim (le royaume du feu), symbolise la destruction, le chaos et la transformation. Seuls ceux qui sont authentiquement purs peuvent résister à un incendie d’une telle intensité. Vidar et Vali, grâce à leur résilience et à leur volonté indéfectible, incarnent une pureté qui transcende la dévastation par le feu. Leur survie est le symbole d’un espoir de renouveau et de renaissance après la catastrophe.

La pureté de Vali est principalement ancrée dans le fait que son cœur d’enfant n’a jamais été corrompu. Ses yeux et ses oreilles ont été préservés. Quant à Vidar, sa pureté réside dans sa capacité à rester en dehors des conflits des autres, à suivre son propre chemin, quelles que soient les circonstances. Il vit en harmonie avec sa forêt, un lieu qui, tout comme lui, est un sanctuaire de pureté. Vidar et Vali, par leur résilience et leur pureté, ne sont pas simplement des survivants du Ragnarök, mais des symboles vivants de la possibilité de renaissance et de renouveau au sein d’Yggdrasil.


Dans une perspective parallèle à ce que nous venons de voir, considérons l’exemple du Shahnameh, le Livre des Rois. Cette épopée nationale persane, écrite par le poète Ferdowsi, met en scène le prince Siavash. Fils du roi iranien Kay Kavus et de Sudabeh, Siavash est reconnu pour sa piété, sa beauté et son courage. Il est particulièrement célèbre pour avoir traversé un feu, une épreuve qu’il a volontairement subie pour démontrer son innocence face aux accusations qui pesaient sur lui.
Dans le récit, Siavash est faussement accusé par sa belle-mère Sudabeh, qui est amoureuse de lui, d’avoir tenté de la séduire. Le roi est dans une impasse. Il fait appeler des prêtres, et décide de tester l’innocence de Siavach par l’épreuve d’un feu gigantesque. Le feu de Dieu. Il est dit que si quelqu’un est pur de cœur et innocent, il ne sera pas brûlé par le feu. Siavash sort indemne du feu, prouvant ainsi son innocence.
Cette histoire de Siavash dans le Shahnameh est un autre exemple de la manière dont la pureté et l’innocence peuvent être symbolisées par la survie à travers le feu. Tout comme Vidar et Vali dans la mythologie nordique, Siavash dans le Shahnameh est un personnage qui survit à une épreuve par le feu en raison de sa pureté et de son innocence.

Ces récits utilisent le feu comme moyen de tester la pureté et l’innocence, mettant en évidence le pouvoir symbolique du feu. Le feu est souvent associé à la transformation, à la purification et à la régénération. Dans ces histoires, le feu sert à révéler la vérité et à purifier le personnage de toute faute ou péché. Il s’agit du feu de Dieu, le feu du très haut. S’il est dit que Loki est le marteau de Wotan par son pacte de sang avec lui, il est tout à fait raisonnable de voir en Surt l’ultime instrument du dieu le plus puissant. Il est le feu de la vérité.

La mer

Le fait qu’ils aient survécu à la mer pourrait signifier qu’ils ont réussi à naviguer à travers les défis et à les surmonter grâce à leur résilience et à leur force de caractère.


De plus, la mer est souvent associée à des concepts tels que le mouvement, le changement, l’inconscient, l’émotion et la profondeur. La survie de Vidar et Vali à la mer pourrait donc également symboliser leur capacité à s’adapter au changement, à plonger dans les profondeurs de leur inconscient, à gérer leurs émotions et à trouver un sens et une direction dans le chaos. Plus encore, survivre à la mer signifie de résister à la pression des tendances passagères, à l’influence des masses et à la conformité.


Dans de nombreuses traditions, la mer est souvent associée à l’inconscient, à l’origine de la vie, ou à un état de non-différenciation. Si nous considérons la mer comme symbolisant le « niveau zéro », cela pourrait signifier un état de pure potentialité ou de non-manifestation. Dans cet état, tout est en équilibre et en inertie, et rien n’est encore défini ou différencié, c’est une masse statique qui bouge par ondée.


Si Vidar et Vali sont capables de survivre à la mer, cela signifie qu’ils sont capables de rester en harmonie avec cet état de pure potentialité, sans être affectés ou perturbés par les forces de différenciation ou de manifestation. Leur pureté leur permet de rester en harmonie avec l’état de non-manifestation, sans être affectés par les monstres marins qui pourrait les tirer par le fond ou par les forces de chaos qui pourraient émerger de cet état et les amener vers un Ego démesuré.


Cela signifie qu’ils sont capables de naviguer dans cet état de non-manifestation sans perdre leur intégrité ou leur identité. Ils sont capables de rester centrés et enracinés dans leur propre vérité, même face à l’inconnu ou à l’indéfini et sans y perdre leur ascèse.


En sommes, ils ne sont pas perméables aux émotions négatives des montres marins. Leur pureté leur permet de rester centrés et enracinés dans leur propre vérité, même face à des défis émotionnels ou psychologiques. Ils sont aussi capables de transformer ou de transmuter ces énergies négatives. Plus précisément, Vidar et Vali sont capables de transmuter ces énergies négatives en quelque chose de positif et de constructif pour le bien être collectif.

Enrichissant notre analyse, l’histoire de Vidar et Vali dans la mythologie nordique, ainsi que celle de Siavash dans le Shahnameh, peuvent aussi être interprétées à travers le prisme de l’Arbre de Vie de la Cabbale. Cet outil ésotérique offre une perspective unique pour comprendre et apprécier la profondeur de ces personnages et les thèmes qu’ils incarnent.

Analyse avec la Guéatrie.

En utilisant tous les outils à notre disposition, il est possible d’explorer les noms des dieux nordiques Vidar et Vali plus profondément.


Vali, le dieu de la lumière et de la vengeance, est également connu pour sa résilience. En Guématrie, son nom est évalué à 441 (V(400) + A(1) + L(30) + I(10)), qui peut être réduit à 9 (4 + 4 + 1). Le chiffre 9 est associé à la sagesse et à l’illumination spirituelle, ce qui peut refléter la nature de Vali en tant que dieu de la lumière. En Temurah, le nom de Vali peut être permuté pour former des mots comme « Liva », qui signifie « vie » en danois, reflétant peut-être son rôle en tant que dieu de la lumière qui apporte la vie ou plus encore, ce veut le justicier de la vie. En Notariqon, « Vali » pourrait être interprété comme « Vengeance And Light Intertwined » (Vengeance et Lumière Entrelacées), soulignant son rôle de dieu de la vengeance et de la lumière.


Vali (9) : Le nombre 9 est associé à la sagesse, à l’illumination et à l’achèvement d’un cycle. Dans le Tarot, le 9 est lié à la carte de l’Ermite, qui symbolise la sagesse, l’introspection et la recherche de la vérité intérieure. Cela pourrait refléter les attributs de Vali en tant que dieu de la vengeance et de la justice.

Siavash, le prince légendaire de la mythologie persane, est connu pour sa pureté et son intégrité. En Guématrie, son nom est évalué à 820 (S(200) + I(10) + A(1) + V(400) + A(1) + S(200) + H(8)), qui peut être réduit à 10 (8 + 2 + 0). Le chiffre 10 est associé à la complétude et à l’achèvement, ce qui peut refléter la nature de Siavash en tant que figure qui incarne la perfection morale. En Temurah, le nom de Siavash peut être permuté pour former des mots comme « Vishas », qui en sanskrit signifie « poison », reflétant peut-être son destin tragique malgré sa pureté. Cela pourrait aussi symboliser la capacité de Siavash à transformer le poison de la trahison et de l’injustice en une source de force et de résilience. En Notariqon, « Siavash » pourrait être interprété comme « Strength In Adversity, Virtue And Steadfast Honor » (Force dans l’Adversité, Vertu et Honneur Inébranlable), soulignant son rôle de figure héroïque qui maintient son intégrité et sa vertu même face à l’adversité. Cette interprétation met en lumière la force de caractère de Siavash et sa détermination à rester fidèle à ses principes, même dans les situations les plus difficiles.


Siavash (10) : Le nombre 10 est associé à la complétude, à l’achèvement et à un nouveau commencement. Dans le Tarot, le 10 est lié à la carte de la Roue de la Fortune, qui symbolise le cycle de la vie, les hauts et les bas, et le destin. Cela pourrait refléter les attributs de Siavash en tant que figure mythique qui traverse des épreuves et des tribulations.

Vidar, le dieu du silence et de la vengeance, est connu pour sa force et sa résilience. En Guématrie, son nom est évalué à 515 (V(400) + I(10) + D(4) + A(1) + R(100)), qui peut être réduit à 11 (5 + 1 + 5), puis à 2 (1 + 1). Le chiffre 2 est associé à la dualité, à l’équilibre et à la coopération, ce qui peut refléter la nature de Vidar en tant que dieu de la vengeance qui cherche à rétablir l’équilibre après un acte d’injustice. En Temurah, le nom de Vidar peut être permuté pour former des mots comme « Divar », qui signifie « parole » en hindi, reflétant peut-être son rôle en tant que dieu du silence qui parle à travers ses actions. En Notariqon, « Vidar » pourrait être interprété comme « Victory Is Delivered After Retribution » (La Victoire est Livrée Après la Rétribution), soulignant son rôle de dieu de la vengeance.


Vidar (11) : Le nombre 11 est un nombre maître en numérologie, souvent associé à l’intuition, à l’illumination spirituelle et à l’éveil. Dans le Tarot, le 11 est généralement associé à la carte de la Force (ou de la Justice dans certains decks), qui symbolise la maîtrise de soi, la détermination et le courage. Cela pourrait refléter les attributs de Vidar en tant que dieu de la résilience et de la survie.

Vidar et Vali, par leur survie au Ragnarök, symbolisent la possibilité de renaissance et de renouveau après une catastrophe. Leur résilience et leur pureté, illustrées par leur survie au feu de Surt, sont des témoignages de leur intégrité inébranlable. De même, Siavash, par sa traversée du feu, démontre sa pureté et son innocence, transformant une épreuve en une source de force et de résilience.

Enfin, cette analyse a montré comment les outils de la cabale littéraire peuvent être utilisés pour explorer les noms divins et révéler des vérités cachées sur les divinités qu’ils représentent. En associant Vidar et Vali aux cartes de tarot et aux séphiroth correspondantes, et en interprétant les noms de Siavash à travers la Guématrie, la Temurah et la Notariqon, nous avons pu approfondir notre compréhension de ces personnages et des thèmes qu’ils incarnent.

En somme, cette étude a permis de mettre en lumière la complexité et la richesse des mythes et des personnages étudiés, et de montrer comment des outils ésotériques peuvent enrichir notre compréhension de ces récits. Elle souligne l’importance de la résilience, de la pureté et de l’intégrité dans la survie et la régénération face à l’adversité, et offre une nouvelle perspective sur les thèmes de la renaissance et du renouveau dans la mythologie.

Une réponse à « Vidar et Vali survivront, car ni la mer ni le feu de Surt ne leur auront fait de mal »

  1. C’est par la purification de notre nature inférieure que nous entrons dans notre nature supérieure et que nous permettons individuellement à Baldr de quitter le helheim.

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