
On arrive au verset 22 du chapitre 35 de la Gylfaginning.
SjÇ«fn prend grand soin dâorienter vers lâamour les pensĂ©es des humains, hommes comme femmes.
Câest dâaprĂšs son nom que lâamour est appelĂ© sjafni en vieux norrois.
Sjafni, ce nâest pas simplement « lâamour » au sens gĂ©nĂ©ral.
Câest lâamour dans une dimension trĂšs fortement Ă©rotique. On pourrait presque dire : câest lâĂ©rotique lui-mĂȘme, au plan nominal, comme on parle dâune mystique trĂšs puissante.
Il y a lĂ une Ă©rotique trĂšs forte, une notion qui se rapproche Ă la fois de la fine amor des troubadours et dâune forme Ă©laborĂ©e, sophistiquĂ©e, dâamour.
Et oui, ça porte aussi en germe lâidĂ©e de libertinage⊠mais entendu comme mode de vie, pas comme philosophie abstraite.
Câest ça, sjafni.
LâEdda prĂ©cise que ce mot est dĂ©rivĂ© du nom de SjÇ«fn, la septiĂšme Ăsynja que cite Wotan dans cette fameuse Ă©numĂ©ration.
On commence Ă voir, dans les derniers passages Ă©tudiĂ©s, que lâordre dans lequel Wotan nomme les Ăsynjur nâest absolument pas alĂ©atoire.
Cet ordre suit la structure dâYggdrasil, et il a un sens.
Mais ce sens nâest pas de nous donner une carte des neuf mondes, ni dâexpliquer les runes associĂ©es Ă chaque sphĂšre de maniĂšre didactique. Ce nâest pas une classification alphabĂ©tique ou une prĂ©sentation des mondes.
Câest lâinverse.
Il sâagit dâĂsynjur, donc de figures fĂ©minines.
Et la femme, dans la vision nordique traditionnelle profonde, est la connexion au divin.
On ne le dira jamais assez : la femme nâest ni une domestique, ni un simple objet de plaisir.
Ce nâest ni Sigyn ni Angrboða.
Câest exactement comme ça que Loki (et tout ce qui relĂšve de Muspelheim, des influences Ă©trangĂšres, des religions importĂ©es) voit la femme : soit domestique, soit instrument de plaisir.
Pour eux, lâidĂ©al fĂ©minin, câest les deux Ă la fois.
LâEdda dit non.
TrĂšs clairement : ta femme, câest ta connexion au divin.
Câest pour ça quâil y a souvent⊠beaucoup de tensions, beaucoup de disputes dans un couple.
Sâajuster Ă sa femme, câest difficile.
Pourquoi ? Parce que la relation Ă sa femme, câest la relation au divin lui-mĂȘme.
Câest littĂ©ralement ce que tu es venu faire ici-bas. Et dans lâintimitĂ© sexuelle, dans le cadre sacrĂ© du seiðr, lâunion physique devient un acte religieux, un acte magique, un acte thĂ©urgique.
La question centrale, toujours la mĂȘme, revient sans cesse :
jusquâoĂč fais-tu descendre la lumiĂšre dans la quotidiennetĂ© la plus concrĂšte ?
JusquâoĂč fais-tu descendre Berkano (la poitrine fĂ©minine, la fĂ©conditĂ©, la vie) dans la « mine des nains », câest-Ă -dire dans la matiĂšre la plus dense ?
Un couple qui avait des difficultés nous disait un jour :
« Dans lâintimitĂ©, tout va trĂšs bien. Mais dĂšs quâon parle factures, Ă©cole des enfants, courses, impĂŽts⊠câest le carnage immĂ©diat. »
Câest exactement ça.
Dans le cadre sacrĂ© de lâĂ©treinte, on est dans le seiðr, dans une praxis magique, dans lâĆuvre divine : faire passer une Ăąme Ă travers Othala, depuis les dimensions supra-sensibles jusque dans ce monde.
Câest thĂ©urgique.
Mais dĂšs quâon sort du rituel et quâon rentre dans le profane, dans le quotidien, on voit trĂšs vite que lâajustement nâest pas fait.
Et câest tout le travail.
Si votre vie de couple est un long fleuve tranquille permanent, câest quâil y a un problĂšme quelque part : soit de partenaire, soit de façon de faire les choses.
On lâa trĂšs bien vu avec GrĂðr, lâĂ©pouse de Wotan.
Elle est réputée terriblement difficile à vivre.
Et câest justement parce que lâajustement avec elle demande un travail colossal quâil en naĂźt VĂðarr.
VĂðarr, celui qui succĂšde Ă Wotan, qui tue Fenrir, qui permet la rĂ©paration du monde, le retour de Baldr, la fin du chaos.
Tout ça parce que Wotan sâest efforcĂ© de sâajuster Ă GrĂðr.
Donc oui : la femme est la connexion.
Et par voie de consĂ©quence, lâinitiatrice.
Câest pourquoi nos anciens, en lisant ce chapitre 35, ont dĂ©duit que, aprĂšs avoir expliquĂ© (via la ligature de Fenrir) le processus de lâĂ©veil spirituel, Wotan nous montre maintenant le parcours initiatique complet, grade1 par grade, avec les Ă©preuves correspondantes.
Dans le chapitre, l’Ă©numĂ©ration commence en haut, au niveau 1, câest-Ă -dire au but ultime Ă atteindre : Frigg.
Câest elle qui est la plus difficile Ă rejoindre.
Ensuite, on descend degrĂ© par degrĂ©. Ă chaque Ăsynja correspond un grade initiatique, une Ă©tape prĂ©cise Ă franchir sur le chemin.
Et ce chemin, câest le chemin de Hagall Hreinn2, autrement dit le chemin de lâinitiation chamanique, magique, gothique.
Câest important de bien intĂ©grer cela aujourdâhui : le chemin se fait dans lâautre sens.
On commence en bas, dans Erda (la matiĂšre primordiale), et on doit monter jusquâĂ Gar (le sommet).
Chaque Ăsynja citĂ©e correspond aux tĂąches prĂ©cises que le goði ou la gyðja doit accomplir quand il/elle arrive Ă cette Ă©tape-lĂ .
On arrive aujourdâhui Ă la septiĂšme : la sphĂšre de Yr. ParticularitĂ© de Yr : elle fait partie des sphĂšres dites « infĂ©rieures », mais elle est dĂ©calĂ©e sur le cĂŽtĂ©, pas centrĂ©e sur le pilier central.
(Et Cweorth non plus nâest pas au centre.)
à partir de maintenant, on entre dans les trois sphÚres inférieures (7, 8 et 9).
Yr est complĂštement partie sur la gauche (si on regarde lâarbre de face, elle apparaĂźt Ă droite sur le schĂ©ma, mais traditionnellement on dit : dĂ©viation vers la gauche, voie de la main gauche). Câest prĂ©cisĂ©ment pour cette raison que SjÇ«fn est la grande, trĂšs grande spĂ©cialiste de lâĂ©rotisme sacrĂ© et du seiðr.
Elle en est la maĂźtresse absolue.
Wotan la place donc au septiÚme rang, ce qui indique exactement ce que doit travailler le goði ou la gyðja quand il atteint ce niveau.
Le texte dit :
« Elle prend grand soin dâorienter vers lâamour les pensĂ©es des humains » (hommes et femmes, postulants comme profanes).
Câest dâaprĂšs son nom quâon appelle lâaffection amoureuse sjafni. Dans le langage courant, SjÇ«fn est celle qui met du piquant, du dĂ©sir amoureux.
En français on dirait : câest piquant. Yr a un double sens : Ă la fois lâarc, et la dorure (la fine couche dâor qui recouvre et embellit les imperfections).
Câest lâarc de lâamour qui te frappe sans crier gare : tu vois une dĂ©marche, une ondulation⊠et soudain, coup de foudre.
Câest SjÇ«fn.
LâĂ©rotisme est sacrĂ©.
SjÇ«fn est une Ăsynja.
Ce nâest pas nâimporte quoi.
Câest absolument, absolument sacrĂ©.
Câest pourquoi Wotan insiste sans relĂąche dans ses prĂ©ceptes : cette impulsion ne doit jamais ĂȘtre rĂ©primĂ©e de force.
Elle a Ă©tĂ© placĂ©e par le divin lui-mĂȘme ; elle est incompressible et elle dure trĂšs longtemps dans la vie.
LâĂȘtre humain reste sous le soin de SjÇ«fn jusque trĂšs tard dans lâexistence, parce que câest par lĂ que se perpĂ©tue lâexistence dâun peuple et lâavenir de ses enfants. Et ce sont les quatorze mots.
Câest vital.
Mais attention : SjÇ«fn est une Ăsynja.
DĂšs que lâon prend sa force et quâon la dĂ©sacralise, quâon la rabaisse au niveau profane, on tombe dans la pornographie.
Wotan explique trĂšs clairement la limite entre les deux.
DĂ©sacraliser la formule dâune Ăsynja est extrĂȘmement grave.
Puisquâelle est sur le pilier gauche, dĂ©vier trop vers Yr comporte un danger : on se retrouve alors « sous la douche de Gebo » (le sentier 24, sentier de la corruption, de la putrĂ©faction).
Si on reste trop longtemps exclusivement dans cette énergie, sans réajustement, on finit par baigner dans la décadence, la débauche, la tristesse, des comportements autodestructeurs.
Les grands « Ă©rotomanes » extrĂȘmes finissent parfois, hĂ©las, par des tentations suicidaires.
Ce nâest pas une question de morale violĂ©e.
Câest simplement quâils sont totalement dĂ©portĂ©s sur la gauche, noyĂ©s en permanence sous la rune Gebo, sous la formule du scorpion.
DâoĂč ce cĂŽtĂ© autodestructeur et dĂ©cadent (au sens littĂ©ral : qui entre en destruction) quâon observe souvent chez ceux qui se perdent trop par lĂ .
Ă lâinverse, ceux qui dĂ©rivent trop vers la droite (rigueur, ascĂšse, raideur) reçoivent la « vengeance » de SjÇ«fn⊠et elle peut ĂȘtre terrible aussi.
Câest un point majeur du chapitre.
Dans le parcours initiatique, on fait volontairement des pas de cÎté.
Quand on atteint le huitiĂšme rang (Aesc), on se dĂ©cale spirituellement et magiquement vers la droite, vers la rigueur extrĂȘme.
Pour conserver son Ă©quilibre, il faut absolument se rĂ©ajuster vers la gauche, câest-Ă -dire vers Yr/SjÇ«fn.
Exemple concret dans la vie ordinaire : quelquâun fait une grande nuit de dĂ©bauche, une orgie libertine.
Il dévie momentanément à gauche.
Le lendemain, gueule de bois, dispute conjugale, découvert bancaire⊠tout ça va lui ramener la rigueur nécessaire pour revenir vers Aesc.
Mais dans le chemin initiatique, le décalage est volontaire.
Donc il faut rĂ©ajuster consciemment de lâautre cĂŽtĂ©.
Câest pourquoi le goði du huitiĂšme rang, qui passe sa vie Ă Ă©tudier les runes (premier vrai pas vers la droite), doit systĂ©matiquement allumer une bougie pour SjÇ«fn avant chaque session dâĂ©tude.
Toujours.
Câest la condition pour se rééquilibrer et revenir au centre.
Câest du chamanisme trĂšs pur.
SjÇ«fn nâest absolument pas une entitĂ© qui cherche Ă faire tomber les gens.
Ce nâest ni une sirĂšne, ni une Ariana, ni une Lorelei, ni une tentatrice dĂ©moniaque.
Pas du tout.
Le principe pornographique, lui, consiste Ă utiliser cette Ă©nergie pour faire chuter, pour souiller lâĂąme par une attraction corruptible, matĂ©rielle, liĂ©e Ă Erda.
SjÇ«fn, elle, agit dans lâautre sens.
Son grand soin, câest dâorienter vers lâamour les pensĂ©es de ceux qui sont partis trop loin dans la rigueur (le huitiĂšme rang, Aesc).
Elle les ramĂšne au centre en remplaçant les pensĂ©es de guerre et de sĂ©vĂ©ritĂ© par des pensĂ©es dâamour.
Et câest Ă ce niveau prĂ©cis (7e rang) quâon Ă©tudie en profondeur le seiðr.
Câest aussi lĂ quâon commence Ă sâattacher Ă un Aesir particulier par la dĂ©votion amoureuse.
Les vraies grandes épreuves, les épreuves chamaniques trÚs dures, arrivent exactement à ce moment-là .
Et la seule façon de les traverser ? Lâamour.
Jamais la rigueur seule.
Lâamour pour ce que lâon fait.
Lâamour soumis Ă la volontĂ©. Comme le dit la formule cĂ©lĂšbre en magie : « Love is the law, love under will ». Celui qui pense franchir les grandes Ă©preuves chamaniques par la seule discipline rigide finit toujours par se faire briser.
Câest inĂ©vitable.
On ne les surmonte que par lâamour.
Câest vrai dans lâinitiation comme dans toutes les Ă©preuves de la vie.
Regardez un amoureux transi : sa bien-aimée lui fait vivre chaud et froid, rebuffades, caprices⊠il supporte tout.
Il traverserait la France Ă pied pour la rejoindre.
Il se lÚve le matin en volant littéralement.
Sans amour, se lever est déjà presque impossible.
Câest exactement le principe du septiĂšme rang.
LâĂ©nergie amoureuse, quand elle est appliquĂ©e magiquement via le seiðr, montre quâelle peut tout : reformater, envoĂ»ter, dĂ©placer des montagnes.
Elle agit au niveau du cĆur, au niveau rouge.
Sous lâimpulsion de SjÇ«fn, quand une femme vous fait tourner la tĂȘte, de quoi ĂȘtes-vous capable ?
Dâexploits extraordinaires.
Vous brisez toutes vos restrictions antérieures.
Et si vous apprenez Ă canaliser cette force avec soin, Ă lâorienter vers un but⊠alors vraiment, tout devient possible.
Câest ça, lâarc de Yr.
Câest ça que SjÇ«fn vous enseigne : comment gĂ©rer, diriger cette puissance immense.
Elle nâest pas lĂ pour vous faire tomber.
Au contraire : elle vous montre comment transformer cette impulsion en moteur pour surmonter toutes les épreuves.
Par lâorientation de la pensĂ©e et lâamour soumis Ă la volontĂ©, plus rien nâest insurmontable.
Câest la magie mĂȘme.
Câest le divin qui agit Ă travers cette impulsion pour perpĂ©tuer la vie.
Câest lâĂ©nergie primordiale, canalisĂ©e, non gaspillĂ©e, orientĂ©e vers la prĂ©servation du peuple et de lâavenir de ses enfants.
Câest toute la formule du septiĂšme rang.
Alu.
Bonne semaine Ă tous,
que lâamour, la joie et les belles surprises vous accompagnent abondamment.
Plein dâamour, vraiment plein.
De lâamour Ă ne plus savoir quâen faire!
- Voici les neuf rangs de l’initiation godique tels que dĂ©finis par leurs hiĂ©ronymes (noms magiques) :
9e rang : Her-Gauts (Goði des ArmĂ©es / MaĂźtre-StratĂšge). C’est le premier grade de l’Ordre ExtĂ©rieur oĂč le « mal » profane est transmutĂ© en stratĂ©gie.
8e rang : Elgr (L’Ălan). Ce rang correspond Ă l’initiation Hagall Hreinn (la « Voie du CervidĂ© sous la GrĂȘle »). L’initiĂ© y reçoit le secret des runes et l’Ă©tude des sentiers d’Yggdrasil.
7e rang : Byleigr (Le regard vacillant). Ă ce niveau, l’adepte devient un Hugsuður (Penseur/MĂ©ditant). Il affronte les Ă©preuves du Seiðr (magie sexuelle et sensorielle) qui font vaciller sa perception.
6e rang : Gauta Spjalli (L’ami des Goðar). Ce grade sert de charniĂšre entre l’Ordre ExtĂ©rieur et l’Ordre IntĂ©rieur.
5e rang : Vagna RĂșni (Celui qui dĂ©place les constellations). L’initiĂ© commence Ă mettre en Ćuvre les pouvoirs opĂ©ratifs pour modifier le monde phĂ©nomĂ©nal.
4e rang : Sigrhofundr (Le chef victorieux). Il reprĂ©sente l’autoritĂ© suprĂȘme sur les ordres infĂ©rieurs et le sommet de l’accomplissement personnel avant la transition vers l’AbĂźme.
3e rang : Goðjaðar (Divin Seigneur). Ce rang marque l’entrĂ©e dans l’Ordre des MaĂźtres aprĂšs la traversĂ©e de l’AbĂźme.
2e rang : Mims Vinr (Ami de MĂmir). L’initiĂ© devient Mage et ProphĂšte, canalisant la sagesse de la Source de MĂmir pour le monde.
1er rang : Ulfs of BĂĄgi (L’Ennemi du Loup). Ce rang suprĂȘme intĂšgre la formule secrĂšte destinĂ©e Ă repousser le Ragnarök et la tyrannie de Fenrir. â©ïž - Le concept de Hagall Hreinn, que l’on traduit littĂ©ralement par la « Voie du CervidĂ© sous la GrĂȘle », occupe une place centrale et mystĂ©rieuse dans la tradition initiatique du Nord. Il ne s’agit pas simplement d’une doctrine, mais de la filiation sacerdotale ininterrompue des chamanes et des maĂźtres du Nord depuis l’Origine.
Voici un développement complet sur cette voie sacrée, structuré selon les enseignements des sources :
1. Une filiation primordiale et sacrée
Hagall Hreinn dĂ©signe la chaĂźne initiatique authentique qui permet de relier le prĂ©sent aux temps les plus anciens. Cette voie remonte aux gĂ©ants primordiaux qui avaient un accĂšs direct Ă la Source de MĂmir (MĂmisbrunnr), le rĂ©servoir de la sagesse, de l’intelligence et des secrets de l’univers. Suivre cette voie, c’est s’assurer que son savoir ne provient pas d’une simple curiositĂ© intellectuelle ou de sources profanes, mais d’une transmission dont la racine plonge dans la source divine elle-mĂȘme.
2. Le HuitiĂšme Rang de l’Initiation
Dans l’architecture des grades godiques (ou « gothiques »), Hagall Hreinn correspond au huitiĂšme rang, associĂ© au hiĂ©ronyme Elgr (l’Ălan). Câest Ă cette Ă©tape prĂ©cise que le secret des runes et l’Ă©tude approfondie des sentiers de l’Arbre-Monde, Yggdrasil, sont remis Ă l’adepte. L’initiĂ© est alors comparĂ© aux cerfs du GrĂmnismĂĄl qui se nourrissent continuellement des feuilles de l’Arbre-Monde pour maintenir l’Ă©quilibre cosmique.
3. Le symbolisme du « Feu sous la Glace »
La « Voie du CervidĂ© sous la GrĂȘle » utilise une mĂ©taphore pour dĂ©crire le travail de l’Ăąme :
âą La Glace (Iss) : Elle reprĂ©sente l’exĂ©gĂšse rigoureuse, la structure et la base solide sur laquelle le hĂ©ros peut courir malgrĂ© la rigueur du monde phĂ©nomĂ©nal.
âą La GrĂȘle (Hagall) : Elle symbolise les perturbations nĂ©cessaires et les crises radicales (rune Hagalaz) qui dĂ©truisent les formes obsolĂštes pour libĂ©rer le germe du renouveau futur.
âą Le Feu (Hyrr) : Câest le sens magique, occulte ou mystique que l’initiĂ© doit faire jaillir Ă travers la glace de la forme pour atteindre la vĂ©ritĂ©.
4. Les quatre états de conscience
La strophe 33 du GrĂmnismĂĄl Ă©numĂšre quatre cerfs â DĂĄinn, Dvalinn, Duneyrr et DuraĂŸrĂłr â qui broutent les rameaux d’Yggdrasil. Dans la perspective de Hagall Hreinn, ces figures incarnent les Ă©tapes de la conscience que l’initiĂ© doit maĂźtriser :
âą DĂĄinn (Mort) : La fin d’un cycle et la renaissance spirituelle.
âą Dvalinn (Dormeur) : L’Ă©tat de potentiel latent en attente d’Ă©veil.
âą Duneyrr (Son de l’oreille) : La rĂ©sonance avec les rythmes de l’univers.
âą DuraĂŸrĂłr (Porteur de torpeur) : L’inertie ou la rĂ©sistance au changement qu’il faut surmonter.
5. Une voie de réconciliation
Enfin, Hagall Hreinn est une voie de synthĂšse entre les forces. Elle exige de l’adepte qu’il soit « Wotan en esprit » (quĂȘte de connaissance), « Thor en parole » (noblesse et droiture) et « Frey en action » (fĂ©conditĂ© et bienveillance). Elle apprend Ă l’initiĂ© Ă ne plus ĂȘtre un simple spectateur du destin (Wyrd), mais un maillon actif de la chaĂźne ancestrale, capable de « dĂ©placer les constellations » par la force de sa volontĂ© Ă©duquĂ©e aux Choses Anciennes.
Analogie finale : L’initiĂ© suivant Hagall Hreinn est comme un voyageur viking naviguant dans le brouillard. Il utilise la « pierre de soleil » (la cordiĂ©rite, symbole de la sagesse des anciens) pour localiser la lumiĂšre lĂ oĂč d’autres ne voient que les tĂ©nĂšbres, transformant ainsi chaque Ă©preuve de grĂȘle en un appui solide pour son ascension vers le Valhalla. â©ïž
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