L’État (Fenrir), fossoyeur cynique des autochtones : autopsie d’une trahison programmée

Du bouclier au scalpel, l’État retourne sa lame contre ses propres fondations.
L’État occidental, jadis architecte de la continuité et garant de la reconnaissance des siens, s’est mué en inquisiteur paranoïaque, traquant la moindre étincelle de résistance parmi ceux qu’il était censé protéger.
La mutation est totale : l’angoisse face à la dissolution culturelle n’est plus perçue comme un cri d’alarme légitime, mais comme un symptôme à éradiquer.
Désormais, l’État ne garantit plus la sécurité des autochtones : il les surveille, les fiche, les traite comme des bombes à retardement.
La doctrine britannique, notamment, ne fait plus dans la nuance : toute inquiétude pour la survie de la culture occidentale, toute réserve à l’égard de l’immigration de masse devient soupçon de terrorisme, motif de surveillance, voire d’assignation à un dispositif antiterroriste.
L’autochtone inquiet se retrouve sur la même liste noire que le djihadiste.
Le programme Prevent, bras armé de la « déradicalisation », n’en cache même plus la logique : le « nationalisme culturel » — c’est-à-dire le simple souhait que son peuple ne disparaisse pas — est classé comme une pathologie dangereuse.
L’État ne protège plus : il criminalise la loyauté, médicalise la peur, pathologise la volonté de distinction.
Quiconque ose exprimer son inquiétude publiquement — écrivain, chercheur ou simple citoyen — se voit étiqueté : extrémiste, suspect, à rééduquer.
L’État n’écoute plus : il diagnostique et neutralise.
Les affects collectifs — colère, peur, désir de distinction — sont requalifiés en symptômes à traiter, à anesthésier.
La parole indigène, dès lors qu’elle refuse la dissolution, est effacée, désubjectivée, réduite à un bruit parasite à éliminer.
Le langage n’est plus un outil de débat, mais un projectile retourné contre celui qui l’émet :
toute mention de la menace migratoire devient signal d’alerte, prétexte à intervention, cible à neutraliser.
L’État orchestre une redistribution obscène du prestige :
la fidélité à sa communauté d’origine, jadis marque d’honneur, devient tare ;
la soumission à l’orthodoxie cosmopolite, la prosternation devant l’Autre, deviennent le nouveau passeport pour l’appartenance.
L’autochtone qui ose encore se distinguer, qui refuse la liquéfaction, est exclu : relégué, marginalisé, criminalisé.
L’État, loin de réparer, punit ; loin d’élever, écrase ; loin de protéger, expulse symboliquement.
Le mécanisme girardien est inversé :
ce n’est plus l’étranger qui cristallise la violence, mais l’autochtone récalcitrant, le dernier qui ose refuser sa propre disparition.
Désormais, il faut désirer sa propre extinction pour être jugé acceptable.
Toute résistance devient une maladie à éradiquer.
En criminalisant l’expression de l’attachement à la continuité,
l’État trahit sa mission fondamentale : il ne protège plus, il liquide.
Il devient l’agent de l’extinction des médiations,
le gestionnaire cynique de la relégation,
le redistributeur de capital symbolique au profit d’une nouvelle caste sacerdotale postnationale.
Les autochtones, contraints de financer leur propre effacement, voient leur désir de distinction retourné contre eux :
suspects, parias, ils errent dans la scène postcoloniale,
dépouillés de toute souveraineté symbolique,
condamnés à disparaître sous les applaudissements d’un État devenu leur pire ennemi.
Laisser un commentaire