Sága de Sökkvabekk, partie 3

Comme on le dit toujours aux ennemis,
à ceux qui sont les sbires de Fenrir,
aux alliés du loup, aux progéniteurs de monstres,
aux complices de Loki qui gouvernent aujourd’hui dans son sillage :

Votre aristocratie n’est pas une aristocratie.

Et ce n’est pas en payant des journalistes pour dire qu’elle en est une,
pour répéter qu’elle est « une aristocratie »
que, magiquement, elle le deviendra.

C’est la méthode Coué.

Il n’y a pas de profondeur.

Aucune profondeur.

Sága, c’est la profondeur même.
C’est pour cela que sa demeure s’appelle Sökkvabekk.

Sökkvabekk, littéralement :

le palais des trésors engloutis,
le manoir des richesses cachées.

C’est comme le galion espagnol, chargé d’or, coulé au fond des mers.
C’est le travail d’aller chercher les trésors enfouis,
ceux qui ont passé sous le niveau de la conscience,
ceux qui ont été submergés, engloutis,
ceux qui dorment tout au fond, au fond, au fond.

Et le travail de Sága, c’est de les faire remonter.

C’est tout le travail de la hud.
C’est le travail de faire ressurgir les mémoires,
de faire remonter ce qui était enfoui.

Même la psychanalyse, dans son fond,
ou ce qu’il en reste dans les disciplines dérivées,
cherche à faire se souvenir.

Toujours.
À ramener à la surface ce qui était dessous.

Mais attention :
dans la psychanalyse (surtout telle qu’elle est devenue),
on fait remonter des bulles,
des petits fragments, des indices.

Dans le travail de Ziu,
on ne fait pas remonter des bulles,
on fait remonter le cadavre entier.
On extirpe ce qui est enfoui,
on le ramène au jour.

La psychanalyse, c’est l’analyse des petites bulles qui remontent.
Ziu, c’est aller chercher le corps en entier, le tirer du fond.

Et Sága, elle, va chercher les galions pleins de trésors.
Tous ces trésors enfouis au fond des mers,
qui attendent qu’on les fasse remonter.

C’est toujours pareil.

C’est ça le message.
Même au cœur du malheur,
même au fond du marais,
il y a des trésors qui dorment.
Ne vous inquiétez pas.
Sága va les faire remonter.

Il suffit de se souvenir.

Le continent de Mu était là,
au large du Brésil,
il dormait au fond.
C’est tout.
Il n’attendait que ça :

remonter.

« Mais Mu ? Ça n’a jamais existé. » Ils diront.

Mais il y a mieux encore.

Il y a Glozel.

Les plaques runiques de Glozel,
qui abolissent totalement l’histoire officielle de l’écriture.

Ces plaques runiques, datées de 15 000 ans avant l’invention de l’écriture officielle par les marchands Skreals,
les Phéniciens, les marchands levantins, ou je ne sais qui.

15 000 ans avant.

Et là, on a l’exemple le plus génial de mémoire abolie.

Parce qu’on sort ces plaques,
on les fait authentifier,
on les date au carbone 14,
tout est confirmé,
aucun problème scientifique.

Et que disent les amis universitaires ?

« Oui, elles sont authentiques… mais on ne va pas les inclure.
Parce que ça remettrait en cause toute l’histoire officielle.
Ça bousculerait trop de choses. »

Et ça, c’est leur annonce officielle.

L’officialisation du mensonge.

Vous voyez ?
Vous voyez comment Loki et Sága sont irréconciliables.
Vous voyez ce que c’est que le branchement qui n’a pas été pris.


Elle habite à Sökkvabekk,
qui est une vaste résidence.

Sökkvabekk, c’est le plus luxueux des hôtels particuliers d’Ásgard,
juste après Fensalir, dont nous avons parlé récemment.

Et oui, il faut rappeler que, dans la liste des noms que Wotan, notre Maître, énumère au chapitre 35,
il y a un ordre de préséance, par définition.
Cet ordre nous indique les qualités importantes à rechercher chez une femme.

Et comme Frigg est la plus grande, la liste commence par elle :

Frigg, Saga, Eir, Gefjun, Fulla, Freyja, et ainsi de suite.

Mais vous voyez :
elles ont chacune des qualités éminentes,
et ces qualités sont hiérarchisées.

On aurait pu croire, par exemple, que Freyja viendrait immédiatement après Frigg.
Mais non : Freyja n’arrive qu’en sixième position.

La première, après Frigg,
c’est Sága.

C’est la seconde, mais en réalité la première après Frigg.

Parce que Frigg, c’est quand même… mettre la barre très haut.
C’est la parfaite.
C’est l’inaccessible, par définition.
Elle est si idéale en tant que femme qu’elle n’est pas un but atteignable.
C’est un horizon, une étoile polaire, un sommet qu’on ne touchera jamais.

Mais c’est vers elle qu’on doit tendre.

Parce que l’erreur éternelle de l’humanité,
c’est de se fixer des buts accessibles.

Non.

Si Frigg est mise en premier,
c’est précisément parce qu’on sait qu’on ne l’atteindra pas.
Mais on garde la dynamique.
On garde l’élan.

Vous comprenez ?

Le problème éternel qu’on rencontre,
c’est qu’on ne comprend pas le principe de l’escalier sans début ni fin,
l’escalier spiraloïde, qui monte vers l’infini.

On voit l’infini…
mais on espère toujours arriver un jour.
On espère atteindre un palier,
un palier fixe,
un endroit d’arrivée.

Mais ça n’existe pas.

Une force,

soit elle croît,
soit elle dégénère et meurt.
Elle ne peut pas rester en place.

Mais nous, dans notre manière de fonctionner,
on croit qu’il y aurait un moment d’arrêt,
un moment où, dans notre síðr, ou même dans nos affaires profanes,
on pourrait dire :

« Ça y est. J’y suis. »

Mais ça n’existe pas.


Et c’est là qu’on retrouve le mécanisme de l’athéisme,
dont on parlait ailleurs.

L’athée, c’est quelqu’un qui, poussé à l’extrême dans l’hémisphère gauche,
qui, par peur de la moindre incertitude,
se réfugie dans un système purement logique,
totalement arbitraire et artificiel,
parce que ce système le rassure.

C’est comme le petit oisillon,
qui, de peur d’être mangé par le renard,

se réfugie dans une bouse.

Éternellement.
C’est une histoire qu’on a racontée cent cinquante fois.
Et c’est éternellement ça.

Il ne faut pas croire qu’un homme…
Il ne faut pas croire que quelqu’un qui est sur ce cercle,
précisément parce qu’il se réfugie dans un système logique, mécaniste, matérialiste,
soit dans un système cohérent.

Sa première prémisse est absurde.
Totalement absurde.

Parce qu’il met en cause deux axiomes en bronze,
deux ex nihilo nihil fit :

Là où il y a ordre, il y a intelligence.

Et pourtant, ils pensent qu’il peut y avoir des conséquences sans cause.
Déjà, on est dans une logique d’un genre particulier.

Mais bon…
C’est comme ça.

C’est la peur.
C’est juste la peur.
C’est rien d’autre que la peur.

Ce sont des animaux qui hurlent, mais vers nulle part.

Mon maître disait toujours :

« Je voudrais faire de vous des gens qui crient vers le divin comme les bêtes sauvages qui crient dans la forêt. »

On croit toujours qu’on va arriver quelque part.
Qu’on va trouver un endroit stable, un point où l’on pourrait se poser.
Et à ce moment-là, on prend aussitôt le chemin de la décadence.
Parce que dès que la force renonce à croître, elle commence à dégénérer et à mourir.

L’idée, c’est de continuer à monter.

Se fixer un idéal accessible —
c’est la pire erreur qu’on puisse faire.
Parce que une fois cet « idéal » atteint,
on commence à tomber.

Donc Frigg est inaccessible.
De toute façon, elle est mariée, et plutôt bien mariée.
Elle est inaccessible.

Je doute qu’elle renouvelle l’expérience de l’époque du Bannissement de Wotan…

Et donc, après Frigg,
la première, c’est Sága.

Sága, elle, est érudite en Edda.
Et c’est ça, la première qualité à rechercher chez une femme :

Qu’elle soit érudite en Edda.
Qu’elle se souvienne.

Ce n’est pas Freyja —
même si Freyja est essentielle dans le monde,
même si elle est la cheffe des Valkyries,
même si spirituellement elle atteint le rang de dise,
même si elle inspire tous les personnages féminins forts du cinéma, toutes les héroïnes, toutes ces figures…

Elle n’arrive qu’en sixième position.

Et ça aussi, c’est une leçon.

Ce qu’il faut rechercher chez une femme, ce sont des qualités qui ne sont pas celles qu’on croit.

Et là, ça me surprend toujours énormément,
notamment chez ceux qui ne sont pas mariés
et qui cherchent encore.

Parce que le vieillissement, malheureusement,
c’est l’incapacité de se régénérer.

Et vous voyez,
c’est Sága qui apporte l’hydromel chaque matin à Wotan,
pour qu’il puisse se ragaillardir et attaquer sa journée.

C’est ça :

Se régénérer à la source.
Se régénérer dans les profondeurs.
Se régénérer à l’intérieur.

Vous voyez ?

Et c’est ça la grande difficulté de ceux qui vieillissent.

Je dis ça parce qu’on est dans une liste d’Asynes,
et ce qui est amusant, c’est que plus les gens vieillissent, plus ils deviennent exigeants.

Et ça, c’est frappant.

Un vieux garçon, par exemple, ou une vieille fille (c’est encore pire),
si vous leur demandez quelles qualités ils recherchent chez un conjoint,

plus ils vieillissent, plus leur liste s’allonge.

C’est paradoxal.

Quand on est jeune,
on dit juste :

« Voilà, c’est elle. »
« C’est bon. »
« Ça me va. »

Mais plus on vieillit,
moins on est séduisant,
et plus on devient exigeant.

Et ça, ça me sidère.

Chez les femmes, c’est encore plus cruel.
Elles veulent qu’un homme les regarde comme si elles avaient 16 ans,
même à 50 ans.
Elles veulent encore le regard du roman érotique.

Et là, je dis :

« Mais madame, vous avez passé le demi-siècle… »
« Non, ce n’est plus ça, le programme. »

Et elles disent :

« Je ne comprends pas… les hommes que je rencontre me regardent comme si j’avais 50 ans. »
Mais…
Vous avez 50 ans.
Voilà.

Chez les hommes, c’est pareil, mais sous une autre forme :
ils accumulent des critères absurdes.

« Il faut qu’elle parle anglais. »
« Il faut qu’elle sache bien cuisiner. »
« Il faut qu’elle tienne bien la maison. »
« Il faut qu’elle soit comme ci, comme ça, pas trop grande, pas trop petite… »

Et plus ils vieillissent,
plus ils sont intraitables,
alors qu’ils sont de moins en moins « fourgables ».

Et ça, ça me surprend à chaque fois.
C’est incompréhensible.
On se dit :

« Bon, à cet âge, il va bien arrêter d’être difficile… »
Mais non.

Plus il vieillit, plus il est difficile.

Et c’est ça, vieillir.

C’est ça, vieillir.


Et pour ne pas vieillir,
il faut aller à Samhain.
Ça, c’est entendu.

Mais… parfois, on dit :

« C’est un peu loin. »
« En ce moment, j’ai mal aux lombaires… »
« Voyager, ça va être compliqué… »
« Et puis le temps n’est pas terrible… »
« Et puis c’est un endroit que je ne connais pas… »
« Je ne sais pas trop… »
« Est-ce que ce qu’on mangera là-bas sera compatible avec mon régime ? »
« Est-ce que je vais m’entendre avec les gens ? »
« Est-ce qu’ils seront sympathiques ? »
« Comment je vais être placé à table ? »
« Et puis… ce jour-là, j’ai ma belle-mère… »

Pendant ce temps-là,
un jeune homme, à 15 ans,
pour aller à Samhain,

il y allait à pied.

C’était son seul síðr.
Son unique rite,
c’était d’aller à Samhain chaque année, à pied.

Aujourd’hui, il a une voiture.
Mais à l’époque,
il traversait toute la France,
jusqu’en son centre,
à pied.
Et même si en retard, à pied.

Parce que c’était son choix.

De manière générale, dans la jeunesse,
il y a cet élan,
cet enthousiasme.

« Allons-y à fond, et on verra bien ! »

Qu’est-ce que ça peut faire,

d’aller voir des gens intéressants, sympathiques ?
de passer une bonne soirée,
autour d’un bon repas,
pour lequel on ne vous demande pas un sou de plus,
avec des boissons capiteuses, etc. ?

Franchement…

Ce n’est pas un piège,
c’est une bonne soirée.

Mais ça, c’est la jeunesse.

Et c’est pour ça qu’il est interdit de vieillir.

C’est pour ça qu’il faut manger les pommes d’or sans arrêt,
qu’il faut faire Drekka Mínni,
qu’il faut se ressourcer constamment à la base,
qu’il faut boire l’hydromel de Sága chaque matin.

C’est pour ça :

Il ne faut jamais tomber dans ce piège-là.

Parce que c’est ça, vieillir.

Et la plus grande bénédiction que vous puissiez recevoir,

au plan matrimonial,
c’est d’épouser une érudite en Edda.

Une femme qui connaisse les contes,
qui connaisse les sagas,
qui connaisse l’Edda,
et qui sache les raconter.

La position la plus enviable,
c’est celle de Wotan pendant ses après-midis.

Boire dans des coupes d’or,
contempler la mer,
depuis une demeure luxueuse,
pendant qu’on vous raconte les choses anciennes.

C’est ça.

Le farniente à Sökkvabekk,
c’est ça.

Le dolce vita,
c’est ça.

C’est la réunion parfaite.

Parce que Sága vous connecte au passé infini,
et le regard sur la mer,
vous ouvre sur l’horizon infini.

Vous voyez :

devant vous, l’infini.
derrière vous, l’infini.
autour de vous, l’infini.

Et tout cela dans un cadre de beauté,
dans un art de vivre,
qui révèle l’harmonie divine dans le rouge.

Vous êtes, à tous les plans — passé, présent, futur —
dans l’infini.

Et dans l’infini,
il n’y a pas de vieillissement.

Ce n’est pas “atteindre un niveau”,
c’est être dans l’infini à tous les niveaux.

Et tout cela est lié au principe de la mémoire.

C’est la même chose quand vous entendez les Skrealings raconter qu’ils ont bâti les pyramides d’Égypte.
C’est toujours la même histoire.

Parce que pour les Skrealings,
habiter chez un peuple blanc,
c’est habiter à la charnière entre le divin et l’humain.

Il n’y a que là qu’ils peuvent être nourris,

sur le plan physique,
culturel,
artistique,
civilisationnel,
spirituel.

Ils ne peuvent pas survivre seuls.

Ils doivent s’abreuver à ce qui est jeté par-dessus les murailles d’Ásgard.
C’est ainsi que les Skrealings fonctionnent.

Leur stratégie la plus rentable,
ça a toujours été de s’installer au sein des peuples blancs,
et d’y former un système autonome, à l’intérieur même du corps qu’ils parasitent.

C’est le parasitisme le plus élaboré.

Ils profitent des fruits,
sans jamais nourrir l’arbre.
Ils reçoivent,
mais ne donnent rien en retour.

Et dès qu’on leur donne un pays à eux,
dès qu’ils doivent devenir autonomes,

ils s’effondrent.

On l’a vu cent cinquante mille fois.
C’est le pou qui croit qu’il est roi,
parce qu’il est sur la tête.
Mais si vous lui donnez un royaume à lui,
et que vous lui dites :

« Tiens, maintenant c’est Pouland. »

Alors là,

il ne va pas aimer du tout.

Mais le grand principe est là :

le mendiant veut se faire passer pour un seigneur.
L’aumône veut se faire passer pour un impôt dû.

Et c’est ainsi qu’il va expliquer que, non,
tous les cuirs chevelus de la terre sont faits pour nourrir Poulande.

Si j’étais à leur place,
j’essaierais de faire un gouvernement mondial.
Parce qu’alors,

on retrouve le même système fermé que quand on était à l’intérieur.
Un circuit fermé.

Et ce n’est pas qu’ils aient un projet.

Il faut arrêter de croire que tout ce qui se passe en ce moment
est autre chose qu’un symptôme de descente spirituelle.

C’est uniquement ça.

Il n’y a personne aux manettes.

N’allez surtout pas imaginer qu’il y ait quelqu’un —
surtout pas chez les Skrealings —

assez malin, assez structuré, pour organiser tout ce cirque.

Ils n’ont rien besoin d’organiser.

Tout ce qu’ils ont à faire,

pour détruire les Blancs,
c’est de les faire chuter spirituellement.

C’est tout.

Et ça fait deux mille ans qu’ils s’y emploient.


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