
Eir de Lyfjaberg
Eir, troisième Ásynja, rayonne sur Yggdrasil en Lightalheim (Ljósálfheimr), sous l’égide de la rune Calc ( ᛣ « calice », symbole du réceptacle sacré et de la lumière structurante).
Elle incarne la compréhension guérissante, succédant à Frigg (Gotheim, souveraineté) et Saga (Vanaheim, mémoire gravée, rune Stan), et préparant Gefn (Manheim, bienveillance agissante).
Face à Fenrir, Eir restaure l’harmonie par la médecine sacrée.
Eir, médecine sacrée et lumière de Lightalheim
Eir, nommée troisième dans l’ordre des Ásynjur (Gylfaginning 35), est la « meilleure des médecins » (læknir beztr), elle est la « plus éminente des soigneuses, la plus haute des guérisseuses » , détentrice de l’art total de guérir. Dans le Fjölsvinnsmál (str. 36–38), Eir apparaît parmi les neuf suivantes de Menglöð, figures féminines de protection et de soin, où elle est décrite comme une force salvatrice, invoquée dans la détresse. Cette position, à la croisée de la lumière céleste et de l’action terrestre, fait d’elle une médiatrice entre les mondes divins et humains.
Sur Yggdrasil, il faut la situer au 2e royaume Lightalheim, le royaume des elfes lumineux (ljósálfar), ce monde opère sous la rune Calc, symbole du calice divin qui recueille la lumière de la compréhension. Sa médecine n’est pas seulement mécanique, mais spirituelle, naturelle et occulte : elle réaccorde l’âme au corps, rétablissant l’harmonie cosmique d’Othala (ᛟ, héritage ancestral).
Dans la poésie scaldique, Eir est souvent un kenning pour une femme noble ou idéalisée, comme dans Nidvers om Kormak og Steingerð (ca. 965), Kormáks saga (str. 6, 11), et les Lausavísur de Gunnlaugr ormstunga (ca. 1008), où elle est souvent blessée par la marchandisation. Par exemple, dans la Nidvers om Kormak og Steingerð (ca. 965 « vald-Eir gamans jalda »), elle désigne Steingerðr comme « Eir souveraine du plaisir », mêlant désir érotique et idéalisation mystique, tandis que dans la strophe 6 de la Kormáks saga (« Eir háþyrnis geira »), elle incarne une femme noble dans un contexte de rivalités entre royaumes. Dans les Lausavísur de Gunnlaugr ormstunga (ca. 1008 : « Gefin vas Eir til aura armdags en litfagra »), Eir représente Helga, vendue à Hrafn, soulignant l’amertume du poète face à cette aliénation. Dans la strophe 8 de la Gunnlaugs saga, « Eir ung vas gefin til aura » (« la jeune Eir fut donnée pour de l’or ») dépeint une femme sacrée, Helga, livrée à des transactions matérielles, reflétant la profanation du féminin divin.
Sages-femmes contre Big Pharma
Un conflit immémorial oppose la médecine d’Eir, portée par les sages-femmes, à l’ordre médical moderne, valet de Fenrir. Les sages-femmes, héritières d’Othala, pratiquaient une médecine naturelle, mêlant herbes, runes, et géographie sacrée. Leur savoir, ancré dans la tradition ancienne fut systématiquement éradiqué dès l’établissement de Jörmungandr sous sa forme mué du Vatican. Big Pharma, son avatar contemporain, privilégie les vaccins toxiques et les remèdes aliénants, brisant le lien sacré entre âme et corps, déséquilibrant celui-ci.
Jörmungandr et l’extermination des sages-femmes
L’extermination des sages-femmes, faussement appelée « chasse aux sorcières », débuta la consolidation du pouvoir pontifical par Pépin le Bref au VIIIe siècle par la promulgation de l’évêque de Rome au titre de Pape et l’usurpation du pouvoir par le maire du palais, en enfermant les fils de Wotan, les Mérovingien, la tête rasée dans des couvents. Ce ne fut pas une simple persécution, mais une entreprise économique visant à monopoliser le lucratif business des naissance et de la santé. Les bûchers, semblables aux roasts modernes où l’humiliation devint spectacle, réduisirent en cendres un savoir millénaire.
L’absence d’État et le principe d’Othala
Le problème central du monde contemporain n’est pas seulement politique : il est ontologique. Il réside dans l’étatisme — une forme d’organisation du pouvoir qui ne pouvait exister dans l’ordre wotaniste ancien. Dans le monde traditionnel germano-nordique, il n’existait pas d’État au sens strict : aucun pouvoir exécutif centralisé, aucune autorité bureaucratique abstraite. Le pouvoir était coutumier, partagé entre entre le roi et le Thing, l’assemblée des hommes libres, dans un équilibre perpétuellement maintenu, jamais concentré ni totalisé.
Ce système reposait entièrement sur le principe d’Othala (ᛟ) — l’héritage foncier, patrimonial, sacré. Tout pouvoir tirait sa légitimité non d’une institution séparée de la communauté, mais de la mémoire vivante du sang et de la terre. Il n’y avait pas d’État. Il n’y avait que des terres, des serments, et des usages.
C’est précisément cette absence d’État qui frappa lorsque les Francs envahirent la Gaule. Ils venaient d’un monde sans État eux aussi. Ils étaient païens, francs au sens ancien : libres et liés par serments. Mais à leur contact avec Rome, quelque chose s’est brisé. La logique impériale s’est insinuée, et le poison du centralisme a commencé à mordre. Car dans l’imaginaire wotaniste, l’État est représenté par Fenrir : une force essentielle élevé à d’Asgard, donc nécessaire à l’ordre du monde, mais dont la nature impose qu’elle soit enchaîné, sous peine de croître hors de mesure et de dévorer la communauté elle-même. Alors on lie Fenrir, quitte à y perdre la main.
L’histoire mérovingienne illustre cette tension. Mérovée, en stoppant Attila aux Champs Catalauniques, fonde la Francia — non pas un État, mais un espace coutumier reconnu. Toutefois, le Thing réaffirma sa primauté en déposant son fils, Childéric, manifestant ainsi que la royauté ne pouvait exister qu’en tant que délégation de la volonté collective. Plus tard, Clovis, fils de Childéric, en brisant le vase de Soissons, ne se contenta pas d’un acte symbolique : il fractura le pacte entre autorité royale et coutume vivante. Ouvrant la voie à une monarchie centralisatrice. Et cette tension — entre roi et Thing — ne cessera plus : elle culminera sous Louis XIV, avant d’être renversée par la Révolution.
Mais le véritable basculement survint lorsque Jörmungandr se mua en Vatican. Lorsque Pépin le Bref Pépin le Bref consolida le pouvoir pontifical, l’étatisme fit irruption dans l’histoire européenne sous une forme hybride : religieuse, administrative, inquisitoriale. Ce pouvoir, désormais centralisé et sacralisé, se veut total. Et il commence à exterminer.
Ce qui fut visé en priorité, ce sont les sages-femmes. Ces femmes n’étaient pas de simples accoucheuses. Elles étaient les gardiennes d’un savoir ancien, enraciné dans l’Edda, dans la mémoire des lignées, dans la médecine naturelle et occulte, dans les herbes, les runes, et les alignements sacrés. Elles étaient surtout les détentrices de la médecine d’Eir, non pas une médecine scientifique au sens moderne, mais la science du corps et des herbes, la connaissance du rythme des astres et du sang, la guérison par l’alignement entre l’âme et le monde.
La médecine d’Eir : Réaccorder l’âme et le corps
La maladie, selon Eir, est une dissonance entre l’âme et le corps, un désalignement d’Othala. Le remède repose sur une rune vivante : une plante cueillie sous un quartier lunaire précis, activée par Skírnir, le messager entre les mondes (Skírnismál). Cette médecine, décrite comme un « miracle » dans Fjölsvinnsmál, restaure le « ton fondamental de l’être ». Les Gothar utilisaient des tiges d’étain pour détecter les nœuds Hartmann, alignant les remèdes sur les points cardinaux et les runes.
Le simulacre de vie : Le projet de Fenrir
Fenrir impose un simulacre d’existence : une vie aliénée par le travail, la télévision, et la politique-spectacle. La médecine moderne, avatar de Helheim, remplace la guérison par des palliatifs toxiques. Dans Lausavísur de Gunnlaugr ormstunga (ca. 1008), « Eir vas gefin til aura », la femme sacrée est vendue, symbolisant la marchandisation de la santé et de l’âme.
La victoire d’Eir : Résilience face à Fenrir
Malgré la profanation du féminin sacré, Eir triomphe par sa résilience. Les jeunes femmes qui redeviennent sages-femmes rallument son feu, défiant Fenrir par la vie indomptable. Comme le souligne Sijmons (1906), Eir, bien que mineure, est essentielle dans le Fjölsvinnsmál, où elle incarne la guérison dans un contexte initiatique, face à la forteresse de flammes de Menglöð. Son lien avec Calc symbolise un réceptacle de lumière, restaurant l’harmonie, elle est la mise en pratique des souvenirs immergés des profondeurs de notre inconscient collectif par l’entremise de Saga.
Eir et l’histoire de la médecine nordique
Comme le souligne l’historiographie (Sturlunga saga), les femmes furent les premières praticiennes de la médecine nordique, incarnant le savoir d’Eir. La lignée des Seldöler, avec Hrafn Sveinbjörnsson, illustre une transition vers une médecine masculine, mais l’origine féminine reste prégnante (Cleasby-Vigfússon, 1874). La rémunération des soins, parfois en or, rappelle la marchandisation dénoncée dans les strophes scaldiques.
Conclusion
Eir, troisième Ásynja, incarne la médecine sacrée rétablissant l’harmonie d’Othala face aux dissonances de l’âme et du corps. À travers les strophes scaldiques, elle oscille entre déesse guérisseuse et kenning pour une femme idéalisée, profanée par la marchandisation, reflétant la chute du féminin divin. Son savoir, porté par les sages-femmes, s’enracine dans un monde wotaniste sans État, où le Thing et le droit coutumier d’Othala prévalaient. Pourtant, l’irruption de Jörmungandr, sous la forme du Vatican instauré par Pépin le Bref, brisa cet équilibre en exterminant les sages-femmes, gardiennes de la mémoire et de la santé. Cette offensive, prolongée par Fenrir via Big Pharma, transforma la médecine d’Eir en simulacre, substituant des palliatifs toxiques à la guérison spirituelle. Malgré cette profanation, Eir triomphe par la résilience des nouvelles sages-femmes, qui, en rallumant le feu de Calc, défient l’aliénation moderne et restaurent l’harmonie de la structure d’Yggdrasil. Ainsi, Eir, médiatrice entre l’âme et le corps, incarne une résistance intemporelle face à Fenrir Jörmungandr, un appel à retrouver la médecine vivante ancrée dans l’héritage ancestral.
On ne connaît pas le nom religieux exact d’Eir.
Si l’on souhaite l’invoquer lors d’une cérémonie sacrée, on la désigne sous le nom d’« Eir de Lyfjaberg ».
Que ses mérites nous protègent.
C’est cette appellation qui est utilisée dans les rituels d’invocation.
Ainsi, lorsqu’on effectue un bod pour un malade — ou dans tout rituel de soin — il est toujours bon, et juste, de solliciter la présence d’Eir.
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