
David Lane a dit : « Aujourd’hui, alors que les descendants du peuple du Nord, les enfants des Vikings, font face à leur extinction complotée par les Muspheleimers, il n’y a peut être rien de plus important que de considérer nos racines, et notre religion indigène. »
Notre peuple étant à quelques temps de disparaître, mon conseil odiniste, quel que soit votre âge, est de vous plonger, toute affaire cessante, dans la sagesse de nos Pères, dans les mythes qui fondèrent ce peuple. Il est sain, lorsque tout s’achève, de rappeler le Commencement.
L’idée n’est pas d’aborder le mythe en universitaire boutonneux, ni en médecin légiste, mais de s’accorder, à travers lui, à la « vague de vie qui provient des dieux », à l’âme aryenne primordiale.
Voulez-vous savoir comment l’on procède ? – Lorsqu’un Goði commente un mythe, il a généralement recours à une méthode appelée Otswal, ou « système du feu sous la glace », qui est bien l’exercice le plus fascinant du monde.
(…)
(suite)
Le vieux mot germanique Otswal signifie « Autorité Divine ». Celui qui observe les règles de l’Otswal peut se prévaloir d’Autorité dans l’étude. Ces règles sont invariablement enseignées au moyen du conte suivant :
Il y avait, aux âges hyperboréens, trois jeunes et belles princesses de Thulé, prénommées Ottilia, Sunniva et Alfhilde. Ces nobles jeunes filles, qui étaient sœurs, aimaient à se réunir pour parler des Choses Anciennes.
Ottilia était la plus jeune et la plus sensuelle des trois. Elle avait les cheveux noirs comme l’aile du corbeau, « le calme de la tombe et la fièvre des nuits d’été ». Elle parlait toujours la première, et racontait un Mythe.
Sunniva, la cadette, rousse flamboyante, était la plus cultivée, la plus perspicace, et la plus bavarde. Elle analysait, un à un, les symboles contenus dans ce Mythe.
Alfhilde était une blonde radieuse. C’était aussi la plus sage des trois sœurs. Elle avait, comme toutes les blondes, un tempérament « de feu sous la glace » – et, de fait, achevait le débat par un discours en deux temps : une partie « de glace » (Iss), où elle énonçait froidement ce que les Anciens avaient dit du sujet en question – et une partie « de feu » (Hyrr), où elle décodait, à mi-voix, le sens occulte, le secret magique caché dans le récit…
Donc, techniquement : « faire Ottilia », c’est dire le mythe ainsi qu’on doit le raconter à un enfant – ou encore : de façon directe, prosaïque, comme un point d’histoire ou un fait divers. Sunniva, c’est ajouter du sens, découvrir non plus ce que dit le mythe, mais ce qu’il veut dire. Alfhilde, c’est se plonger dans les Enseignements qui nous ont précédés, pour faire jaillir l’arcane secret – de même que l’arbre plonge ses racines dans les profondeurs souterraines pour pouvoir élever ses branches vers le ciel.
Notez bien qu’il n’y a Otswal, Autorité Divine, que si les trois parties s’enchaînent, si elles sont consécutives, connectées. Cela nous est indiqué par le mot Otswal lui-même, cabalistiquement formé des premières syllabes de chacun des trois prénoms (Ot, Su, Al). Notez aussi que les trois sœurs ont toutes le même rang – la société de nos Pères n’admettant pas de droit d’aînesse – ce qui est une façon de dire que leurs discours sont, à leurs plans respectifs, tout aussi vrais, aussi justes, aussi corrects les uns que les autres, même lorsqu’ils semblent se contredire.
En résumé, il s’agit d’être successivement un enfant, un philosophe, un fondamentaliste et un mage…
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