Yggdrasil – L’Arbre de Vie

Partie 2


Bien que l’émergence et la localisation précises de cette figure mythique restent inconnues, il est établi qu’elle semble s’inscrire, selon Jörg Bäcker, au sein du chamanisme, ou du moins évoluer vers ce dernier :

« Toutes les déclinaisons de l’arbre cosmique peuvent être rattachées à une source chamanique. »

Par conséquent, il devient primordial de se pencher sur la genèse de cette culture symbolique pour retrouver le sens profond d’Yggdrasil, l’arbre de vie de notre peuple, symbole de force et de vie éternelle.

Selon des érudits tels que Mircéa Eliade, le chamanisme trouverait son berceau en Asie septentrionale et centrale, notamment en Sibérie et dans l’espace altaïque aujourd’hui turco-mongol. D’après des préhistoriens et anthropologues comme Matthew Rossano, Jean Clottes et David Lewis-Williams, il aurait émergé lors du Paléolithique supérieur (entre 45 000 et 12 000 avant notre ère), se basant sur l’interprétation de l’art rupestre. On y décèle des esprits animaux et des formes géométriques, traces potentielles de visions chamaniques. Pourtant, ce lien entre l’art pariétal et le chamanisme demeure hypothétique et fait encore débat pour les intellectuels.

Des intellectuels tels que Michel Lorblanchet ou Jean-Loïc Le Quellec, se montrant plus réticents, ne s’expriment pas sur une origine paléolithique du chamanisme, affirmant qu’il n’existe aucune preuve irréfutable à cet égard.

Sur le plan archéologique, l’illustration la plus ancienne de l’arbre cosmique serait visible sur une céramique du site funéraire de Lannec er Gadouer à Erdeven dans le Morbihan, datant du Ve millénaire avant notre ère. L’archéologue Serge Cassen fait une comparaison avec d’autres représentations, d’origines diverses, toutes partageant une division commune entre le ciel et le monde souterrain.

Il est possible que l’arbre sacré mésopotamien, présent sur des gravures de temples ou sur des seaux dès le IIIe millénaire avant notre ère, soit une figuration plus sûre. Le symbole de l’arbre sacré se retrouve dans d’autres civilisations, s’approchant des représentations mésopotamiennes.

Néanmoins, le grand dilemme réside dans le fait que nous disposons de peu de mythes écrits sur l’arbre cosmique datant de l’Antiquité. Pour le chamanisme, cela devient encore plus tardif. De plus, l’influence chrétienne a altéré ces mythes d’origine. Malgré cela, nous pouvons établir une carte de la répartition de la figure mythologique de l’arbre cosmique à travers les époques.

Dans le domaine de l’archéologie, la plus antique illustration de l’arbre cosmique connue jusqu’à présent serait décelable sur une céramique du site funéraire de Lannec er Gadouer à Erdeven, dans le Morbihan, remontant au Ve millénaire avant notre ère.

L’observation de cette pièce révèle une structure tripartite. Elle distingue d’abord une division binaire : la sphère supérieure symbolise le firmament avec ses astres, en particulier le soleil et la lune ; la zone inférieure représente le monde souterrain, habité par des esprits animaux, des serpents et occasionnellement un ou plusieurs individus assimilés à des chamans. Ces deux espaces sont séparés par une ligne prononcée, représentant la terre, le monde médian. De surcroît, l’on peut parfois y observer l’arbre cosmique ou ce qui s’en rapproche, sous différentes formes, allant d’un simple rameau à un arbre clairement identifiable ou stylisé, voire à une crosse.

Le terme de « mème » a été proposé pour la première fois par le biologiste Richard Dawkins dans Le Gène égoïste (1976), ici dans sa traduction française (Laura Ovion, 2003).

Les investigations tendent à corroborer l’hypothèse que les mythes ont généralement une origine unique, évoluant au gré des migrations de l’homme moderne pour se propager dans diverses contrées. Dans ces nouvelles régions, ces mythes se métamorphoseraient ou disparaîtraient pour certains, tandis que de nouveaux récits pourraient venir se superposer aux anciens, soit en les complétant, soit en se confondant avec eux.

C’est ainsi que naissent les écomythes, déclinaisons d’un mythe en fonction des modifications ou des omissions apportées par celui qui le véhicule, à l’instar des mèmes sur Internet, qui sont repris et modifiés textuellement tout en conservant leur structure graphique inchangée.

Dans son ouvrage renommé, « Le Gène égoïste », Richard Dawkins propose la définition suivante du mème : « un élément d’une culture (entendue ici comme civilisation) pouvant être considéré comme transmis par des moyens non génétiques, principalement par imitation ».

Cette perspective généalogique des mythes amène Julien d’Huy à envisager les mythes comme « des entités vivantes dont les humains seraient les vecteurs de propagation ». C’est la raison pour laquelle ces mythes sont étudiés par le biais de la phylogénétique, une méthode initialement réservée aux plantes, qui sert à retracer l’ascendance génétique pour en déterminer l’origine et l’expansion.

Julien d’Huy en arrive à la conclusion que « les similitudes structurelles et narratives entre certains mythes complexes s’expliqueraient par une ascendance commune plutôt que par la convergence d’inventions indépendantes ».

Ces travaux, fondés sur des modèles statistiques et l’aréologie, l’étude de la répartition géographique des mythes, s’appuient également sur les recherches antérieures de Claude Lévi-Strauss, Georges Dumézil ou Bernard Sergent qui ont su orienter l’étude des mythes vers une conception structuraliste.

Dans notre étude, nous serions en nécessité d’inventorier tous les mythes de l’arbre cosmique, y compris les éléments de mythes qui les constituent. Il conviendrait ensuite d’examiner leur distribution au moyen de l’aréologie, leurs similarités et différences à travers la mythologie comparée et ainsi établir des graphiques et cartes de diffusion probable. Bien que nous n’ayons pas pu accomplir cette tâche herculéenne, nous avons néanmoins esquissé un aperçu général de cette figure mythologique.

L’arbre cosmique, en tant qu’axis mundi, arbre du monde et arbre de vie, se retrouve à travers le globe, depuis l’Europe occidentale, le monde celtique, l’aire germano-scandinave, gréco-romaine, slave, jusqu’au Proche-Orient (de l’Anatolie à l’Egypte, en passant par la Mésopotamie et le Levant), ainsi que dans l’aire indo-iranienne, et en Asie centrale et septentrionale, jusqu’en Amérique du Nord, centrale et du Sud. Quelques mythes sont également présents en Afrique, notamment à l’Ouest chez les Sérères du Sénégal, de la Gambie et de la Mauritanie.

Si nous souscrivons à la théorie de Julien d’Huy ou de J.-L. Le Quellec, les mythes suivraient les migrations humaines. Il suffirait donc de tracer les routes qu’Homo Sapiens a empruntées pour concevoir un schéma d’expansion et ainsi déterminer l’origine. Si ce motif a une seule origine et se diffuse en créant des variantes et des écomythes, quel pourrait-être ce point d’origine et de dispersion ?

Il semblerait que les premiers foyers de peuplement de l’homme moderne, à savoir l’Afrique puis le Proche-Orient durant le Paléolithique supérieur, soient ces points d’origine.

L’Afrique, cependant, ne présente pas de mythe significatif proche de l’arbre cosmique et le chamanisme semble y être absent. Nous pouvons donc éliminer ce foyer comme origine du motif. Tandis qu’au Proche et Moyen-Orient, ce mythe est bien présent, de l’Egypte à l’Anatolie, en passant par la Mésopotamie et le Levant jusqu’en Iran.

Ceci expliquerait donc la prévalence des mythes et rites de l’arbre cosmique dans ce foyer de peuplement, car ils remonteraient aux premiers stades de la conceptualisation symbolique que certains appellent à tort religion.

Il apparaît évident que si le mythe originel répondait à des composantes géographiques, temporelles voire sociétales du Proche-Orient ancien, il s’est ensuite transformé en fonction de ces variables dans d’autres régions, ce qui expliquerait les différentes versions observées.

De plus, si nous adhérons à cette hypothèse, le postulat faisant de l’Asie centrale et septentrionale le point d’origine et de diffusion du chamanisme et du mythe de l’arbre cosmique qui lui est associé ne tient plus.

En effet, si nous acceptons cette position, alors il aurait fallu que des peuples de ces régions asiatiques se déplacent vers le Proche-Orient au Paléolithique, alors que c’est l’inverse qui s’est produit. En effet, basée sur les informations actuelles, on ne peut conclure qu’à la diffusion du chamanisme depuis l’Asie septentrionale, en particulier la Sibérie, vers l’Amérique du Nord via le détroit de Bering aux alentours de 15 000 AEC. Nous le savons grâce à la génétique qui nous apprend que les populations amérindiennes, des Algonquins du Québec aux Yaghans de la Terre de Feu, en passant par les Mayas-Kaqchiquel du Guatemala, sont originaires d’une vague de migration provenant de Sibérie ou du même foyer que ceux de Sibérie.

L’Asie centrale et septentrionale ne serait donc pas le berceau du chamanisme et de l’arbre cosmique, mais un des foyers de diffusion. Cela remet donc en cause des visions linéaires comme celles de Mircea Eliade qui ne prenait pas en compte l’aréologie et l’approche phylogénétique en mythologie comparée.

On pourrait donc conclure que le motif de l’arbre cosmique, originaire du Proche-Orient au Paléolithique supérieur, est solidement ancré dans les carrefours migratoires d’Homo Sapiens, ce qui en ferait des foyers de diffusion ultérieurs, diluant progressivement le mythe originel.

Mais il y a un problème de taille ! Au Paléolithique supérieur, lors des premières grandes migrations, nous sommes en période glacière, les paysages de l’hémisphère nord se résument à des glaciers, la toundra – des grandes steppes couvertes de mousses et de lichens et la taïga – avec très peu d’arbres sinon de petite taille parmi lesquels quelques résineux et des bouleaux nains, même si l’on a découvert des refuges d’arbres, peu nombreux.

Comment peut-on considérer que dans un tel environnement, l’arbre cosmique ait pu survivre ?

En effet, l’hypothèse d’une seule origine au Proche-Orient durant le Paléolithique supérieur voudrait qu’il y ait des arbres de grande taille dans les aires de peuplement où se retrouve la figure mythologique de l’arbre cosmique durant cette période. Or nous connaissons bien l’histoire du couvert forestier du continent européen et c’est loin d’être le cas.

https://www.ancientworldmagazine.com/articles/origins-norse-pantheon/

Une fois les populations néolithiques venues d’Anatolie établies en Inde, en Europe centrale, occidentale et septentrionale, s’y développent progressivement des cultures matérielles différentes (poterie, sépulture). Elles auraient l’arbre cosmique dans leurs mythes qui se serait à son tour diffusé dans les autres régions lors de migrations ou de conquêtes. Un de ces peuples aurait alors pris le dessus, c’est l’hypothèse Indo-européenne qui se base plutôt sur la linguistique et des marqueurs matériels. Cette hypothèse soutient qu’un peuple, assimilé à la culture matérielle des kurgans/kourganes, originaire des steppes du nord de la Mer Noire, aurait conquis ces espaces y répandant leur culture, langue et religion.

Une autre hypothèse s’en rapprochant s’appuye sur des études génétiques et explique cette expansion depuis le foyer des steppes pontique-caspienne d’où la culture Yamna émerge au IVe millénaire. Ces cavaliers nomades pratiquant le pastoralisme se seraient étendus au cours du IIIe millénaire vers la steppe eurasienne de l’Asie centrale jusqu’en Chine, puis vers l’Asie septentrionale et le sud de la Sibérie ainsi que et Inde.

Mais également en Europe moitié du IIIe millénaire AEC.

En définitives toutes les aires européenne et asiatiques où le motif de l’arbre cosmique est présent.

Quoi qu’il en soit, qu’il s’agissent d’Indo Européens ou de la culture yamna, ces peuples descendent de ceux venus d’Anatolie apportant les technique du Néolithique et fort probablement l’arbre cosmique.

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L’Importance de l’Arbre de Vie et les Dangers de son Oubli

L’arbre de vie est un symbole universel qui transcende les cultures, les religions et les époques, représentant la connexion profonde entre toutes les formes de vie. Il symbolise la croissance, la régénération, l’immortalité et la spiritualité. Pour de nombreux peuples, l’arbre de vie est un pilier central de leur identité culturelle et spirituelle. Cependant, l’oubli de ce symbole important peut avoir des conséquences graves, très grave.

L’Importance de l’Arbre de Vie

L’arbre de vie est un symbole puissant qui incarne la sagesse ancestrale, la continuité de la vie et la connexion entre le ciel et la terre. Il est souvent considéré comme un pont entre les mondes, un lien entre le passé, le présent et l’avenir. Il représente la croissance, la régénération et l’immortalité, symbolisant le cycle sans fin de la vie, de la mort et de la renaissance.

Dans de nombreuses cultures, l’arbre de vie est également un symbole de guérison et de résilience. Il offre un refuge et une protection, et ses fruits sont souvent associés à la connaissance et à la sagesse. L’arbre de vie est un rappel constant de notre lien avec la nature et de notre dépendance à son égard pour notre survie et notre bien-être.

Dans un contexte spirituel, l’arbre de vie est souvent associé à la quête de l’éveil et de l’illumination. Il symbolise le voyage de l’âme à travers les différents niveaux de conscience, de l’obscurité à la lumière, de l’ignorance à la connaissance.

Les Dangers de l’Oubli de l’Arbre de Vie

L’oubli de l’arbre de vie peut avoir des conséquences graves pour un peuple. Cela peut entraîner une perte de l’identité culturelle et spirituelle, une déconnexion de la nature et une dégradation de l’environnement et c’est la porte ouverte à tous les poisons intellectuels.

L’oubli de l’arbre de vie peut également entraîner une perte de la sagesse ancestrale et des connaissances traditionnelles. Cela affaibli la résilience d’une communauté face aux défis et aux changements, et réduit sa capacité à s’adapter et à survivre.

De plus, l’oubli de l’arbre de vie contribue à une vision du monde matérialiste et anthropocentrique, où la nature est considérée comme une ressource à exploiter plutôt que comme un système vivant dont nous faisons partie. Cela conduit à la dégradation de l’environnement, à la perte de notre identité biologique et à la soumission.

En conclusion, l’arbre de vie est un symbole puissant, viril et vital qui incarne la sagesse ancestrale, la continuité de la vie et la connexion entre toutes les formes de vie. Son oubli peut avoir des conséquences graves, y compris la perte de l’identité culturelle et spirituelle, la déconnexion de la nature et la dégradation de l’environnement. Il est donc essentiel de préserver et de célébrer l’arbre de vie, et de transmettre sa signification et sa valeur aux générations futures.

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