Que faire si l’on doit s’asseoir à table et dîner avec quelqu’un appartenant à un courant spirituel néfaste?

Une question très pertinente, purement liée à la Siðvenja, a été posée : que faire si l’on doit s’asseoir à table et dîner avec quelqu’un appartenant à un courant spirituel néfaste, un courant étranger considéré comme toxique ? C’est une question de Ráðumk, un principe sacré : on n’a pas le droit de partager la table, le boire et le manger avec des personnes appartenant à des religions activement néfastes, pas seulement sur un plan culturel, mais sur un plan spirituel actif.

D’abord, expliquons ce qu’est un mauvais égrégore ou plutôt l’eau stagnante. Une religion, c’est Ul, la rune Ul, l’emballage de la magie, associée à l’élément eau. L’eau descend du glacier au sommet de la montagne, formant des sources, puis des ruisseaux, des fleuves, jusqu’à se jeter dans la mer. La mer, c’est l’existence horizontale, incarnée, quotidienne, le domaine de Njörð, où Skadi, l’âme descendant de la montagne, vient vivre dans un lieu bruyant, soumis à l’air, le véhicule du son. Njörð régit les affaires maritimes, l’expédition viking qu’est notre incarnation ici-bas, les vagues constantes du quotidien, une eau salée qui ne désaltère pas. C’est la vie à plat, le domaine de Jörmungandr, une horizontalité complète.

Pour boire, il faut une eau pure, proche de la source, encore douce, pas encore mêlée à la mer. Les divers ruisseaux issus du glacier, lui-même issu de la rune Isa (la glace primordiale), représentent les religions du monde. Toutes procèdent d’Asgard, dont Buri est l’origine. Mais certaines religions, fondées par ceux qui ont attrapé des gouttes d’hydromel recrachées par Wotan lors du vol de l’hydromel poétique, en dehors des remparts d’Asgard, sont des versions dégradées de la doctrine pure. Ces fondateurs, enivrés par une inspiration imparfaite, ont créé des courants religieux déconnectés. Lorsqu’un de ces courants s’éloigne trop de la source, il devient une eau stagnante, une religion néfaste, empoisonnée. Boire cette eau, c’est s’exposer à des maladies spirituelles, à des microbes, à des moustiques qui pompent ton sang – une analogie pour ces religions mortes, coupées de la pure doctrine des glaces et du nord.

Traditionnellement, trois types de religions néfastes sont à éviter, où l’on ne doit pas partager nourriture et boisson :

Les religions arbitraires, totalement déconnectées de la source, créées dans des buts politiques ou autres, sans lien avec le glacier. Ce sont des eaux stagnantes par essence, des semblants de religion. Il ne faut absolument pas s’en abreuver.
Les religions fondées sur une inspiration authentique, où le fondateur a bu l’hydromel poétique, mais où les peuples l’ayant reçue, au niveau du plan rouge (social), l’ont interprété à leur faible niveau d’intelligence, souvent dans un contexte skraeling. Cela donne un résultat putride, monstrueux, déformé.
Les religions correctes à l’origine, bien conçues et adaptées au plan noir (matériel), mais qui, dans leur pratique quotidienne et leurs rites, se sont déconnectées de la source. La doctrine initiale reste pure, et on peut la retrouver en s’y replongeant, mais la mise en œuvre est complètement dévoyée.

Il y a six grandes religions considérées comme des eaux stagnantes, à éviter pour ne pas risquer une contamination spirituelle. Dans la première catégorie, le christianisme sous toutes ses formes est unanimement rejeté. Wodenson affirmait que, parmi les trois religions du Proche-Orient, seul le christianisme a été conçu dès l’origine comme une arme pour la tyrannie. Il le qualifie de « vrai meurtrier du peuple blanc », créé pour unifier races, nations et cultures dans l’empire cruel et dégénéré des Romains, avec pour but le génocide spirituel des peuples européens. C’est une non-religion, une arnaque adoptée par commodité, sans véritable foi. Les grands mystiques chrétiens, comme Nicolas de Flüe, ont eu des révélations, mais les ont exprimées à travers un prisme chrétien, sans que celles-ci soient réellement chrétiennes. Dès que la violence du christianisme relâche, des mouvements comme le catharisme ou des figures comme Jeanne d’Arc – une dise, une valkyrie, pas une chrétienne – émergent, car les âmes cherchent à se reconnecter à une source pure. Frédéric II d’Hohenstaufen, avec sa garde musulmane, méprisait le christianisme. C’est une religion de masse, attrayante pour les skraelingar de bas étage, mais hautement contagieuse et à bannir absolument.

Dans la seconde catégorie, on place l’islam. Le soufisme, influencé par l’Europe (notamment en Andalousie), est la seule partie quelque peu pure, mais l’islam en général est considéré comme adapté au « dernier rebut de l’humanité », les habitants du désert, selon leur faible quotient intellectuel. Cela a donné un courant monstrueux, sanguinaire, idolâtre, avec des pratiques comme le voile, sacrilège et tiers-mondiste.

Dans la troisième catégorie, quatre religions sont principalement listées, bien que l’ordre varie :

L’hindouisme, malgré ses bases spirituelles élaborées, est devenu une eau stagnante avec ses gourous mercenaires et ses pratiques déconnectées, comme les abonnements par carte bleue. Le brahmanisme est concerné, et le tantrisme est sujet à débat, mais globalement, l’hindouisme est rejeté.
Le Mitnagdim, une branche du judaïsme lituanien, souvent associée aux juifs d’Afrique du Nord, est considéré comme déconnecté.
Le bouddhisme, sous toutes ses formes, s’est éloigné de ses origines.
Le confucianisme, omniprésent chez les Chinois, rend difficile le partage de la table, bien que le taoïsme, techniquement, ne soit pas interdit.

Cela ne signifie pas qu’on ne peut jamais s’asseoir avec un skraeling. Par exemple, un roi, même d’un peuple skraeling (comme le roi du Swaziland ou d’Éthiopie), incarne une parcelle d’infini dans le fini, comme le soleil pour le monde ou le divin pour l’absolu. Une formule magique doit être prononcée en sa présence, et on peut dîner avec lui, comme avec l’empereur du Japon, sans problème. Mais épouser sa fille ? Impossible, car cela impliquerait une union trop profonde. Les Aesir qui refusent de tuer Fenrir, à Asgard, par peur de souillure rituelle par son sang illustrent ce souci de pureté. On peut déjeuner avec l’empereur du Japon, mais pas avec le Pape, car le christianisme est une non-religion, alors que l’empereur incarne un principe royal. Si l’on est forcé de s’asseoir avec quelqu’un d’un courant néfaste, il faut absolument éviter la communion du sel. On ne prend pas de sel, car cela symbolise un lien sacré. Si on n’est pas forcé, on ne s’assoit pas du tout – aucune impulsion personnelle ne doit y mener. Si une telle personne mange chez vous, cassez la vaisselle après son passage. Ce n’est pas une question de race ou de skraeling, mais de courant spirituel. Un Thule disait : « Un blanc non-wotaniste est comme un skraeling, mais celui-ci est réparable. »

En cas de doute, s’abstenir.

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