
Edda, en sa qualité de primordiale génitrice qui donna vie au premier être d’ethnie blanche, était confinée dans les entrailles de la pauvreté (Ríg, 4). Cette situation précaire fut orchestrée afin que l’humilité intrinsèque de sa condition puisse contrebalancer, dans le sanctuaire mémoriel de notre peuple, la réminiscence de notre provenance divine, dans le but d’empêcher que la superbe ne nous précipite vers notre perte.
Imaginez à quelles hauteurs vertigineuses de vanité nous aurait propulsés, en l’absence d’un tel dispositif, la conviction que < la splendeur de nos dames, blondes, brunes, ou rousses, aux iris émeraude, azur ou noisette [soit] le fantasme de tous les hommes et l’envie de toutes les femmes >, comme il est proclamé (Wodenson, Who is White, §2) ?…
Il est néanmoins une voie médiane à emprunter, oscillant entre la modestie héritée d’Edda et la fierté que suscite en nous Heimdall Hallinskíði, notre patriarche : nous ridiculisons les teintures de Beyoncé, Rihanna ou Shy’m, et nous sommes dans l’erreur : teintures, rhinoplasties et dépigmentations ne constituent pas seulement des aveux, mais également des messages codés : la représentation quelque peu étrange de ces tentatives est orchestrée par le Divin, afin de nous rappeler notre prééminence.
Héritiers biologiques du grandiose Wotan (et non pas uniquement d’Asker et d’Embla, les deux golems façonnés dans son laboratoire), nous nous distinguons radicalement des autres peuples et leur sommes supérieurs, à l’instar du grand Wotan qui domine toutes les entités que ces peuples considèrent comme leurs divinités, comme il est inscrit : < Il préside à toutes choses et, bien que les autres dieux soient tout puissants, ils le servent tous, à la manière des enfants vis-à-vis de leur père > (Gyl 20, 5).
Notre peuple est un peuple béni, resplendissant, un peuple divin sans l’ombre d’un doute, et même les plus humbles d’entre nous sont les descendants des Ases. Étonnamment, c’est l’étude de l’Edda — le plus important de tous les ráðumk — qui nous renvoie à notre origine divine, c’est-à-dire à Heimdall.
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