Ostara

La fĂȘte d’Ostara, ancrĂ©e dans les traditions paĂŻennes europĂ©ennes, cĂ©lĂšbre l’Ă©quinoxe de printemps, marquant un Ă©quilibre parfait entre jour et nuit autour du 21 mars. À ce moment, le soleil franchit l’Ă©quateur cĂ©leste vers le nord, annonçant des jours plus longs dans l’hĂ©misphĂšre nord et coĂŻncidant avec le rĂ©veil de la nature : Ă©panouissement des bourgeons, renouvellement de la faune, et Ă©closion des jeunes pousses, symboles de la vie renaissante et de l’ascension de la lumiĂšre.

Ostara nous encourage Ă  accueillir les cycles de mort et de renaissance prĂ©sents dans la nature et notre vie. C’est le temps idĂ©al pour semer les graines de l’avenir, nettoyer et prĂ©parer le terrain pour une nouvelle croissance, marquant ainsi le dĂ©but de la pĂ©riode des semis et se prĂȘtant bien aux feux de joie. La cĂ©lĂ©bration de la dĂ©esse de l’aube renforce notre lien avec les cycles naturels, soulignant notre quĂȘte d’un renouveau constant et est essentiel pour le renouvellement de nos rĂ©cipients de lumiĂšres.

Symbolisant la fertilitĂ©, la rĂ©gĂ©nĂ©ration et l’amorce de la pĂ©riode de reproduction animale, Ostara est une invitation Ă  explorer l’abondance de possibilitĂ©s, Ă  Ă©tablir de nouvelles ambitions, Ă  se lancer dans des initiatives inĂ©dites et Ă  adopter le changement dans un esprit de bienveillance.

Ostara, Ă©tant Ă©troitement liĂ©e Ă  la naissance, et en superposant la roue du temps sur celle de la vie, elle prĂ©figure l’arrivĂ©e de la saison sainte durant laquelle il sera nĂ©cessaire d’Ă©vacuer l’excĂšs d’Ă©nergie.

Yule, la conception
Imbolc, les premiers battements de cƓur dans le ventre maternel
Ostara, la naissance
La saison sainte, reprĂ©sentant l’adolescence
Beltaine, l’Ăąge de 22 ans
Litha, le plein épanouissement à 33 ans
Lugnasad, la maturité à 44 ans
Mabon, la réflexion à 55 ans
Samhain, le statut d’ancien Ă  66 ans


Ostara et ses noms

Ostara traverse les cultures sous de nombreux visages et noms, tĂ©moignant de son importance universelle. Elle est connue en tant qu’Aurora ou Mater Matuta dans le monde latin, Eos pour les Grecs et Ushas en indo-aryen. Les traditions baltes la cĂ©lĂšbrent sous les appellations d’AushrinĂ©, Aushra ou Auseklis, tandis que dans le panthĂ©on germanique, elle est reconnue comme Aud ou Ostara. MĂȘme en ArmĂ©nie, elle est honorĂ©e sous le nom d’Astlik. Dans le cercle des divinitĂ©s celtiques, son essence se retrouve dans les figures de Brigid et Brigantia, et chez les Indo-Aryens, elle est connue sous le nom de Brhati.

Le mot « Ostara », est hĂ©ritĂ© du vieux haut-allemand, symbolisant l’aurore, Ă©cho de la racine proto-germanique « AustrΠ». Ce terme est issu de « Ost », qui signifie « est » en langue germanique, faisant rĂ©fĂ©rence Ă  l’orient, lĂ  oĂč le soleil fait son apparition Ă  l’aube. Son pendant anglo-saxon, Eostre, traduit par aussi par « Est », souligne Ă©galement cette relation intime avec l’orientation du soleil levant. Ostara incarne donc non seulement un moment du jour, mais aussi une pĂ©riode de l’annĂ©e oĂč la nature se renouvelle.

La fĂȘte chrĂ©tienne de PĂąques s’est posĂ©e ensuite sur cette trĂšs ancienne fĂȘte paĂŻenne. Le mot qui dĂ©signe PĂąques, en allemand Ostern, vient de Ostara, et en anglais, Easter (PĂąques), vient de Eostre. Dans certaines rĂ©gions en Allemagne, ou encore en Alsace, on trouve encore Ă  PĂąques des coutumes particuliĂšres qui remontent Ă  cette fĂȘte: le feu de PĂąques « Osterfeuer », oĂč l’arbre de PĂąques, « Osterbaum », dĂ©corĂ© d’Ɠufs multicolores.

Ostara, Éostre, Oster, Eostra, et Eostur est intimement liĂ©e Ă  cette pĂ©riode sacrĂ©e de l’annĂ©e, c’est-Ă -dire ce que nous appelons la saison sainte. Le liĂšvre est son compagnon fidĂšle, et les Ɠufs, reprĂ©sentant la vie nouvelle et le renouveau, comptent parmi ses symboles. Elle est souvent reprĂ©sentĂ©e comme une jeune femme Ă©panouie, exsudant la joie et l’Ă©clat. DrapĂ©e de parures fleuries et verdoyantes, sa beautĂ© est sans Ă©gale parmi les divinitĂ©s nordiques. Elle est entourĂ©e d’animaux et de fĂ©es enchanteurs annonçant le retour attendu du printemps. De la mĂȘme maniĂšre que Frey d’Alfheim tisse des liens avec les fĂ©es et les elfes, Freyja, en incarnant Ostara, serait elle aussi un lien vers les fĂ©es et les elfes.

Ostara, Éostre, Oster, Eostra ou Eostur est reprĂ©sentĂ©e en jeune femme radieuse, parĂ©e de vĂȘtements ornĂ©s de fleurs et de verdure, elle incarne une beautĂ© inĂ©galĂ©e dans le panthĂ©on nordique. AccompagnĂ©e de crĂ©atures magiques et d’animaux, elle est le rĂ©veil printanier.

Néanmoins, cette apparence de délicatesse cache aussi une nature imprévisible. Ainsi que le printemps peut rapidement laisser place à des averses, son humeur enjouée peut soudainement se muer en sévérité.

Certains Ă©rudits suggĂšrent donc qu’Ostara pourrait ĂȘtre une manifestation de Freyja. D’autres la rapprochent d’Idunn, divinitĂ© nordique associĂ©e Ă  la jeunesse et Ă  la beautĂ©, et d’autre encore Ă  Nanna compagne de Baldr.


Ce que nous savons

Dans les traditions des anciens peuples germaniques, la dĂ©esse de la fertilitĂ© Ă©tait cĂ©lĂ©brĂ©e chaque annĂ©e durant le mois d’avril, pĂ©riode Ă  laquelle elle Ă©tait Ă©troitement liĂ©e.

Le 1er avril, qui est maintenant 12 jours aprĂšs l’Ă©quinoxe de printemps, Ă©tait traditionnellement dĂ©diĂ© Ă  cette cĂ©lĂ©bration. Cependant, les modifications apportĂ©es au calendrier julien ainsi que la rĂ©forme grĂ©gorienne lancĂ©e en 1582 par le pape GrĂ©goire XIII ont entraĂźnĂ© des variations dans la date de l’Ă©quinoxe. Cette rĂ©forme visait Ă  corriger les Ă©carts causĂ©s par la prĂ©cession de l’axe terrestre, ainsi, l’Ă©quinoxe de printemps, qui s’Ă©tait progressivement dĂ©placĂ© du 1er avril au 11 mars, a Ă©tĂ© dĂ©finitivement fixĂ© au 21 mars, tandis que le solstice d’hiver est passĂ© du 12 au 22 dĂ©cembre.

La suppression de dix jours en 1582, faisant succĂ©der le 15 octobre au 4 octobre, avait pour but d’aligner les dates clĂ©s des Ă©vĂ©nements astronomiques et religieux avec les observations de l’Ă©poque, en accord avec les cĂ©lĂ©brations Ă©tablies par les PĂšres de l’Église Ă  NicĂ©e…


D’autre part, les Externsteine, considĂ©rĂ©es comme un site sacrĂ©, auraient Ă©tĂ© utilisĂ©es pour des observations astronomiques depuis au moins quatre millĂ©naires. DĂšs la prĂ©histoire, ce lieu servait Ă  suivre le mouvement des astres, les Ă©clipses, ainsi que les solstices, une fonction attestĂ©e par ses configurations naturelles et amĂ©nagĂ©es.

Ce qui est souvent mĂ©connu, c’est l’existence d’un autre site sacrĂ© dĂ©diĂ© Ă  la lune, nommĂ© Oesterholz, situĂ© Ă  environ 4 km des Externsteine. Ce lieu pourrait ĂȘtre liĂ© au culte de la dĂ©esse du printemps Ostara/Eostre et considĂ©rĂ© comme le pendant lunaire des Externsteine, axĂ©s eux sur le soleil.


Les mois

Thorri (mi-janvier / mi-février)
Au sein du quatriĂšme mois hivernal, la tradition voulait que ce soit le temps dĂ©diĂ© Ă  l’homme. Il incombait Ă  la femme de veiller sur son Ă©poux durant cette pĂ©riode. Selon la tradition littĂ©raire islandaise, ce mois se rattache Ă  Thorri. Les rĂ©cits populaires dĂ©crivent comment les agriculteurs devaient fĂȘter l’arrivĂ©e de Thorri par des danses emplies de joie.

Góa (mi-février / mi-mars)
Les informations concernant ce mois sont rares. GĂła, considĂ©rĂ©e comme la progĂ©niture de Thorri dans les traditions islandaises, symbolise le mois dĂ©diĂ© Ă  la femme. Ainsi, le devoir revient aux hommes de s’occuper de leur Ă©pouse pendant cette pĂ©riode. Un Disablot en l’honneur des dises Ă©tait cĂ©lĂ©brĂ© durant ce mois qui correspond Ă  la pleine lune de fĂ©vrier

EinmĂĄnudur (mi-mars / mi-avril)
Le sixiĂšme et ultime mois de l’hiver porte le nom d’EinmĂĄnudur, se traduisant littĂ©ralement par « un mois ». Marquant l’arrivĂ©e de l’Ă©quinoxe de printemps le 21 mars, une tradition veut que l’on cĂ©lĂšbre la fertilitĂ© en restant nu aprĂšs cette date. Alors que Thorri Ă©tait consacrĂ© Ă  l’homme, EinmĂĄnudur est considĂ©rĂ© comme le mois du garçon.

Aussi, BĂšde le VĂ©nĂ©rable, un moine bĂ©nĂ©dictin du VIIIe siĂšcle, mentionne Éostre, dĂ©esse anglo-saxonne de l’aurore et de la fertilitĂ©, dans son Ɠuvre « De temporum ratione », soulignant l’extinction de son culte chez les Anglo-Saxons Ă  cette Ă©poque. Au-delĂ  de cette rĂ©fĂ©rence, peu d’informations subsistent sur cette divinitĂ©, bien que Jacob Grimm, en 1835, ait reliĂ© Éostre Ă  Ostara, l’équivalent en vieux haut allemand, dans sa « Deutsche Mythologie ».

Selon BĂšde, les anciens Anglais suivaient un calendrier lunaire, nommant le mois suivant l’Ă©quinoxe de printemps « Eostur-Monath », en l’honneur d’Éostre. Cette pĂ©riode coĂŻncidait avec les festivitĂ©s pascales, intĂ©grant ainsi les traditions liĂ©es Ă  cette dĂ©esse au cƓur de la cĂ©lĂ©bration.

MalgrĂ© une reconnaissance tardive, Éostre ou Ostara fait dĂ©sormais partie intĂ©grante du panthĂ©on nordique et germanique, mĂȘme si son existence a longtemps Ă©tĂ© dĂ©battue. C’est grĂące Ă  la transmission orale des mythes scandinaves, caractĂ©ristique de la culture nordique, que le culte d’Ostara a Ă©tĂ© perpĂ©tuĂ©, malgrĂ© l’absence de sources Ă©crites avant le XIIe siĂšcle.

Jacob Grimm, en analysant les traditions entourant Ostara dans sa « Deutsche Mythologie », a appuyĂ© la thĂšse de son importance dans la mythologie nordique. Ainsi, malgrĂ© le peu de rĂ©cits mythologiques la concernant, Ostara demeure une figure essentielle des croyances nordiques, symbole de l’aube, de la lumiĂšre de la vie et de la fertilitĂ©.

Quiconque vous dit qu’Eostre n’est pas une dĂ©esse germanique est dans l’erreur, et rejette totalement les preuves ainsi que la mythologie comparative. Non seulement il existe une dĂ©esse de l’aurore dans chaque autre religion indo-europĂ©enne, mais le fait qu’il y ait deux mois enregistrĂ©s par deux peuples germaniques diffĂ©rents qui rĂ©fĂ©rencent la dĂ©esse elle-mĂȘme : Ostermonat est le nom qui a survĂ©cu jusqu’au 18e siĂšcle en allemand. Ceci est critiquĂ© pour ĂȘtre un nom latin qui a Ă©tĂ© donnĂ© au mois aprĂšs que Charlemagne a tuĂ© ses parents. C’est un argument faible lorsque l’on considĂšre que les Anglo-Saxons avaient le mois ĒosturmƍnaĂŸ qui est un cognat direct. Les peuples germaniques nommaient rĂ©guliĂšrement leurs enfants d’aprĂšs des dieux ou des hĂ©ros. Eostre ne fait pas exception. Il existe divers noms germaniques continentaux qui la rĂ©fĂ©rencent tels que : Austrechild, Austrighysel, Austrovald, Ostrulf et bien d’autres.


Ce que nous savons vraiment

En fĂ©vrier, la fĂȘte d’Imbolc a Ă©tĂ© cĂ©lĂ©brĂ©e, correspondant au mois de Thorri selon les anciennes traditions nordiques et Ă  SolmƍnaĂŸ chez les Anglo-Saxons, Ă©poque associĂ©e Ă  la prĂ©paration de gĂąteaux. BĂšde le VĂ©nĂ©rable rapporte que Solmonath, dĂ©signant « le mois du Soleil », Ă©tait une pĂ©riode dĂ©diĂ©e Ă  la cuisson de gĂąteaux, une tradition qui s’est probablement perpĂ©tuĂ©e dans le christianisme avec les gĂąteaux des Ăąmes et les pains de PĂąques, et qui trouvait dĂ©jĂ  sa place dans d’autres pratiques paĂŻennes. Un exemple est le gĂąteau jaune cuit en l’honneur de Mater Matuta, la dĂ©esse romaine de l’aube, assimilable Ă  Ēostre dans le panthĂ©on germanique.

Le terme « SolmƍnaĂŸÂ Â» renvoie Ă©galement au renouveau de la dĂ©esse du soleil, Sunne en anglais et SĂłl en norrois, illustrant le concept d’allongement des jours, ce qui est Ă©voquĂ© par le mot vieil-anglais « Lencten » pour le CarĂȘme. Les gĂąteaux plats offerts par les Anglais paĂŻens Ă  leurs divinitĂ©s, notamment Ă  Sunne, ont Ă©voluĂ© en la tradition des crĂȘpes, marquant l’entrĂ©e en CarĂȘme et coĂŻncidant avec la Chandeleur. La pĂ©riode variable du CarĂȘme, dĂ©pendant du calcul de PĂąques basĂ© sur les cycles lunaires, peut tomber entre le 4 fĂ©vrier et le 10 mars. Cela peut potentiellement expliquer l’amalgame entre les deux fĂȘtes…

En ce qui concerne Ostara et les fĂȘte en gĂ©nĂ©rale.

La logique serait la suivante : la nuit prĂ©cĂ©dent l’Ă©vĂ©nement solaire (dans ce cas-ci l’Ă©quinoxe, mais Ă©galement pour les solstices), il y aurait une fĂȘte de cĂ©lĂ©brĂ© avec le faste habituel et ensuite, Ă  la pleine lune suivant la nouvelle lune aprĂšs l’Ă©quinoxe, le sacrifice serait cĂ©lĂ©brĂ© Ă  cette date. Ce qui, si nous ramenons le tout Ă  la roue de l’annĂ©e, correspondrait aux fĂȘtes du temps avec un Ă©vĂ©nement solaire suivi des fĂȘtes de mi-saisons…..


Ladybug

AprĂšs avoir fouillĂ© pour examiner l’Ă©tymologie de ce que nous appelons une coccinelle (“ladybug”, “ladybird”), il y a certaines choses intĂ©ressantes.

Tout d’abord, il convient d’analyser l’origine du nom « ladybird ».
Avec l’adoption du christianisme, le terme « lady » dans « ladybug », a commencĂ© Ă  faire rĂ©fĂ©rence Ă  la Vierge Marie, donnant naissance Ă  des appellations telles que « Les Poulettes de la Madone » en français et « Our Lady’s Little Hen » en anglais pour dĂ©signer les coccinelles. Mais pourquoi cette dĂ©nomination pour la coccinelle, un insecte natif d’Europe, en l’honneur d’une figure sacrĂ©e d’une religion abrahamique ? Plusieurs indices nous Ă©clairent sur les raisons de ce choix.

Au cours de la christianisation, de nombreux attributs des divinitĂ©s paĂŻennes europĂ©ennes ont Ă©tĂ© adaptĂ©s pour correspondre Ă  la vision abrahamique. Dans les contrĂ©es nordiques et germaniques, par exemple, les coccinelles Ă©taient dĂ©signĂ©es comme les Poules de Freyja (FreyjuhƓna). Il est intĂ©ressant de noter que ces insectes arborent souvent sept points noirs sur leur dos, un dĂ©tail qui les relie Ă  la constellation des PlĂ©iades. De maniĂšre surprenante, ce mĂȘme ensemble d’Ă©toiles est Ă©galement connu sous le nom de Poules de Freyja en vieux norrois (FreyjuhƓna).

Qu’est-ce qui rend les coccinelles si spĂ©ciales pour qu’elles soient nommĂ©es d’aprĂšs la dĂ©esse Freyja (ou celle que nous croyons ĂȘtre l’Ă©quivalent nordique d’Eostre/Ostara) et soient encore considĂ©rĂ©es comme un signe de bonne chance et d’amour aprĂšs la conversion ?

Les coccinelles sont des prĂ©dateurs naturels d’un groupe d’insectes appelĂ©s pucerons, qui sont dangereux pour les cultures agricoles. Nos ancĂȘtres ont dĂ» remarquer que lorsque les coccinelles Ă©taient plus nombreuses autour de leurs cultures, celles-ci Ă©taient Ă©galement en meilleure santĂ©.
Ce qui signifiait que le fermier et sa famille auraient plus de nourriture pour survivre. Les coccinelles se dĂ©placent Ă©galement du printemps Ă  l’automne, il est donc tout Ă  fait logique qu’elles soient nommĂ©es d’aprĂšs l’oiseau qui est sacrĂ© pour une dĂ©esse de l’aube. Les poules sont Ă©galement connues pour chanter le matin en conjonction avec d’autres animaux, comme une sorte de « rĂ©veil » naturel pour les familles.


Frówe est Éastre

Enfin, chaque annĂ©e la question de l’identitĂ© d’Easter suscite de nombreux dĂ©bats : certains la lient Ă  Nyht (NĂĄtt), d’autres Ă  Nóðe (Nanna) ; toutefois, malgrĂ© le fait que l’hypothĂšse de Nanna soit trĂšs intĂ©ressante, pour l’instant, Éostre semble la plus correspondre Ă  Freyja que toute autre dĂ©esse.

L’association des dĂ©esses germaniques Ă  l’Aurore reste une hypothĂšse, soutenue toutefois par plusieurs indices. Ces divinitĂ©s de l’Aurore partagent des attributs tels que l’or, les cheveux blonds, la lumiĂšre, les trĂ©sors et les larmes. Elles ont des liens de parentĂ© avec les Jumeaux (Nyord & FrĂ©a dans les lĂ©gendes nordiques). FrĂłwe (Freyja), en particulier, est souvent dĂ©crite comme ayant une vie amoureuse libre, et durant ÉostremonaĂŸ, les conventions sexuelles sont plus souples. Elle est aussi connue sous le nom de Mardöll, « Mer Brillante », Ă©voquant l’aurore sur la mer. Il est intĂ©ressant de noter que son collier, Bringsingamen, Ă©tait censĂ© reposer sous la mer.


Ce que m’a grand-mĂšre dit

Ma grand-mĂšre racontait qu’il y avait plusieurs traditions lors du printemps.

Il est dit que faire sonner les cloches annonce l’arrivĂ©e du printemps, et provoque l’éveil de la nature.
Qu’il faut prĂ©senter des offrandes Ă  Ostara : les fameux Ɠufs de PĂąques qui symbolisent la reproduction et la fertilitĂ©. Ils sont dĂ©diĂ©s Ă  la terre pour apporter la bĂ©nĂ©diction aux rĂ©coltes.
Il est aussi dit d’organiser le nettoyage du printemps, qui s’opĂšre tant sur le plan physique que spirituel. En effet, l’on dĂ©core les maisons des plus belles fleurs de saison pour chasser les mauvais esprits et les ondes nĂ©gatives comme Ă  Litha.
Pour finir, on rĂ©cite quelques textes antiques. Ces invocations bĂ©nissent les lieux, et purifient l’atmosphĂšre. Il faut les conter Ă  haute voix.
Il est racontĂ© qu’il faut organiser comme Ă  l’habitude un grand repas, on offre Ă  la dĂ©esse des lapins, son animal sacrĂ©, et on peint des Ɠufs dans diffĂ©rentes couleurs.


2024 – La Rove de Fortvne

Elle me racontait aussi, qu’Ă  l’aube de l’Ă©quinoxe de 2014, un nouveau cycle de 22 ans des cartes du tarot avait dĂ©butĂ©. « À minuit » me disait-elle, « s’amorce la Saison Sainte, nous entrons, Ă  l’Équinoxe, dans l’AnnĂ©e du Fou – l’An ZĂ©ro – et inaugurons le Cycle de l’HiĂ©rophante ! » Elle m’expliquait donc, qu’un nouveau cycle de 22 annĂ©es correspondant aux 22 arcanes majeures du tarot commençait et que nous Ă©tions Ă  ce 5e cycle.

Il est dit que durant la pĂ©riode de la Saison Sainte : il est interdit d’ĂȘtre triste ! Il est interdit d’ĂȘtre laid ! Il est interdit d’ĂȘtre vieux !

Que la Tradition de notre Peuple commande que nous multipliions les extravagances durant cette pĂ©riode : toute nĂ©vrose qui n’aura pas Ă©tĂ© Ă©vacuĂ©e durant la Saison Sainte reviendra se venger Ă  un autre moment de l’annĂ©e.

Et voici que l’Ă©quinoxe de 2024 inaugure l’annĂ©e de La Roue de la Fortune, marquant une dĂ©cennie depuis le dĂ©but du cycle de 22 ans. Cette pĂ©riode sera caractĂ©risĂ©e par le changement, la fluiditĂ© du destin, incitant Ă  se prĂ©parer Ă  des bouleversements et Ă  saisir les opportunitĂ©s inattendues. En tant qu’annĂ©e pivot, 2024 promet d’ĂȘtre riche en Ă©vĂ©nements significatifs et en transitions majeures, dĂ©terminantes pour les annĂ©es Ă  venir du cycle.

Il faut se préparer à naviguer dans ce changement, car il est porteur de révolutions profondes, sculptant les bases sur lesquelles se construira notre devenir.

2024 se distingue par la possibilitĂ© de rĂ©inventions significatives, rappelant la nature transitoire et rĂ©currente de notre existence. Les symboliques d’Hermanubis, du Sphinx et du Typhon, chacun apportant sa propre leçon, nous enseigneront que l’Ă©volution est inhĂ©rente Ă  la vie.

Hermanubis, en tant que passeur d’Ăąmes, encourage une introspection pour harmoniser les diverses facettes de notre vie. Le Sphinx, symbole de quĂȘte de connaissance, nous incite Ă  questionner les mystĂšres de l’existence. Le Typhon, emblĂšme du chaos crĂ©ateur, nous pousse Ă  accepter les bouleversements comme des occasions de renouveau.

ReprĂ©sentant un appel au changement sous l’influence de Jupiter, 2024 s’annonce comme un moment propice aux transitions, Ă  l’accueil de l’imprĂ©vu et Ă  l’expression des rĂ©volutions personnelles et collectives, ouvrant la voie Ă  une croissance et un dĂ©veloppement sans Ă©gal.

L’Ă©clipse solaire du 8 avril intensifiera cette dynamique, servant de catalyseur pour ces transformations. Elle marque un point de dĂ©part vers des commencements nouveaux, nous conviant Ă  aligner nos intentions avec nos vĂ©ritables aspirations. Cette transition invite Ă  une rĂ©flexion profonde, Ă  clarifier nos objectifs et Ă  renouveler notre engagement envers notre parcours personnel.

En somme, 2024 est une exhortation Ă  embrasser avec courage et ouverture les flux de changement, Ă  accueillir avec confiance les transformations Ă  venir. C’est une pĂ©riode pour cĂ©lĂ©brer le cycle perpĂ©tuel de la vie, apprĂ©cier la beautĂ© de chaque mĂ©tamorphose et sculpter notre avenir avec imagination et dĂ©termination.

Alu


Commentaire – 2026

Beaucoup affirment que l’équinoxe ne correspond pas directement Ă  la fĂȘte d’Ostara.

Certains soutiennent que celle-ci devrait ĂȘtre cĂ©lĂ©brĂ©e Ă  la pleine lune suivant l’équinoxe. Cette hypothĂšse mĂ©rite d’ĂȘtre examinĂ©e, mais il serait sans doute plus cohĂ©rent d’appliquer un principe similaire Ă  celui observĂ© pour Yule.

En effet, Yule n’est pas strictement limitĂ© au solstice lui-mĂȘme : il se dĂ©ploie selon un cycle lunaire, souvent compris comme la pleine lune suivant la nouvelle lune aprĂšs le solstice.

Si l’on transpose cette logique Ă  Ostara, la fĂȘte ne serait donc pas l’équinoxe en tant que point fixe, mais la pleine lune suivant la nouvelle lune aprĂšs celui-ci.

Dans cette configuration, pour l’annĂ©e 2026, cela nous conduirait autour du 1er mai — ce qui correspond prĂ©cisĂ©ment Ă  Beltaine.

Puisqu’une fĂȘte prĂ©cĂšde le solstice — comme Mƍdraniht — on peut supposer qu’il en va de mĂȘme pour l’équinoxe : une phase prĂ©paratoire avant, puis une cĂ©lĂ©bration culminante Ă  la pleine lune suivant la nouvelle lune aprĂšs l’évĂ©nement solaire.

DĂšs lors, une question se pose : la roue de l’annĂ©e wiccane, souvent critiquĂ©e pour son caractĂšre reconstruit, n’aurait-elle pas nĂ©anmoins intuitivement saisi quelque chose de juste dans cette articulation entre solaire et lunaire ?


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