
Le nom anglo-saxon de la rune Gebō est Gyfu, qui signifie « don, présent ». La forme en croix évoque les cadeaux (le ruban des papiers cadeaux qui forme une croix).
Un sacrifice aussi est un don. Il y a de nombreuses formes de sacrifices…
Cette rune représente également tous les types d’échanges, qu’ils soient intellectuels, émotionnels, monétaires ou commerciaux. Car les échanges « multiplient », enrichissent mutuellement, d’où la similitude entre Gebo et le signe mathématique de multiplication. Loki divise, Odin multiplie.
« Je pendis à l’arbre battu des vents, neuf longues nuits, […] moi sacrifié à moi-même »
~Rúnatal (Hávamál 138)
Le sacrifice d’Odin pendu à Yggdrasil est un sacrifice pour l’élévation spirituelle : sacrifier l’égo (moi) au soi supérieur (moi-même).
(…)
(suite)
Et ce dernier, le sacrifice au moi supérieur est au bénéfice du plus grand nombre (les runes sont mises à disposition de notre Peuple).
De même, atteindre la grandeur implique souvent des sacrifices et des échanges. Le dévouement, le travail acharné et la persévérance requis peuvent être considérés comme une offrande de temps et d’efforts. L’échange entre praticiens peut impliquer l’apprentissage d’un autre, la collaboration et le partage des connaissances.
Sacrifiez également l’excédent ! Cela peut inclure l’abandon de croyances obsolètes, d’habitudes malsaines ou de relations épuisantes. Ce faisant, vous créez un espace pour que de nouvelles expériences positives et des opportunités entrent dans votre vie. Qu’êtes-vous prêt à échanger contre la grandeur ?
Commentaire
Certes, il est essentiel de se rappeler que les runes sont des archétypes puissants, et non de simples dessins schématiques. Les deux traits croisés de cette rune ne doivent pas nécessairement être interprétés comme un symbole de croisement ou d’échange.
Gebo, la rune en question, est avant tout l’archétype de la mort et de la limite ultime, bien plus qu’une simple idée d’échange. Elle symbolise la barrière insurmontable, comme deux lances croisées devant la porte d’un souverain, signifiant interdiction, fin ou séparation. C’est le même Mur de feu que Sigurðr traverse pour rejoindre Brynhildr, une épreuve, une limite, ou un certain passage vers un autre niveau d’existence…
Bien plus qu’un simple logo ou une allégorie, les runes sont des forces redoutables car elles réveillent les énergies les plus primordiales de la magie. Leur pouvoir ne dépend pas de la conscience ou des intentions de celui qui les invoque. Même un enfant, guidé par l’instinct, tracerait naturellement Gebo, la rune de la mort, sur ce qu’il souhaite éliminer.
Enfin, n’est-il pas vrai que donner sa vie est le cadeau ultime ? Et que la mort elle-même, dans son essence, n’est rien d’autre que le plus grand des échanges ?
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