Sága de Sökkvabekk, partie 4

Ça commence avec le christianisme.
Puis vient le communisme.
Et maintenant, c’est l’atlantisme, le gouvernement mondial.

Mais c’est la même chose, sur les trois plans, aux trois forces :
– le blanc (spirituel),
– le rouge (intellectuel),
– le noir (politique et matériel).

Toujours la même dynamique :

l’idée est de faire descendre les Blancs.

On leur interdit de se défendre,
on leur interdit la mémoire,
on brûle leurs sages-femmes,
on persécute leurs rassemblements.

Notre mouvement, en France, avait été fondé pour rapprocher les âmes blanches de l’Edda.
Et une semaine avant sa première assemblée,
il y avait déjà des false flags et la police partout.

Tout ça pour des gens qui allaient simplement s’asseoir et parler de l’Edda.

Disproportionné ?
Non.
Parce que les forces adverses savent exactement ce que c’est.

Quand tu parles de l’Edda,
quand tu fais ce que fait Sága —

raconter un récit ancien à Wotan —
là, tu fais quelque chose de sérieux.

C’est du loisir, oui —
mais du loisir sacré.
C’est Sökkvabekk.
C’est la dolce vita eddique.

Et c’est pour ça que Sága vient immédiatement après Frigg dans la hiérarchie des Asynes.
Mais personne ne pense à elle.
Personne ne cite Saga en deuxième.

Et pourtant…

C’est elle.

C’est elle, juste après Frigg.
Et c’est immense.


L’idée, c’est ça :

Vous pouvez précipiter le monde dans le Ragnarök.
Il suffit de faire descendre les Blancs spirituellement.

Parce que la force noire
n’est rien d’autre qu’une conséquence de la force blanche.

La conséquence ultime de la force blanche.

Vous faites descendre les Blancs spirituellement,
et alors le monde tombera.
Il n’y aura aucune résistance.

C’est exactement ce qui se passe sous nos yeux.

C’est tout.

Et pourtant…

Une seule heure assis sur la terrasse de Sökkvabekk,
allongé sur les transats de Sökkvabekk,
à écouter un texte de l’Edda…

Et c’est bon.

Vous êtes remonté direct.

Parce que ça, c’est la mémoire.
Et la mémoire, c’est la source.

Mímisbrunnr.
Le puits de Mímir.
La source de la mémoire.

C’est littéralement :

celui qui détient la mémoire.

Et là, on comprend.

La régénération, elle est là.
Elle n’est pas ailleurs.

Il faut se rattacher.
Il faut se reconnecter au passé.

Il faut aller chercher.

Sous la mer.
Cette mer qui paraît plate, au niveau zéro.
La mer, par définition, c’est l’horizontalité absolue.

C’est le quotidien.
C’est la vie horizontale,
mesurée à l’altitude zéro.

Et dans ce quotidien,
parfois il y a des tempêtes,
parfois des vagues lentes et lassantes,
des flux et reflux inlassables,
des mouvements qui montent et redescendent.

Mais si vous allez au fond, au fond, au fond…

Là, il y a un galion espagnol plein d’or.

Et il faut le faire remonter.

C’est ça, toute l’idée.
C’est tout le principe de Sága.

Et c’est pour ça que ses mérites sont si grands.
C’est pour ça que la plus grande bénédiction,

c’est une épouse érudite en Edda.

C’est la plus grande bénédiction qu’on puisse recevoir.

Une femme qui garde la mémoire,
qui connaît les sagas,
qui connaît l’Edda,
et qui peut la raconter.

Parce qu’il y a aussi, en Sága, un aspect profondément pédagogique.

N’oubliez jamais :

la mémoire, c’est aussi la spiritualité.

Et en Sága, il y a l’unité entre – Sága : la voyante, la prophétesse
et saga : le récit des choses anciennes, le conte transmis.
Tout cela fonctionne avec l’hémisphère droit du cerveau.
Cela fonctionne avec Calc.

Calc, c’est la coupe.

Et c’est pour cela que Sága commence chaque journée
en apportant une coupe d’hydromel à Wotan.

Et l’après-midi,

ils vident des coupes ensemble.

Parce que Sága est l’échansonne.
Et l’échansonne, c’est le symbole traditionnel de la rune Raido, du signe du cancer.


Raido, ça veut dire un char.

Et le chevalier, dès qu’il monte en char,

il cesse d’être un chevalier.

C’est le principe même du soleil,
c’est le principe du solstice d’été.

C’est-à-dire que le héros,
celui qui est né à Beltaine,
celui qui est toujours en croissance vers la lumière,

arrive au moment où il prend le contrôle de sa vie,
à l’âge de 22 ans,
l’âge où la jeunesse supplante la vieillesse.

Ce héros, qui a surmonté toutes les forces hivernales,
toutes les forces de l’âge,

arrive à son idéal accessible :
le solstice d’été.

Et à ce moment-là,

il monte en char.

Il prend le confort…

Et c’est dire, Sökkvabekk, au fond,
est une résidence extrêmement luxueuse.

Un manoir aux trésors,
un luxe extrême.

Aujourd’hui, on dirait qu’il prend ses aises,
qu’il est installé dans un confort absolu.

Mais c’est là que le soleil commence à descendre.

Car le chevalier a perdu sa niaque,
il a perdu son élan,
il a perdu sa dignité de conquérant.
Maintenant,

il monte en char,
il se prélasse,
il salue la foule avec un air blasé.
Il monte en limousine.

Vous voyez ça ?

C’est un phénomène permanent.

Prenez, par exemple, les musiciens.
Au début, ils sont pleins de créativité,
pleins d’audace,
ils expérimentent,
ils osent,
ils changent l’album,
ils innovent.

Mais laissez passer quelques années.
Et s’ils se sont fixé un but accessible —
avoir du succès, faire un hit majeur, décrocher un disque de platine —

alors vous verrez :
une fois cet objectif atteint,
ils ne sont plus des musiciens.
Ce sont des commerçants.

Techniquement, oui, ils jouent encore de la musique.
Mais en réalité,

tout ce qu’ils font, c’est du business.

On dit :

« Il est devenu commercial. »

Bien sûr.
Mais ce n’est pas qu’il est devenu commercial.
C’est que le phénomène du char, le phénomène de Raido, l’a pris.


Et le tout est de bien le savoir.
C’est ce qu’on a vu ailleurs sur Ull d’Yvalir.

Il y a des montées obligatoires.
Il y a des descentes obligatoires.

Mais la descente,
dit Sága,

doit être un ressourcement.

Une descente vers les profondeurs,
pour faire remonter le galion espagnol.

Une descente pour retrouver le continent de Mu.

Une redescente pour ça.

Elle ne doit pas être,
comme le fait Höðr,
la force de la matière aveugle,
qui tue Baldr
en manipulant une lumière qu’il ne maîtrise pas,
qu’il ne peut pas gérer.

Cette lumière radicale confiée aux mains d’un être grossier, aveugle, matérialiste, bas de gamme,
mû par l’égo.

Et ainsi,

Baldr, l’esprit même des beaux jours,
l’esprit de la période entre Beltaine et Litha,
descend au Helheim.

L’idée, c’est qu’il faut être avec Sága dans la récupération du galion espagnol.
Il ne faut pas être Baldr chutant au Helheim.

Ce sont les deux lectures de Raido,
que font respectivement Loki et Saga.

Au fond, au plan runique,

c’est la même rune.

Mais en pratique,

c’est totalement opposé.
Ou plutôt,
c’est perpendiculaire.

Ça n’a aucun rapport.
Ça bifurque totalement.

Et c’est pour ça que c’est la plus grande bénédiction.

Car à partir de ce moment,
il n’y a plus de chute grâce à Sága.

Toute descente est un ressourcement.


Vous le disiez :
Les ennemis — c’est-à-dire Loki, l’ennemi de Heimdall —
leur but,

c’est d’enlever la mémoire au peuple blanc.

Faire descendre spirituellement le peuple blanc,
c’est lui enlever sa mémoire.

Et c’est très étonnant,
car la mémoire, on vient de dire que c’est la descente dans les profondeurs.

Et pourtant,
pour faire descendre quelqu’un,

il faut le priver de mémoire.

C’est tout le paradoxe.

Le paradoxe de la coupe,
le paradoxe de Calc.
Tout ça, c’est la même chose.

Loki agit petit à petit,
au plan individuel et collectif,

les dieux préservent,
pour opérer la fermeture de notre œil droit.

Car c’est l’œil gauche qu’il nous faudrait fermer.
Mais si vous regardez bien,

on nous expédie sans arrêt dans l’hémisphère gauche.

C’est le principe des plaquettes de Glozel.
Elles sont vraies,
mais on empêche leur application pratique,
parce que le système virtuel qu’on a construit à côté

n’y survivrait pas.

C’est la Stan toute seule.
C’est vrai.
Les formules runiques gravées dessus sont authentiques.
Aucun problème.
Mais on vous empêche d’en faire usage.

On vous ferme l’œil droit.
On vous empêche d’appliquer la pratique.
Et donc, qu’est-ce que vous allez en faire ?

Rien.

Vous ne pouvez rien en faire.


Et c’est pour ça que Wotan lui-même,
le sage entre les sages,
— la Stan elle-même, en quelque sorte —

c’est important.

C’est pour ça que vous ne connaissez pas son vrai nom.

On revient ici à la question dans le texte plus haut,
celle sur la méditation des noms de Wotan.
Parce que le nom contient la formule,
et la formule contient l’application pratique.

C’est pour ça que c’est si important.

Il faut beaucoup de révérence.


Je repense à cette vieille émission,
quand j’étais jeune.
Une troupe de comiques avait lancé une série de sketchs,
où ils attribuaient toutes les catastrophes filmées à la télévision
à un personnage imaginaire,
à qui ils avaient donné un prénom bien réel.

La série s’appelait « Untel est un sot. »
Et chaque fois qu’un immeuble s’écroulait,
qu’une catastrophe éclatait,
qu’une bourde énorme survenait,

on disait « C’est la faute d’Untel. »

Imaginez l’impact,
pour tous les malheureux qui portaient ce prénom-là.

À l’école, ça devait être l’enfer.

Et maintenant, imaginez qu’au lieu de ce prénom ordinaire,
ce soit le nom du pontife suprême,

le grand chancelier du royaume,
celui à qui le roi a confié tous les sceaux,
toutes les clés,
toute l’administration,
et aussi les finances.

Imaginez que vous fassiez la même blague avec son nom.

Vous auriez d’énormes ennuis.

Même sans procès officiel,

les gens commenceraient à s’éloigner de vous.

C’est ce qu’on appelle en magie

le principe du centre de pestilence.

Quelqu’un qui emploie mal la parole,
qui commet — les dieux préservent — un blasphème,
une parole sacrilège…

les autres s’éloignent spontanément de lui.
Même sans savoir ce qu’il a dit.
Ils sentent.

Et ce serait pareil ici.
La personne serait tricarde,
isolée,
et subirait une répression telle
que même ses proches s’éloigneraient.

Bref,

vous seriez vraiment dans le pétrin.


Donc,
il faut faire attention.

Quand on parle,
quand on emploie les noms,
les titres,
les surnoms d’un être redoutable,

car la force est contenue dans le nom.

Même si ce n’est pas son vrai nom,
puisqu’il l’a fait disparaître des archives,

il faut faire attention.

Mais

si tu approches avec le bon état d’esprit,
avec la bonne tournure de cœur,
avec la révérence,
alors tu es en paix.

Faire attention à la parole,
c’est réparer la parole.

Et c’est pas pour rien que l’Edda,

au départ, était interdite d’écriture.

Pas seulement pour qu’elle ne tombe pas dans de mauvaises mains,
mais aussi

pour garder la chose vivante.

Comprenez ?

C’est-à-dire que tant que le risque n’était pas total,
tant que le trésor n’était pas englouti pour toujours,

il fallait éviter de fixer la mémoire dans la stán (la pierre)
et la garder plutôt
dans la coupe de Sága.

C’était ça, l’idée.

Transmettre par la parole, de bouche à oreille.

Par l’ouïe.

L’ouïe, c’est Wolfsangel.
La vue, c’est Sól.

La vue, c’est très bien.
Mais c’est seulement Sól.

C’est l’élément feu.

C’est bien le soleil au zénith, oui.
Mais mieux vaut transmettre par l’oreille.

L’oreille, c’est Wolfsangel.
C’est le cinquième élément.

Et qui sanctifie Wolfsangel ?

Celui qui répare Wolfsangel par des paroles bénies.

Ça veut dire que Fenrir reste sur sa laisse.

Wolfsangel, par définition.

C’est pour ça que c’est bien de faire des cours audio,
pour que les gens,
plutôt que d’aller écouter Beyoncé,

écoutent des paroles d’Edda.

Et quand on fait Gylfaginning tous les matins,
quand on fait les Kenslas,
c’est à l’oral.
Ce n’est pas par hasard.

C’est parce que,

en réparant l’ouïe,
vous réparez Wolfsangel.
Et en réparant Wolfsangel,
vous réparez le piège à loup.

Et en réparant le piège à loup,

vous faites échec à Fenrir.

C’est la raison profonde des après-midis de Wotan, à Sökkvabekk.
Et de l’existence même du Kensla.

Le Kensla, c’est Kenaz,
la réunion de Kenaz,
celle qui relie Gar à Calc.

C’est le divin qui plonge dans la coupe.

Bon.
On va rester là pour aujourd’hui.

Passez une excellente journée,
pleine de bonnes nouvelles,
et de nombreuses paroles d’Edda,
par les mérites de Sága de Sökkvabekk.

Álú, Álú,

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